La Bourse a un gendarme

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Bernard Madoff, l'escroc aux 50 milliards de dollars, doit être inculpé aujourd'hui à New York. Ce matin, dans « La Tribune », Jean-Pierre Jouyet, le gendarme de la bourse de Paris, hausse le ton. « Plus jamais ça » : il explique comment il compte s'y prendre, Erik Izraelewicz ?

Oui, les épargnants français, petits et gros, auraient perdu, au total, dans ce scandale Madoff près de 500 millions de dollars. Alors, ce matin, avec son premier interview dans la presse écrite, Jean-Pierre Jouyet, le nouveau patron de l'autorité des marchés financiers, veut clairement marquer la rupture. Pas question de laisser les épargnants français dans le flou, l'incertitude, l'inquiétude. Il veut clarifier au plus vite les choses. Assurer les épargnants que plus jamais un tel scandale ne sera possible. C'est, à ses yeux, et à juste titre, une condition du retour de la confiance...

Qu'est ce qu'il peut donc bien faire ?

Simple. Deux choses. Un. Il veut revoir le système de contrôle de la commercialisation des produits financiers d'abord. En France, le contrôle de l'assurance vie, des Sicav et des produits structurés, des différents produits financiers accessibles aux épargnants, relèvent chacun de régulateurs différents. Comme si, sur la route, il y avait une police pour la vitesse, une pour les feux et une police pour le stationnement. Jouyet plaide d'abord pour une seule police pour l'ensemble des produits financiers. C'est une première piste, du bon sens, dira t on.

Il veut surtout plus d'Europe...

Oui, pas surprenant de la part de l'ex-secrétaire d'Etat aux affaires européennes de Nicolas Sarkozy. On sent son tropisme, un tropisme totalement justifié. En matière financière, on a une monnaie unique, un marché ouvert mais on a des règles du jeu qui restent nationales. Une règle en France, une autre en Allemagne, une surtout au Luxembourg...C'est évidemment insupportable. On le voit dans l'affaire Madoff : les produits Madoff étaient commercialisés via le Luxembourg dans la plus parfaite opacité, avec des règles mal connues de tous. Ce n'est plus possible. Jouyet plaide pour une harmonisation des règles au niveau européen, plus même, pour une police commune européenne. C'est encore sans doute prématuré. Il veut en tout cas renforcer dans une première étape la coordination entre les différentes polices, entre les différents régulateurs européens.

Tout cela, ce sont des vœux pieux ?

Ce sont des intentions, pour l'instant ! Cela étant, le scandale Madoff pourrait accélérer de telles réformes. Et puis Jouyet n'est pas un bizuth, c'est pas un bleu dans ces domaines. Faire bouger l'Europe, la faire avancer, cet Européen convaincu a déjà montré qu'il savait faire. Il pourrait le démontrer, une nouvelle fois, dans ce domaine très sensible de l'épargne.

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