Banques, TIC, énergie, immobilier… les secteurs-clés de l’essor marocain en Afrique

 |   |  640  mots
Pays d'implantation (en rouge) et de prospection (en orange) d'Attijariwafa Bank en Afrique, août 2015.
Pays d'implantation (en rouge) et de prospection (en orange) d'Attijariwafa Bank en Afrique, août 2015. (Crédits : AWB)
Pour déterminer les leviers de l'économie marocaine, il convient de suivre les entreprises qui s'implantent en Afrique. Des IDE qui se concentrent sur des secteurs à haute valeur ajoutée : banques et finances, assurances, nouvelles technologies, mines et énergie, immobilier.

La banque est un pivot de la stratégie de croissance marocaine et les opérations de concentration et de croissance externe de la dernière décennie permettent d'en dessiner un tableau stable.

Trois banques marocaines figurent aujourd'hui dans le top 10 africain : Attijariwafa bank et BMCE Bank of Africa ont pris une avance importante que la Banque centrale populaire (BCP) rattrape à grandes enjambées. La BCP vient de porter à 75 % sa participation dans le groupe Banque Atlantique.

Côté assurances, c'est le groupe Saham qui est leader avec 19 implantations à l'étranger, quasiment toutes en Afrique, de l'Algérie à l'Angola, du Sénégal à Madagascar. Avec le rachat de Colina, et l'entrée dans son capital de la Société financière Internationale (SFI) et du groupe Wendel, il se positionne en géant continental. Une posture adoubée par le groupe Finance.com, pourtant acteur des assurances avec RMA Watanya, qui a signé en 2015 un accord de coopération avec Saham dans le secteur de la bancassurance. Le holding Saham affiche un CA consolidé de 1,2 milliard de dollars.

Des champions très actifs dans plusieurs secteurs

Le royaume peut compter sur des champions nationaux à fort appétit dans le secteur des TIC et des télécoms. Le leader national de la téléphonie Maroc Telecom s'impose comme le concurrent naturel d'Orange et MTN dans l'espace ouest-africain, avec neuf implantations, à la suite d'acquisition des filiales de sa maison mère émiratie, Etisalat.

Avec HPS et M2M, la monétique marocaine s'exporte avec succès. Les deux groupes marocains sont en compétition pour la première place continentale, et leurs clients comptent parmi les plus grandes banques du continent. HPS opère en Afrique du Sud pour le compte de First National Bank, mais aussi pour les groupes Attijariwafa bank et Banque Atlantique, qui agissent dans une douzaine de pays africains.

L'Afrique est un continent riche par son sous-sol et les entreprises minières ne sont pas en reste. Filiale du holding SNI, Managem s'active, au stade de l'exploration voire de l'exploitation, dans sept pays, notamment en Afrique centrale et orientale : Soudan (or), RDC (cuivre et cobalt), Gabon (or), Congo (or). D'autres projets sont en phase d'exploration en Éthiopie, en Guinée et au Burkina Faso. Sans parler des visées de l'OCP, le géant marocain du phosphate, qui porte un projet en coentreprise avec ses partenaires au Gabon pour inonder le continent en engrais. Niveau de l'investissement : 2 milliards d'euros.

Un savoir-faire recherché dans le logement social

Dans l'immobilier, les opérateurs marocains mettent en avant une expertise recherchée en Afrique, concernant le logement social. C'est ainsi que le groupe Addoha, via sa société de promotion immobilière et sa filiale Ciments d'Afrique, étend sa toile dans seize pays du continent. Les projets de logements à bas coût qui y sont projetés doivent obligatoirement concourir au plan « Génération cash », annoncé début 2015, qui vise à augmenter le cash-flow et à réduire l'endettement de l'entreprise.

Ses concurrents Alliances et Ynna Holding (Chaâbi Lil Iskane) connaissent des sorts variés. Si le magnat Miloud Chaâbi dit avoir « levé le pied en Afrique », il y a bâti sa fortune dans des projets de construction en Afrique du nord et de l'ouest, dès les années 1970. Quant à Alliances, dernier né, il voit dans ses activités africaines un relais de croissance. Lourdement endetté, le groupe dirigé par Alami Lazrak entrevoit un « avenir prometteur sur les marchés de la construction » dans les pays où il développe des projets : Sénégal, Cameroun, Congo et Côte d'Ivoire.

==

> Retour au sommaire du dossier « Le Maroc, porte d'entrée royale en Afrique »,

de notre supplément LA TRIBUNE AFRIQUE de LA TRIBUNE Hebdo n°142 du 18-24 septembre 2015.

Retour au SOMMAIRE EUROMED- AFRIQUE

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/10/2015 à 0:17 :
Comme ted, LOL
Concernant Alliances, renseignez vous un peu avant d'écrire n'importe quoi.
La croissance pour Alliances en Afrique est morte.
Projet en Côte d'Ivoire : Arrêté : les premiers logements construits ne se vendent pas
Projet au Cameroun : Jamais commencé. Alliances étant incapable de mettre en place les cautions bancaires, le gouvernement Camerounais cherche un plan B pour remplacer Alliances. Alliances n'est même pas capable de payer les premiers frais comme l'installation d'une équipe dirigeante sur place.
Projet au Congo : Arrêté. Projet qui ne verra pas le jour suite au renoncement du gouvernement Congolais.
Projet au Sénégal : Arrêté. Projet qui ne verra pas le jour suite au renoncement du gouvernement Sénégalais.
a écrit le 23/09/2015 à 14:31 :
LOL

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :