Et si un nouveau vent d'optimisme soufflait sur l'Europe ?

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Didier Sallé, directeur général d'Euralia
Didier Sallé, directeur général d'Euralia (Crédits : Reuters)
Les européens ne sont pas aussi pessimistes qu'on veut bien le dire. Ils attendent de l'Europe qu'elle crée vraiment un espace de vie commun. Par Didier Sallé, directeur général Euralia

 A huit mois des élections européennes qui verront près de 400 millions d'Européens élire leurs représentants au Parlement et -pour la 1ère fois dans l'histoire européenne- participeront au choix du futur Président de la Commission européenne, il était intéressant, comme l'a fait la Fondation Robert Schuman, dans sa dernière livraison de « Question d'Europe », de se pencher sur l'état de l'opinion publique européenne.

 La crainte d'une abstention record

A juste raison, les observateurs craignent un taux d'abstention record et plus encore un score élevé des partis eurosceptiques ou « populistes ».  Il n'empêche, et c'est ce qui ressort des analyses faites par la Fondation de données récentes fournies par l'Eurobaromètre, les Européens, dans leur ensemble, font preuve d'un regain d'optimisme lorsqu'ils se projettent dans l'avenir. En effet, à l'exception notable de la question du chômage, ils anticipent un futur proche meilleur et les sujets économiques se font moins prégnants. Si on ne peut pas parler d'une réelle reprise de la confiance, le pessimisme reflue et des sujets sociaux ou sociétaux touchant à la vie quotidienne, jugés dans un passé récent comme secondaires, reprennent de l'importance. C'est souvent le cas lorsque l'activité économique redémarre.

Un creusement des inégalités

Mais, et cela vient tempérer l'impression d'embellie, ces données observées au niveau des pays ou selon des critères socio-démographiques, montrent un creusement des inégalités devant la crise économique. En effet, l'optimisme croît plus vite chez les Européens des pays les plus riches ou au sein des catégories les plus diplômées ou les plus aisées.

Qu'en est-il du sentiment d'appartenance à l'Europe ? Traditionnellement à l'approche des élections, ce sentiment augmente. Or précisément, cette montée des inégalités vient rebattre les cartes, une majorité des Européens considérant aujourd'hui être moins proches de ses voisins.

 Redonner espoir au citoyen européen

Dans ces conditions, les élections européennes devront avoir un double objectif : d'une part redonner espoir au citoyen européen pour que la sortie de crise annoncée et perçue soit durable et pour tous et d'autre part contribuer à recréer ce sentiment d'appartenance. Marcel Gauchet mettait en relation, dans un entretien récent au Journal du Dimanche, la désaffection des Français pour l'Europe avec le fait que celle-ci avait été perçue comme un accélérateur de la mondialisation et de la pénétration de ses normes en France.

 Aux institutions et aux acteurs européens d'expliquer les réalisations concrètes qui sont l'œuvre de l'Europe et qui ont changé, en bien, la vie de nos concitoyens. Elles ne manquent pas.

Créer un espace de vie commun

Ces avancées ont en commun à la fois d'améliorer la protection du consommateur ou du citoyen européen mais aussi de créer un espace de vie commun aux normes et règles   harmonisées.

Que l'on songe par exemple aux délais de rétractation maintenant de 14 jours, à compter de la livraison, imposés à la vente à distance, à l'assistance que doivent dorénavant les compagnies aériennes envers leurs clients lorsqu'un avion est retardé, aux nouvelles règlementations et normes en matière de lutte contre la pollution ou encore à la baisse des tarifs des coûts de téléphonie mobile pour des appels passés de l'étranger, à la création d'un logo bio européen, sans compter les programmes plus anciens comme Erasmus dont le mot même est pour les étudiants presque un synonyme du mot Europe   …. On pourrait citer de nombreux autres applicables à différents secteurs de la vie économique, comme celui de la traçabilité obligatoire des produits chimiques ou encore la possibilité de paiements sans frais par virement en Europe au tarif national.

 Pour Robert Schuman l'idée européenne se caractérisait par « l'esprit de solidarité communautaire » Puissent les élections européennes du 25 mai prochain mettre à l'ordre du jour ce principe et amplifier ainsi ce début de retour à l'optimisme que note la Fondation.

 

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Commentaires
a écrit le 04/10/2013 à 0:08 :
Tiens, qui est Euralia?

Allons googoler: http://euralia.eu/

Oh, c'est magnifique! Encore une boîte de Lobbying! Vous savez, les gens qui vous coûtent si cher au sein de l'Union Européenne et qui vous pourissent la vie en imposant des réglementations à la con, en reréglementant suivant les intérêts des grands groupes, ou en maintenant des monopoles injustes.

Voilà, ces mêmes gens viennent ici aussi vous faire la morale et vous expliquer qu'ils ont raisons, qu'ils font ce qu'il faut depuis 50 ans, et que si vous n'êtes pas d'accord, c'est que vous êtes un homme du passé.

Allez, regarder bien! Voilà le type de charlot à pendre bientôt!

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