« Impôt imbécile », disait-il

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Nicolas Sarkozy révèle aujourd'hui les contours précis de la taxe carbone, cette contribution climat-énergie qui doit conduire à une réduction des émissions de CO2. « La Tribune » titre ce matin « Taxe carbone, un nouveau monstre fiscal ». Sévère...

Non. Ecoutez. Avec la mise à mort, enfin, de la taxe professionnelle, le gouvernement est en train de supprimer un « impôt imbécile », pour reprendre la formule inventée en son temps par François Mitterrand. Avec la taxe carbone, on peut dire qu'il en crée un nouveau !

La taxe carbone, au départ, ce n'est pas une mauvaise idée. Au contraire. C'est une excellente idée. L'idée, elle est simple, c'est de taxer la pollution pour inciter les pollueurs, tous les pollueurs, à polluer moins. C'est ce qu'ont fait, avec succès, les Suédois, les Danois aussi depuis plus de quinze ans.

En France, à partir de cette idée simple et pour tenir compte d'un tas d'autres considérations, on a construit une véritable usine à gaz d'une complexité inouïe.

Exemple de ces considérations : en France, on paie déjà trop d'impôts. Avec la TIPP par exemple, on a d'ailleurs déjà une taxe carbone. Pas question donc que la nouvelle taxe carbone n'alourdisse encore la charge fiscale. Surtout qu'il faudra, en plus, payer la taxe sur la taxe, je veux dire la TVA !

Alors, cette taxe carbone, on la choisit petite d'abord. On promet ensuite de la rembourser à ceux qui la paieront. Ca se complique. Pas question de faire payer les plus modestes. Pas question de créer de nouvelles inégalités. On baissera donc l'impôt sur le revenu. A ceux qui ne le paient pas, on versera un crédit d'impôt.

Je complique encore un peu. Pas question de sanctionner ceux qui ne peuvent vivre, malheureusement, sans polluer - ceux par exemple qui habitent en « zone rurale » et qui doivent utiliser leur voiture pour aller travailler. Pas question non plus de taxer l'électricité...

L'Etat doit tenir compte de tous les cas particuliers...

Il devrait tenir compte de l'intérêt général, pas de la somme de tous les intérêts particuliers. C'est en réalité comme cela que l'on construit des taxes d'une complexité inouïe, totalement incompréhensibles.

Là, d'ailleurs, on n'a pas fini. Nous sommes encore, en France, dans une démocratie parlementaire. Ca veut dire que l'impôt, ce n'est pas l'Elysée qui le décide, c'est le parlement, les députés. Sûr qu'ils vont s'amuser, cet automne, à compliquer davantage encore le projet !

Quand même, grâce à cette taxe, les Français vont polluer moins...

Non, et c'est là qu'est le drame. Cette fameuse taxe carbone, on peut d'ores et déjà être sûr d'une chose, elle ne fera pas chuter en France les émissions de CO2 ! Elle est trop compliquée. Elle épargne la plupart des gros pollueurs. Elle n'est pas au départ assez lourde pour conduire à de vrais changements de comportement. Elle aura, comme toujours de multiples effets pervers. La montagne n'a pas, cette fois-ci, accouché d'une souris. C'est pire, elle a bel et bien donné naissance à un nouveau monstre fiscal !

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