Cet été, respirez !
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Adam Niescu / unsplash
Unsplash
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Adam Niescu / unsplash
Unsplash
L'Europe respire, mais le virus circule toujours et la crainte d'une deuxième vague de contamination cet hiver impose de maintenir les précautions sanitaires tant que l'on n'aura ni traitements ni vaccins. Il va nous falloir vivre avec cette nouvelle normalité. C'est LA leçon de la période inouïe, inédite, que nous venons de traverser. Une humanité avertie en vaut deux ! La guerre contre ces nouvelles menaces suppose de nous réarmer : lits de réanimation, masques, réactifs de test, recherche... Cela ne coûtera jamais aussi cher que les centaines de milliards, voire les milliers de milliards de dettes publiques dépensées pour mener l'autre bataille qui nous attend, dès la rentrée : celle de la sauvegarde de nos emplois.
Que retenir de cette crise hors norme ? Chacun profitera de l'été pour en tirer des leçons personnelles mais aussi pour s'interroger sur notre mode de vie. Une épidémie de cette ampleur ramène forcément à l'essentiel. C'est l'occasion de réfléchir à ce qui est important et superflu, à ce dont on a vraiment besoin et ce dont on peut sans peine se passer. Sachons profiter de cette opportunité de penser, pas seulement à soi, mais aussi à nous. Quel vivre-ensemble voulons nous reconstruire ?
Paradoxalement, ce coronavirus qui s'attaque à nos poumons nous invite à reprendre notre souffle. À cet égard, il est symbolique que le déconfinement ait coïncidé avec un mouvement mondial contre le racisme déclenché par l'image de cet homme noir, George Floyd, agonisant en prononçant ces dernières paroles glaçantes : « I can't breathe. » (« Je ne peux plus respirer. »)
À lire également
Respirer, c'est ce dont a besoin l'économie mondiale pour se relever de la crise cardiaque brutale du printemps 2020, alors que de très nombreux secteurs sont encore en réanimation et risquent de passer de longues années sous perfusion publique. Respirer, c'est un défi aussi pour la politique alors que beaucoup d'électeurs manifestent leur colère par une grève civique. L'abstention aux élections municipales en France montre que le divorce est plus profond que jamais entre gouvernants et gouvernés. Il est donc urgent de redonner de l'air à la démocratie et aux échelons de proximité. La bureaucratie et la verticalité, on l'a vu, sont sans doute responsables d'une bonne partie de la surmortalité de ce virus. Il n'y a qu'à comparer les chiffres des pays décentralisateurs comme l'Allemagne ou la Suisse avec ceux de la France ou du Royaume-Uni.