L'heure est désormais à un nationalisme économique assumé
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Photo by Louis Hansel on Unsplash
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En matière de souveraineté économique, financière, juridique, numérique et technologique, la France a perdu de nombreuses batailles. La liste des fleurons de notre industrie nationale passés sous contrôle étranger est connue : Pechiney/Alcan, AlcatelAlstom, démantelé et vendu à l'encan, l'un à Nokia, l'autre à l'américain GE, Technip/FMC, Arcelor/Mittal, les exemples sont légion des pépites que malgré l'intérêt national nous n'avons pas su garder dans notre giron. Et il est acquis aujourd'hui que ce véritable gâchis s'explique par une forme de démission intellectuelle, anti-industrie, et un manque de vision à long terme.
Les signes de notre soumission économique sont nombreux : par le truchement de l'extraterritorialité de leur droit, les États-Unis, qui sont certes notre allié, ont assis leur domination commerciale et financière sur le terrain juridique : avec BNP Paribas condamné à de lourdes amendes par le puissant Department of Justice (DoJ) avec lequel il vaut mieux négocier, avec Total et ses investissements en Iran soumis aux aléas des embargos américains, avec Airbus, le capitalisme anglo-saxon sait employer le rapport de forces.
La France et l'Europe ont longtemps fait preuve de naïveté ou de négligence face à ces enjeux qui sans doute dépassaient les compétences des dirigeants politiques. Dans certains cas, nous avons été placés devant des faits accomplis, notamment devant l'écrasante domination des géants américains de la tech dans le nouveau monde d'Internet. Résultat, nous sommes démunis face à la puissance quasi monopolistique des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et des BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiami, auxquels il faudrait ajouter Huawei) chinois.
La technologie porte la menace sur de nouveaux terrains : le Cloud Act est une menace directe sur la propriété de nos données les plus stratégiques : la tentative, pour l'instant avortée, de Facebook de créer avec le Libra une monnaie mondiale concurrente du dollar et de l'euro est un défi pour le premier pouvoir régalien, celui de réguler la monnaie.