Réforme de l'assurance-vie : go François, go !

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Christian Gollier (DR)
Christian Gollier (DR) (Crédits : DR)
François Hollande, fort des propositions du rapport Berger-Lefebvre, devrait entreprendre une réforme de l'assurance vie à l'automne 2014 pour orienter l'argent des épargnants vers les entreprises. Pour Christian Gollier, président du Comité d'Orientation de l'Observatoire de l'Epargne Européenne (OEE), ces dispositions, risquées mais aussi plus rentables, redonneront aux assureurs le goût des investissements de long-terme...

La crise réduit massivement la valeur de certains actifs : division par quatre de la valeur des obligations souveraines grecques, baisse de 50% des indices-actions depuis 5 ans en Europe, chute d'un tiers des prix de l'immobilier aux Etats-Unis... Cet appauvrissement actuel des épargnants illustre la contrepartie de la confortable rentabilité de l'épargne observée depuis plus d'un siècle. Les importantes moins-values observées sur les actifs financiers depuis le début de la crise nous rappellent un des fondements de nos économies capitalistes. Dans un monde où le capital humain individuel est difficilement diversifiable, il est désirable de faire porter sur le facteur capital l'essentiel du risque d'entreprendre. Encore faut-il que les épargnants acceptent de porter le risque macroéconomique. Cette acceptabilité est vitale pour ce qu'il reste de notre dynamisme économique. Cette question est au c?ur du rapport des députés Berger et Lefebvre qui a été récemment remis au gouvernement.

Des produits d'épargne fragiles qui doivent être repensés
Depuis des décennies, la tendance partout dans le monde, et en particulier en France, a été d'offrir des produits d'épargne à capital garanti ou à bénéfice défini. Les conséquences de cette intermédiation financière de l'épargne populaire sont bien connues : une épargne abondante, une croissance sans précédent de l'accumulation de capital par l'investissement productif, mais aussi une terrible fragilité cachée du système aux chocs récessifs de grande taille. 

C'est ainsi que beaucoup de fonds de pension à bénéfices définis dans le monde seraient aujourd'hui en faillite si on valorisait leur passif avec le bon taux d'actualisation. En France, l'assurance-vie a tenu bon, mais la crise force à repenser le modèle. Ce qui a été possible dans le passé ne le sera plus à l'avenir parce le système devra être beaucoup plus résilient aux catastrophes macroéconomiques majeures.

Renforcer les fonds propres des assureurs pour les encourager à investir
Face au refus actuel de la plupart des épargnants d'accepter une perte en capital dans ces scénarii, le renforcement progressif des fonds propres des intermédiaires financiers est certainement une nécessité. Sans autre réforme, les assureurs, pourtant réputés investisseurs de long terme, vont réduire leur participation au financement des investissements longs et donc risqués, comme ils ont commencé à le faire depuis 3 ans en vendant une bonne part de leur portefeuille d'actions et d'immobilier.

Comme l'assurance-vie pèse quelques 1 500 milliards d'encours en France, cette évolution est catastrophique pour notre pays car elle exclut du partage du risque d'entreprendre les épargnants, a priori les mieux disposés à en supporter toutes les conséquences. Et comme la rentabilité des placements obligataires est très faible, cette stratégie conduira à une désaffection cette assurance-vie.

Vers des produits d'épargnes rentables, mais pas garantis
Le Rapport Berger-Lefebvre va dans le bon sens en abandonnant le caractère acquis des performances passées, le fameux effet cliquet. Mais il maintient la garantie en capital au terme du contrat d'assurance-vie en euro. Or, globalement, il est impossible de financer les entreprises tout en garantissant aux investisseurs de ne pas avoir à digérer une partie de leurs pertes en période de crise. La conjonction du renforcement des normes de solvabilité, de la très faible rentabilité des obligations et de la digestion des leçons de la crise actuelle va inéluctablement rendre la garantie en capital de l'assurance-vie traditionnelle extrêmement chère. Le marché sera alors forcé à innover, en offrant des produits d'épargne à moindre garantie, mais à plus forte rentabilité anticipée.

En effet, la migration volontaire vers ce type de contrat relâchera les exigences en fonds propres des assureurs, et redonnera de l'appétit au secteur pour les financements longs dont notre économie a urgemment besoin. L'assurance-vie doit être au service du financement de long terme des risques d'entreprendre, avec un avantage fiscal permettant de lisser dans le temps ces risques entre générations d'épargnants. Il faut que ceux qui refusent de porter solidairement ces risques paient dorénavant le vrai prix de cette assurance supportée par les autres. Dommage pour eux, et pour nos entreprises.

 

 *Christian Gollier est président du Comité d'Orientation de l'Observatoire de l'Epargne Européenne

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Commentaires
a écrit le 11/09/2013 à 11:50 :
Epargnants prenez les risques. Le seul risque que prend ainsi l'Etat c'est de gagner sur vos éventuels bénéfices.
a écrit le 26/06/2013 à 11:44 :
En résumé si j'ai bien compris : "c'est confié nous votre épargne pour que l'on puisse continuer a jouer avec. Il vous en restera quand même bien assez à la fin pour vous acheter des mouchoirs et essuyer vos larmes"
a écrit le 26/06/2013 à 9:52 :
assurance vie avec des OPVCM on connait amendement Fourgoux, également as vie DSK, le gouv devrait etre
coherent on augmente le montant du livret A, ou l on veut favoriser les entreprises,
a écrit le 26/06/2013 à 7:24 :
La city vous félicite, Wallsteet vous encourage !
Que meurt la solidarité, que vive la capitalisation et la ruine (avant la fin 2013)

a écrit le 26/06/2013 à 4:48 :
Comment LA TRIBUNE peut-elle donner la parole à un "expert" qui recommande d'appauvrir les épargnants ?

Je n'ai plus du tout envie de m'abonner.
Réponse de le 30/07/2013 à 10:20 :
Comment ce financier peut t'il avoir de tel propos. Désolant.
a écrit le 26/06/2013 à 2:49 :
La culpabilisation des gens modestes, qui ont le culot d'essayer de sécuriser le peu qu'ils ont, c'est le gagne-pain des chroniqueurs proches des spéculateurs.
a écrit le 25/06/2013 à 12:01 :
Pour m'aider à comprendre je reformule, je synthétise. Investissement sur des supports en Unités de Compte à risque, abandon du caractère acquis des performances passées. On a vu ce qu'à donné le DSK, à quoi sert l'avantage fiscal si on perd son capital. la phrase "à plus forte rentabilité anticipé" alors là j'aime bien je la ressortirai. Le fonds en euro même peu rémunéré répond à un profil d'épargnant, comme vous l'écrivez dans votre article "dommage pour eux". Non mais Allo quoi.
a écrit le 25/06/2013 à 8:03 :
Un coup d'oeil au site de l'AFG membre de ll'OEE donne une idée de qui tire les ficelles.
a écrit le 25/06/2013 à 7:09 :
Si l'Etat augmente les impôts c'est qu'elle n'a pas besoin d'argent.
a écrit le 24/06/2013 à 22:43 :
"Risquées et plus rentables", ça veut dire risquées pour l'épargnant et rentables pour les établissements financiers. Ca devient dur de faire du pognon sur les marchés, ils voudraient maintenant faire les poches des épargnants retraités et futurs retraités. Quand aux fonds propres des assureurs, il ne faut surtout pas les relâcher, c'est la porte ouverte aux expérimentations hasardeuses et à coup sûr des faillites retentissantes.
a écrit le 24/06/2013 à 20:38 :
on va revenir comme au bon vieux temps on va retirer toute nos petites economies et on gardera notre fric a la maison il y en a marre de ce gouvernement qui a qu un seul but nous racketter mais qui ne fait rien pour diminuer les finances publiques toujours et encore toujours plus de fonctionnaires de deputes de senateurs moi president n a jamais rien compris ni jamais rien fait en politique ces amis l avaient bien dit mais 52% des Français n y ont pas cru et aujourd hui on le paye et encore 4 ans a se le purger cet incapable
a écrit le 24/06/2013 à 20:33 :
On dirait Plastic Bertrand qui a mal vieilli. Sinon il est juste fou le gars.
a écrit le 24/06/2013 à 19:03 :
Mais qui empéchera de souscrire une assurance vie euro à l'étranger . Personne à condition bien sur de déclarer les intérêts en cas de rachat

a écrit le 24/06/2013 à 18:51 :
l'av c'est juste comme quelqu'un l'a dit ici une forme de retraite par capitalisation, pour ceux qui avaient un peu d'argent et un peu de bon sens devant l'irresponsabilité de nos politiques. Quand on voit la csg qui s'applique dessus, et désormais prélevé tous les ans, il est clair que tous flairent le bon filon pour nous taxer encore plus...conclusion changeons de type de placement, mais lesquels?
a écrit le 24/06/2013 à 18:18 :
Il y en a marre de tous ces pseudo-experts sachant tout, qui veulent s'amuser avec l'argent des autres. Du balais !
a écrit le 24/06/2013 à 18:04 :
après que l'état nous ait ponctionné nos revenus par des impôts, taxes réelles ou déguisées, etc..... ce "jeune blanc bec" fraichement sorti d'une école prestigieuse où on lui a expliqué comment se faire de l'argent sur le dos des "petits épargnants" en leur prodiguant des conseils vient dire à des TRAVAILLEURS qui ont bossé et économisé toute leur vie comment il faut placer ses économies et les accuse d'un manque de "solidarité" avec nos compatriotes MAIS ....JE REVE ! ! ! ! qui finance depuis des années les aides aux sans papiers, aux défavorisés, aux jeunes sans emplois, aux vieux sans retraites, aux dépendants, à ceux qui arrivent en france sans jamais avoir cotisé mais à qui on versera LE MINIMUM VIEILLESSE, à ceux qui squattent des appartements sociaux en y séjournant trois mois par an, les neufs mois restant ils sont au soleil de l'autre coté de la méditerranée avec le RMI, RSA, ALLOC, FAMILLE ISOLEE, ALLOC LGT etc................ ALORS MONSIEUR LE PRESIDENT DU COMITE ( OOE ) GARDEZ VOS CONSEILS POUR CEUX DE VOTRE MILIEUX ET LAISSEZ LES "FOURMIS" QUE NOUS SOMMES FAIRE CE QU'ELLES VEULENT DE L ARGENT QU'ELLES ONT GAGNE ! ! ! et vous remarquerez que j'ai omis tous les politiques qui profitent de nos largesses (retraite, indemnités de représentation, etc....) et gaspillage de l'état sans oublier la concubine du triste sire que nous entretenons contre notre gré.
a écrit le 24/06/2013 à 17:52 :
_Le capitalisme financier , la phase actuelle de l'ultra libéralisme mis en ?uvre par Reagan et Thatcher dans les années 80 est une impasse. Et le socialisme social-démocrate, sans la maîtrise de la propriété des moyens de production limite sérieusement son pouvoir d'intervention,d'orientation dans le domaine économique.Ce capitalisme financier,par ses excès ,met en danger toutes les économies et par la même l' épargne en provoquant des crises systémiques. Il faut donc changer le paradigme actuel qui est basé sur l'antagonisme exarcerbé des classes sociales. Face au capitalisme individuel, il faut développer un capitalisme collectif, mutualiste et solidaire. Créons donc des fonds souverains nationaux, européens et transnationaux dans tous les domaines, pour contrer le capitalisme financier apatride.Ces fonds pourraient s'investir en priorité dans les ETI,dans les SCOPs,dans les nouvelles entreprises,dans le capital risque (start-ups) et aussi dans les entreprises en grande difficulté.Ils seraient alimentés par des PEI(plan épargne investissement),des assurances vie dont le capital et un minimum d'intérêt seraient garantis pour les épargnants, par les fonds de capitalisation de l'Etat, alimentés par ses parts participatives aux plus-values du Capital des entreprises.
D'autre part il serait nécéssaire de généraliser la participation des salariés à la valeur ajoutée des entreprises;puis d'étendre cette participation aux plus-values de leur Capital.Trois acteurs seraient concernés par cette participation:l'Etat ou les Etats pour les multinationnales,les salariés ,et bien sûr les proprietaires ou les actionnaires.Ces parts participatives seraient regroupés dans des fonds de capitalisation mutualistes et solidaires.Ces fonds seraient monétarisés pour_1,abonder l'épargne investie dans les fonds d'investissement solidaires_2,distribuer du capital aux non-bénéficiaires d'intéressement et plus-values en capital des entreprises
a écrit le 24/06/2013 à 16:48 :
ça suffit ces gens qui s'autorisent à avoir un avis sur tout . les français ne vont pas se laisser bouffer comme ça.tout le monde sait que les fonds de pensions américains ont morflé pour avoir été investi avec tous les risques envoyant des millions de familles au tapis. Que ce monsieur se taise et laisse les français décider de ce qui sera bon pour eux. on aura tout entenduvraiment. la colère et l'exaspération vont s'amplifier. chaque jour une nouvelle vacherie pour le peuple.
a écrit le 24/06/2013 à 15:53 :
Sauve-qui-peut !
a écrit le 24/06/2013 à 15:47 :
"car elle exclut du partage du risque d'entreprendre les épargnants, a priori les mieux disposés à en supporter toutes les conséquences"
Je crois que ce Monsieur prend ses rêves pour des réalités ...
a écrit le 24/06/2013 à 15:42 :
Encore une très mauvaise idée! Ah! tous ces intellectuels de la bricofinance n'en peuvent plus de baver devant le trésor amassé par l'assurance vie : ah pour sûr ! ils en ont des idées pour utiliser un argent qui n'est pas le leur. Mais attention ! Si l'effet cliquet disparaît, je préfère fermer mes contrats d'assurance vie et mettre des biftons dans un coffre en banque, que de laisser ces énergumènes jouer avec les économies pour mes vieux jours.
a écrit le 24/06/2013 à 15:09 :
vider tout les comptes livret assurance vie et mettre son argent sur des comptes courant attendre un moment on vera qui valacher
a écrit le 24/06/2013 à 14:57 :
Lorsqu'il apprend que des retraités américains sonr ruinés parce que leurs fonds de pension ont mal géré les actifs, le bon Français se moque de la vilaine Amérique et de ses financiers qui jouent en bourse avec les économies de leurs souscripteurs. On nous montre alors à la télévision des personnes âgées sans ressources et expulsées de leur domicile. A juste titre d'ailleurs, mais ce Monsieur Gollier veut prendre les travers de l'Amérique comme modèle.
a écrit le 24/06/2013 à 14:20 :
si les gens investissent en AV et en immobilier c'est pour se preparer une retraite ( vous savez, ce machin qui va couler, a force de refus de reforme)... pour le risque, il a a le capital risque ( pour memo les rares business angels viennent de se faire fracasser) et la bourse ( et la fiscalite est particulierement attirante -!!!!!!!- pour ceux qui reussiraient a degager des benefices).... le pb n'est pas dans l'assurance vie, le pb est la fiscalite ailleurs sur les pdts risques... ft prendre le pb par le bon bout
a écrit le 24/06/2013 à 13:30 :
il veut orienter le capital vers les entreprises puis vers le logement tous produits à risque pauvre petit contribuable qui ne pourra meme plus économiser un peu pour sa retraite quelle TRISTE GESTIONNAIRE ////// IL FERAIT bien de se concenter un peu sur les économies à faire elles ne manque pas ex allemagne 15 ministre 4 secr&étaires d'état en france 38 ministres et en plus on est mal gouverné !!!!!
a écrit le 24/06/2013 à 12:41 :
Once Upon a Time GROLLIER ??????
a écrit le 24/06/2013 à 12:40 :
C'est la fin des haricots... l'assurance vie avait une réputation de "sécurité". L'état français se finançait à bon compte. Tout va exploser ! Laisser des fonctionnaires jouer avec la finance va tout faire exploser... Confondre assurance-vie et placement boursier est une erreur grossière. Ca ba créer une bulle sur les actions françaises, ça va exploser et appauvrir les épargnants.
a écrit le 24/06/2013 à 12:31 :
Inutile d'apporter des arguments économiques à ce gouvernement. Seule l'idéologie et l'intérêt électoral de François le vicieux comptent. On a vu ce qu'a fait le gouvernement du rapport sur les AE. Même les économistes de gauche n'ont pas compris. Affligeant !
a écrit le 24/06/2013 à 12:23 :
Un conseil : ouvrez ou transférez votre assurance-vie au Luxembourg : votre argent sera mieux protégé que chez ces racketteurs de socialistes !!!!
Réponse de le 24/06/2013 à 13:07 :
A peu près aussi bien protégé qu'à Chypres...
Réponse de le 24/06/2013 à 13:49 :
Comparer le Luxembourg à Chypre ? C est cela oui ....
Réponse de le 24/06/2013 à 14:19 :
Comparez le poids de la sphère financière versus PIB au Luxembourg et à Chypres (avant la crise de cette année dans l'île) et vous comprendrez pourquoi il y a de quoi avoir des sueurs froides à être investi au...Luxembourg ! A ce propos : dans un domaine qui me passionne, un fond spéculatif du grand duché, spécialisé dans le vin de luxe, est en train de s'effondrer ! Ah les bulles ... ( et ce n'est pas du champagne ! )

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