Ces prêts qui nous manquent

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Depuis cet été, la musique a changé : ça y est, la crise est finie, le reprise pointe. La Bourse, les ministres, les économistes, tout le monde le dit. A l'université d'été du Medef, à Jouy-en-Josas, les patrons voudraient eux aussi y croire. Une crainte : c'est que ce début de reprise ne soit étouffé par le manque de crédit...

Oui, le credit crunch, le risque d'une pénurie de crédit, c'est, pour les entreprises, pour les PME surtout, la question essentielle de cette rentrée.

C'est un vrai sujet. Pas seulement en France. Dans les autres pays européens aussi - en Allemagne, en Italie, en Espagne. Partout, c'est le même problème. La demande commence à repartir, timidement, dans l'auto, le high tech et ailleurs : celle des Chinois et des Indiens, celle de nos consommateurs.

Les entreprises voudraient font à nouveau tourner leurs machines. Mais elles risquent de manquer de carburant - d'argent pour leurs fins de mois, pour leur trésorerie, pour investir. Beaucoup se plaignent de l'absence de leurs banquiers, de leur autisme ; beaucoup sont menacés de disparaître, tout simplement !

Les banques ont coupé le robinet du crédit ?

Non. On ne peut pas dire cela.

Les banques, c'est vrai, ont accordé cette année beaucoup moins de prêts que l'an dernier - 100 milliards de moins, un recul de 20%, une chute historique. Première explication, celle des banquiers eux-mêmes. Si elles prêtent moins, c'est qu'il y a moins de clients, moins de demande. Et ce n'est pas faux. Avec la crise, les entreprises ont réduit leurs investissements, elles ont moins besoin d'argent. Il y a moins d'opérations dans l'immobilier, moins de demande de prêts donc.

Les PME se plaignent du prix et des conditions que posent les banques pour leur accorder des prêts...

Les gentilles PME et les méchantes grandes banques, David et Goliath, éternel débat ! C'est vrai que ce débat prend, avec la crise, une réalité, une ampleur accrues. Les banques, déjà dans le collimateur de l'opinion - elles sont perçues comme les responsables de la crise - feraient bien aujourd'hui de faire attention. Elles ont été aidées, massivement par l'Etat et par la BCE - elles peuvent y trouver de l'argent bon marché. Elles ont retrouvé la santé - les bons résultats du premier semestre en témoignent. Il leur faut partager cette bonne santé retrouvée avec leurs clients - avec les entreprises et les particuliers. En étant peut être plus conciliante, en cassant parfois les prix aussi, sans prendre pour autant des risques inconsidérés - on leur en voudrait.

Si les banquiers ne veulent pas continuer à être désignés comme les boucs émissaires de la crise, ils ont intérêt à être plus raisonnables en matière de bonus mais pas seulement. Ils  ont intérêt, eux aussi, à se bouger, à se faire plus modestes, à se mettre davantage à l'écoute de leurs clients.

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