Divorce à l'anglaise

Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

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Cela restera comme le principal événement du sommet de Bruxelles. Vingt ans jour pour jour après l'ouverture à Maastricht des négociations sur la monnaie unique, pour laquelle il avait obtenu une clause d'exemption illimitée ("opt out"), le Royaume-Uni a poussé à son terme la logique de son "splendide isolement". Bousculé par le couple Sarkozy-Merkel, bien décidés à avancer coûte que coûte sur leur projet de "pacte budgétaire renforcé", David Cameron a été brutalement écarté du processus de décision européen. L'Europe à vingt-six (vingt-sept avec la Croatie) change radicalement de visage pour se rapprocher de l'union continentale chère au général de Gaulle, qui voulait faire l'Europe de l'Atlantique à l'Oural, mais sans la Grande-Bretagne...

D'un certain point de vue, c'est une clarification. Depuis son adhésion, en 1974, Londres n'a cessé de se comporter en passager clandestin. D'accord pour le Marché commun, mais pas pour plus d'intégration budgétaire, fiscale ou sociale, Londres a toujours mis l'Europe au service de ses intérêts. Abandonné même par ses plus fidèles alliés, comme la Pologne, le Royaume-Uni ne va certes pas quitter l'Union européenne, mais il perdra en influence à Bruxelles où sa politique du cheval de Troie vient de subir un revers majeur. Toute la stratégie britannique, consistant à faire de la City la place financière offshore de l'euro risque d'être remise en cause par ce choix isolationniste.

Officiellement, David Cameron, menacé par les eurosceptiques de son propre parti, dit vouloir préserver ainsi la place de Londres des réglementations "liberticides" voulues par Bruxelles. Il n'est pas sûr que ce choix imposé soit le bon, comme le lui a fait savoir son colocataire à Downing Street, le libéral-démocrate Nick Clegg. De deux choses l'une : soit l'euro implose comme le prédit la City, auquel cas le Royaume-Uni aura eu raison avant tout le monde, mais ne sortira pas indemne du choc ; soit l'intégration renforcée de l'Europe continentale sans la Grande-Bretagne est un succès, ce qui renforcera la place de Francfort, siège de la BCE. On peut alors faire confiance au pragmatisme britannique pour revenir dans le jeu européen.

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Commentaire 1
à écrit le 13/12/2011 à 19:25
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Après avoir largement participé à creuser le gouffre au-dessus duquel nous sommes actuellement suspendus, les anglais, qui n'ont jamais joué le jeu de la construction Européenne, décide de ne pas participer au sauvetage de nos économies. Au delà du f...

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