De la « speakularity » à la « thinkularity »

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(Crédits : Copyright : Allan Ajifo via Flickr)
La « singularity » est connue de tous en France sous le nom de singularité. Cela correspond à la domination de l'intelligence artificielle : l'IA apporte le progrès, plus que l'Homme.

Si le mot daterait des années 1930, le concept a pris corps depuis les années 1980/90 avec l'accélération de l'informatique, puis du numérique. Ray Kurzweil a popularisé le concept et a créé la « Singularity University » en 2008. Dans un temps correspondant aux années 1930 de notre siècle, la singularité serait réalité.Par analogie phonique, et de fait par étapes, nous passons d'abord par la « speakularity », nous parlons à nos ordinateurs. Constatons comment tout le monde parle seul, dans la rue, sur son vélo, sa moto, sa voiture... les écouteurs vissés aux oreilles. Plus encore, nous donnons des instructions à nos smartphones pour appeler, pour chercher une adresse, un nom, un mot.

L'écrivain Joël Dicker (Le Livre des Baltimore, Éditions de Fallois) dicterait ses livres à son smartphone. Parler à son smartphone devient naturel.

Parler à son téléphone peut apporter d'autres informations

Dans ma chronique du 30 septembre 2014, je regrettais qu'Apple, en sortant un iPhone 6 somme toute banal, manque l'étape de la moodtech, la lecture de l'humeur.

Depuis, et en accélérant ces derniers mois, Apple a choisi d'améliorer son interface homme-machine, Siri. Fin 2015, Apple achète Perceptio et VocallQ dans ce but, améliorer la reconnaissance de la voix et aussi de l'image. Avec Emotient, acquis début 2016, qui interprète les émotions humaines, Apple va toujours plus loin en couplant la voix et l'image. La voix devient l'entrée principale, accompagnée par l'image si l'on regarde son smartphone.

C'est la « speakularity »

L'étape suivante est la « thinkularity », ne plus s'adresser à son smartphone par la parole mais par la pensée. La raison en est simple : la parole en envahissant l'espace public devient gênante. Il faut donc la contrôler et parler moins fort, de moins en moins fort. Donc penser. La commande d'ordinateurs par la pensée est en marche depuis plusieurs années. On se souvient de ce tétraplégique qui ordonnait par la pensée à un robot à boire une canette.

Depuis, des progrès ont été accomplis

Demain, nous penserons en second niveau, comme nous appuyons sur notre écran de smartphone, soit naturellement soit de manière plus appuyée. Notre pensée plus appuyée passera en « thinkularity ». Il est possible que notre pensée soit améliorée par de nouvelles technologies, une étape de plus vers la singularité.

Je repars en plongée.

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L'ouvrage le plus récent de Philippe Cahen :
Les Secrets de la prospective par les signaux faibles, Éditions Kawa, 2013

À découvrir aussi sa contribution à l'ouvrage collectif Rupture, vous avez dit disrupture ? Le futur est déjà derrière nous, Éditions Kawa, 2015.

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