L'agro-alimentaire breton ne sera pas sauvé par la suspension de l'ecotaxe

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Nicolas Imbert, directeur executif de Green Cross France, estime qu'en suspendant l'écotaxe, le gouvernement manque son objectif... | REUTERS
Nicolas Imbert, directeur executif de Green Cross France, estime qu'en suspendant l'écotaxe, le gouvernement manque son objectif... | REUTERS (Crédits : DR)
En suspendant l'écotaxe, le gouvernement remet à plus tard la métamorphose nécessaire de la filière agro-alimentaire, et notamment en Bretagne. Par Nicolas Imbert, directeur exécutif de Green Cross France et Territoires.

Jean-Marc Ayrault l'a annoncé ce mardi 29 octobre : l'écotaxe est aujourd'hui suspendue, et ses modalités d'application remises en cause. Cette initiative européenne, déjà mise en œuvre avec succès par nos voisins européens, répond au triple objectif de relocaliser l'économie en encourageant les circuits courts, de favoriser l'emploi local sur les territoires, et de plus faire payer l'entretien du réseau routier par ses utilisateurs.

Des objectifs essentiels pour notre économie comme pour les territoires, en particulier en Bretagne. Malheureusement, sa mise en œuvre n'a pas été accompagnée par les nécessaires démarches de communication, de sensibilisation et d'implication démocratique des territoires, et entraine aujourd'hui la reculade que l'on connaît, dommageable au contribuable comme aux entreprises ayant fait le choix d'anticiper leur transition écologique.

Des ajustements possibles

Des ajustements à la taxe peuvent être envisagés pour des questions d'équité, ils sont connus et localisés : limitation des "effets de bord" pour les acteurs économique à proximité immédiate d'un portique (quelques points sensibles, de l'ordre de la dizaine) et intégration dans le périmètre de la taxe des importations portuaires.

Mais sa mise en œuvre est nécessaire à la fois par les ressources qu'elle génère et par le signal-prix qu'elle implique pour relocaliser l'économie.

La filière agroalimentaire, française et bretonne en particulier, ne sera pas sauvée par la suspension de l'écotaxe. Confrontée à des enjeux sans précédent, qu'il s'agisse des fermetures d'abattoirs ou de la nécessaire reconquête de la confiance du consommateur, elle doit effectuer une métamorphose aussi nécessaire et urgente.

 

La filière agro-alimentaire doit changer

D'ores et déjà, la mise en place de l'écotaxe à la date prévue début 2013, aurait permis de relocaliser en Bretagne l'abattage des porcs élevés en Bretagne mais abattus de manière concertée par la filière en Allemagne, ce qui a privé la filière d'abattage et de transformation bretonne de plus de 3 mois de travail.

C'est bien une métamorphose qu'il s'agit de réaliser, en cessant de se battre sur le seul prix de vente en délaissant les impacts environnementaux et sur l'animal, en cessant d'expédier de la matière brute mais au contraire en la transformant localement, et en rétablissant la confiance du consommateur par le jeu de la qualité.

 

Des filières qualitatives qui souffrent de l'absence de soutien public

Certaines entreprises et certaines filières ont fait ce choix de la qualité et du respect de l'environnement. Ces filières souffrent de l'absence de soutien public, et ne sont que très peu écoutées. Elles répondent pourtant à des besoins réels des consommateurs, et impliquent des acteurs significatifs de la filière, mais sans que leurs projets ne soient malheureusement ni soutenus ni encouragés par la puissance publique.

Nous souhaitons donc insister d'une part sur l'importance de maintenir le principe de l'écotaxe et d'en confirmer sans délai le calendrier, après quelques éventuels ajustements des "effets de bord", mais également de mettre en place concrètement les maillons d'une métamorphose de la filière agro-alimentaire en Bretagne, notamment de l'élevage, autour de produits de qualité, d'une organisation transparence restaurant la confiance, et d'une triple performance économique, écologique et sociale.

>> Lire aussi : 1 milliard d'euros, ce que coûterait le retrait de l'écotaxe

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Commentaires
a écrit le 02/11/2013 à 15:57 :
Vouloir imposer une écotaxe dans la région la plus polluée de France relève de la gageure. Maintenant les taxes permettent aussi les subventions largement distribuée à la filière agroalimentaire !
a écrit le 01/11/2013 à 13:10 :
Le made in nitrate a la recherche de la qualite ?

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