Dépenser plus... pour réformer mieux ?

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Par Philippe Mabille, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Trop peu et bien tard... Les mesures d'urgence annoncées hier au sommet social, qui obligent l'Etat à trouver tout à trac 500 millions d'euros de financements en pleine crise budgétaire, seront bien sûr utiles pour l'emploi. Mais fallait-il attendre d'être à moins de cent jours de l'élection présidentielle pour donner à Pôle Emploi les moyens nécessaires pour affronter le retour du chômage de masse ? Pour lancer une réforme de la formation professionnelle qui est un scandale d'inefficacité ? Pour ouvrir le chantier du financement de la protection sociale et du coût du travail ? Finir par ce par quoi il aurait dû commencer, c'est un destin inattendu pour un quinquennat de rupture !

Nicolas Sarkozy pourra-t-il aller au bout de sa volonté de réforme ? On a vu flotter hier à l'Elysée un parfum d'hésitation devant le risque politique qu'il y a à augmenter la TVA à un mois et demi de la fin de la session parlementaire. Les députés UMP veulent bien être au "rendez-vous du courage", leur slogan pour 2012, mais ils ne semblent pas tous prêts à risquer leur réélection sur l'autel d'une réforme à laquelle ils s'étaient déjà opposés en juin 2007. Le chef de l'Etat est d'ailleurs resté évasif sur le choix des impôts appelés à se substituer aux cotisations sociales qui financent la politique familiale. TVA ? CSG ? Un mix des deux, mâtiné de taxe carbone qui ferait elle aussi son grand retour ? Avec la hausse rapide du prix du pétrole, dont l'impact sur le pouvoir d'achat est renforcé par la baisse de l'euro, les marges de manoeuvre fondent à vue d'oeil.

La seule chose qui soit sûre, au vu du sombre diagnostic dressé par Nicolas Sarkozy sur la perte de compétitivité de la France, c'est que cette question traversera l'élection présidentielle et que, quel que soit le camp vainqueur, il faudra y apporter des réponses. La TVA sociale, mesure plus défensive qu'offensive, n'est pas la seule possible.

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Commentaires
a écrit le 19/01/2012 à 10:21 :
Financement du sommet social ?
Les 500 millions qui seront consacrés proviennent tout simplement de l'économie de la différence qui aurait dûe être versé aux détenteurs du livret A. ( bloqué à 2,25 % au lieu de 2,75 % comme prévu normalement ).
Voilà comment on fait participer au social dans ce pays, en tapant sur vos économies!
Réponse de le 20/01/2012 à 5:02 :
Ne vaudrait-il pas mieux: "Dépenser mieux... pour réformer plus" ?

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