Il y a 50 ans, Harvard délivrait son premier MBA à une femme...

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A l'occasion du jubilé de la première femme diplômée de Harvard, en 1963, Myriam Maestroni, la présidente d'Economie d'Energie, lauréate en 2011 de La Tribune Women's Awards dans la catégorie Green Business, milite pour l'éducation des filles. Un combat pour toutes et tous.

Les 4 et 5 avril prochains se tiendra, à Boston, le W50 Summit. Les conférences qui auront lieu, pour célébrer le premier MBA obtenu par une femme, Judy Ley Allen, à Harvard en 1963, seront placées sous un thème assez révélateur, à savoir : « Accélérer la promotion des femmes à des postes de direction pour faire une différence dans le monde. »

L'histoire de Harvard, l'une des universités les plus célèbres au monde et vieille dame de plus de 375 ans, nous offre un précieux support pour aborder l'histoire longue, complexe et exaspérante de l'accès à l'éducation des femmes, d'une part, et leur rôle dans le monde économique et politique d'autre part. En effet, aussi paradoxal que cela puisse paraître, il est assez difficile de dater l'histoire de la première femme qui a étudié à Harvard... et il faut éviter de tomber dans le piège qui consisterait à croire qu'il suffisait qu'il y en ait une première pour que la partie soit gagnée. L'accès des femmes à Harvard est le fruit d'une conquête, pas à pas, dont ressortent quelques moments clés, à commencer par la création de l'Association pour l'éducation des femmes, à Boston, en 1872, par un groupe de femmes déterminées malgré une farouche opposition. Face à des arguments de poids - repris par Drew Gilpin Faust, la première femme présidente de Harvard nommée en 2007, dans son essai intitulé Mingling promiscuously : a history of women and men at Harvard - qui allaient « du risque de devoir gérer des hommes et des femmes en âge de se marier » en passant par « des doutes concernant les capacités mentales naturelles du sexe féminin », elles eurent l'idée de développer leur propre institution.

Moins de 40% des pays donnent aux filles et aux garçons un accès égal à l'éducation

L'annexe de Harvard allait ouvrir ses portes en 1879, avant de devenir le Radcliffe College, doté d'un statut de collège d'Etat, en 1894. Les cours seraient les mêmes que ceux dispensés aux hommes par les professeurs de Harvard. Quelques décennies et batailles plus tard, en 19'3, les premiers diplômes de Harvard récompensaient les étudiantes de Radcliffe. En 1977, le ratio d'admission qui prévoyait une femme pour quatre hommes fut abandonné au profit des admissions « sex blind ».Une histoire dont il est important de se souvenir, qui est devenue un exemple parmi tant d'autres - dont Polytechnique et QEC en France -, mais qui, malheureusement, reste d'actualité. Encore aujourd'hui, moins de 40% des pays donnent aux filles et aux garçons un accès égal à l'éducation. D'après l'Unesco, les femmes représentent les deux tiers des 875 millions d'adultes illettrés dans le monde. L'effort de mobilisation doit rester soutenu car l'éducation est à la fois un droit mais aussi une condition de progrès économique et social... nécessaire, mais pas suffisant. A juste titre, une femme diplômée doit encore pouvoir être en condition de contribuer au mieux au succès de l'entreprise.

A quoi ressembleront les entreprises 3.0 ?

C'est ici que commence un deuxième combat : celui d'accéder à des postes de direction, de diriger des équipes de plus de dix personnes, d'obtenir des niveaux de salaire équivalents à leurs collègues hommes, ou encore d'accéder à des postes au conseil d'administration... un sujet qui a dû passer par la mise en place d'une réglementation précise. Bien que moult études démontrent que les entreprises dans lesquelles les femmes sont en moyenne mieux représentées - au-dessus de 35% -, parviennent à de meilleurs niveaux de performance (CA, profitabilité...), le chemin à parcourir reste bien long.
Est-ce que les 50 ans à venir permettront aux femmes de contribuer plus largement à des environnements de haute performance conjuguant la science du management et l'art du leadership ? Est-ce que les entreprises 3.0 issues du nouveau paradigme économique cultiveront de nouvelles approches qui permettront aux hommes et aux femmes de créer de nouvelles perspectives, favorisant une subtile combinaison d'énergie féminine et masculine? En tout cas, les entreprises durables seront celles qui disposeront d'équipes capables de mettre en équation les performances financières et opérationnelles d'une part, les valeurs, la culture et le sens d'autre part. Ces équipes et ces entreprises-là auront appris à conjuguer les talents, la finesse, la conquête et la valeur d'une bonne représentativité des genres... la route est longue, mais le jeu en vaut certainement la chandelle.

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Commentaires
a écrit le 10/03/2013 à 17:47 :
Pfff, heureusement que l´INSEAD n´a pas attendu aussi longtemps avant de diplomer une femme. Ce qui n´est pas dit non plus dans l´article c´est que les femmes n´avaient tout simplement pas accès à Harvard avant 1962. C´est sur, ca aide pas...
a écrit le 09/03/2013 à 20:59 :
QEC.... Vous voulez dire HEC?

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