Le miracle américain ? Un rêve

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Par Eric Walther, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Les spécialistes ont longtemps été formels : l'Amérique s'en sort quoi qu'il advienne et émerge d'une crise "plus forte que jamais". Le cliché semblait avoir jauni. Que n'a-t-on entendu cet été sur cette économie minée par des dérives financières délirantes, désemparée face à une mondialisation galopante et détruisant des pans entiers de son industrie ? Que n'a-t-on asséné de ce côté de l'Atlantique sur le sombre avenir d'une superpuissance fatiguée, devenue une simple machine à consommer et à créer des déficits ? La descente aux enfers de ses constructeurs automobiles constituait un formidable symbole de cette désespérance. GM en faillite, Chrysler repris par Fiat après sa énième quasi-disparition...

Et voilà que la bagnole américaine pète à nouveau la forme. Certes, beaucoup de ménage a été fait. Les usines de Detroit ont payé cher les vagues de délocalisations. Et ce sont les gros 4×4 qui tirent le marché, au mépris de toutes les contraintes environnementales que les Big Three devront bien un jour réellement prendre en compte. Mais l'essentiel est ailleurs. Un essentiel que les apôtres de cette "formidable Amérique qui ne cessera jamais de nous donner des leçons" oublient trop facilement : cette Amérique, c'est aussi et surtout 300 millions de consommateurs riches et de culture commune. Une situation encore unique au monde qui génère des effets d'échelle considérables. L'impact d'une progression de 5% sur un marché de 12 millions de véhicules, c'est autre chose que sur le "petit" marché français (2 millions). Le rêve d'un grand marché européen unifié s'était bien évidemment nourri de ce miracle américain. L'histoire est loin d'en être là.

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a écrit le 07/01/2012 à 9:38 :
pour l'instant les 512% d'endettement du PIB et les 69000 milliards de dette publique/privé (je ne parle pas des 13000 milliars officiel) n'ont pas disparus. il faut s'attendre à un 3eme choc. avec 2 guerre et une dominance à financer. ca va peter après les élections américaines.
a écrit le 06/01/2012 à 18:39 :
L'economie americaine est boostée artificiellement par la creation monetaire! autrement dit c'est une bombe à retardement , comme dans tous les pays qui utilisent leur banque centrale pour resorber leur deficit ou faire repartir leur economie . A court terme c'est benefique , mais ineluctablement , cela aurait au final un cout ( l inflation ) ert finallement , le creusement des deficits . Les Etats Unis , comme le Royaume Unis , se donnent simplement un sursis là ou l'Europe , si elle passe le cap , ressortira peut etre gagnante .
Réponse de le 08/01/2012 à 0:28 :
et les chinois rient jaune de voir les créances américaines fondent comme neige au soleil chaque fois qu'ils en achètent.
a écrit le 06/01/2012 à 11:16 :
moui si vous me permettez c est assez "cuicui les petits oiseaux" cet article , pour me rendre souvent aux USA je pense que la situation est réellement dramatique la classe moyenne américaine est par terre croulante sous les dettes et coincés par les banques qui fermé le robinet des crédits (meme si d un autre cote les subprimes c est repartie comme un 40) Un économiste d 'une grande banque américaine me disait un jour "ce qu on a vécu en 2008 c est comme une crise cardiaque la premiére est rarement fatale mais la seconde..." Le résultat des éléctions seront surement déterminant et contrairement à ce que veulent nous faire croire certains médias c est loin d être dans la poche pour le président Obama Wait and see mais malgré mon amour profond pour les USA et leur population je suis d un tres grand pessimisme sur leur faculté à rebondir ce coup ci

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