La confiance, quelle confiance ?

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La confiance est plus difficile que jamais à obtenir. Encore faut-il savoir la construire, M.Valls... par Jean-Luc Fallou, président du Trust Management Institute

Cher Monsieur le Premier ministre,

Bravo, vous avez obtenu la majorité des voix lors du vote de confiance de l'Assemblée. Ce vote parviendra-t-il à ranimer cette confiance que vous appelez de vos vœux ? Nous ne mettons pas en doute votre volonté réelle de bâtir la confiance. Mais il nous semble que ce qui s'est passé aujourd'hui ressemble au mieux pour certains députés à une déclaration de loyauté à votre égard, et pour d'autres à un cessez-le-feu momentané. Nous sommes encore loin de la confiance.

Bien sûr, Monsieur le Premier ministre, il serait injuste de vous en faire porter la responsabilité. La construction de la confiance dans un contexte de démocratie extrême, pour reprendre le concept forgé par Dominique Schnapper, est un exercice périlleux. Il faut entendre par là que « l'individu démocratique, source de la légitimité politique parce qu'il est citoyen, accepte mal de respecter les institutions en tant que telles, il admet difficilement qu'elles doivent être respectées parce qu'elles nous ont été transmises par les générations précédentes [et] entend soumettre les unes et les autres à sa critique » . En d'autres termes : qu'importe la teneur de votre politique générale, on vous mettra toujours en doute.

Le défi de la confiance collective

Construire la confiance, mission impossible ? Bien sûr que non ! Si nous avons bâti le Trust Management Institute (fonds de dotation franco-allemand), c'est que nous voulons offrir des pistes de réflexion et d'action nouvelles, qui tranchent avec les réflexes catastrophistes dominants. Tout dirigeant, quel que soit la nature de l'organisme dirigé, est confronté au défi de la confiance collective, dans notre monde d'individualités. Il existe heureusement des voies qui permettront à chaque Français, non pas de croire en votre politique, mais d'accorder sa confiance à votre action continue et à votre persévérance. Nous vous suggérons de miser sur de petits pas. Des actions simples, en apparence anodines, qui devraient conduire vers une amélioration générale du climat actuel.

Les six éléments de la confiance

En effet, depuis plus de douze ans nous travaillons avec des dirigeants qui souhaitent construire une confiance pérenne dans leur organisation. A l'épreuve du temps et de l'expérience, nous pouvons assurer que la confiance se bâtit sur les six éléments suivants :

- La force de la parole tenue. Assurez-vous que vos discours soient suivis d'effets, ce qui vous obligera à vous abstenir de promettre la lune que plus personne n'attend. C'est à ce prix que votre parole pourra apparaître comme fiable et que chaque Français - qu'il soutienne ou non votre politique - pourra dire : « Quand Valls dit quelque chose, il le fait».
- Continuez à rappeler comme vous le faites souvent que oui la France, qui a une histoire plus que millénaire, qui a vécu tant d'épreuves et qui reste la cinquième puissance mondiale, a un avenir !
- Défendez bec et ongles les règles du jeu républicain : continuez à rappeler à chaque Français que vous êtes sans aucune mansuétude vis-à-vis des « hors-jeux républicains » qu'ils relèvent du droit ou de la bienséance.
- Sachez rebâtir la fierté en tirant parti de ces mille actions locales qui passent sous l'écran radars des médias nationaux : car ce sont ces petits ruisseaux de fierté qui referont demain une grande rivière.
- Suggérez à chaque Français qu'il a un rôle respectable et respecté de vous et pas seulement dans les trois mois qui précèdent une élection.
- Enfin, donnez aux Français l'exemple du dialogue politique, du dialogue citoyen, du dialogue social, chose qui leur est peut-être moins naturelle que celle de nos voisins Allemands.

Une "longue route"

Monsieur le Premier ministre, les Français sont plus tolérants à l'erreur qu'ils n'y paraissent car ils connaissent vos difficultés. Inspirez-vous du livre de ce merveilleux titre de ce grand navigateur qu'était Bernard Moitessier, « La longue route : seul entre mer et ciel ».

Bonne chance Monsieur le Premier ministre.

Jean-Luc Fallou, président de TMI

Plus d'informations sur le site du Trust Management Institute

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Commentaires
a écrit le 19/09/2014 à 14:56 :
C 'est quoi cette récitation, ce listing ... ??? On dirait un truc de lycée ... Nul ! Zéro !
C' est parler en faisant " style " pour ne rien dire ....
a écrit le 17/09/2014 à 21:21 :
Bonne chance, Mesdames et Messieurs les Françaises, que nous sommes, devons-nous conclure.
Il manque dans ce discours, un élément qui me semble majeur pour obtenir la confiance, ne pas demander aux autres ce que l’on ne fait pas soi-même. Malheureusement la classe politique n’est pas un exemple dans ce domaine et vous ne devez pas penser, Messieurs les politiques, que les français ne le remarquent pas.
a écrit le 17/09/2014 à 18:48 :
La confiance ? La première des règles à observer : ne pas insulter une bonne partie du peuple français.
a écrit le 17/09/2014 à 16:11 :
La confiance descend par l'ascenseur et remonte par l'escalier !
Il n'y a pas d'amour, mais des preuves d'amour !
Il faut maintenant fournir des preuves.
a écrit le 17/09/2014 à 15:51 :
La confiance c'est comme le mensonge on fait appel à l' imagination ... !
a écrit le 17/09/2014 à 14:14 :
Merçi pour ce texte, que je trouve tout a fait interessant.

Cdt.
a écrit le 17/09/2014 à 8:59 :
Envers des politiques, on ne peut avoir confiance, car le terme même de "politique", est une représentation de qualificatifs , comme; trahisons, promesses non tenues, hypocrisie, cupidité,mensonges,malhonneteté,lacheté...la liste est loin d'être exhaustive, donc c'est un non sens du droit "chemin", la politique .
Réponse de le 17/09/2014 à 16:04 :
Vous avez tout à fait raison.
Réponse de le 17/09/2014 à 17:04 :
+ 10000000
a écrit le 17/09/2014 à 8:05 :
La confiance c'est un compte en banque bien rempli, le reste c'est du bidon, des histoires qu' on raconte aux enfants ...
Réponse de le 17/09/2014 à 8:37 :
@Alice aux pays des merveilles
Qu'elle tristesse...
Réponse de le 17/09/2014 à 16:36 :
Alice au pays des merveilles ou quand l'enthousiasme irrationnel surpasse
indûment la valeur réelle ...
a écrit le 16/09/2014 à 22:58 :
Bonne question!! car elle est partie , et bien partie! loin, très , très loin, à perte de vue! et n'est pas prête de revenir, messieurs les politiques tous confondus ! tous pourris.
a écrit le 16/09/2014 à 21:47 :
Pas mal cette lettre. Mais tout cela n'est pas dans l'ADN d'une gauche corrompue, manipulatrice et incompétente. En cette période de mondialisation, la gauche à la française est morte et elle constitue le plus beau frein à notre démocratie...
Réponse de le 17/09/2014 à 6:56 :
Vous commencez mal car vous ciblez un courant politique en pensant que l'autre n'est pas corrompu, manipulateur, et incompétent alors que le pb n'est pas un courant mais un système opaque de chaque clan. Pour une France politique probe il ne peut y avoir des visions corporatistes de chaque parti la voiture balai de chacun des partis doit passer là est un vrai sujet interne aux partis politiques le plus dur des choix le nettoyage.
a écrit le 16/09/2014 à 21:18 :
Déjà, avoir donné sa confiance à Sarko avant la crise économique a montré les dégâts. Mais avec la démonstration claire que la plèbe ne VAUT rien dans tous les sens du terme, là, LES peuples sont maintenant fixés. Et ce ne sont pas quelques illuminés d'extrême-droite qui pourront même changer la donne. La confiance, ça se mérite.
a écrit le 16/09/2014 à 20:44 :
Ce terme de " confiance " ne veut rien dire appliqué à la politique ou à l'économie.
Réponse de le 16/09/2014 à 21:09 :
please explain.
Réponse de le 17/09/2014 à 7:55 :
Lisez Shakespeare ...
Réponse de le 19/09/2014 à 14:58 :
et Alice au pays des merveilles.
a écrit le 16/09/2014 à 20:14 :
Il faut une sacrée dose de candeur pour avoir encore confiance. En plus le massacre par l'impôt nous encourage...à faire le stricte minimum. Pourquoi les entrepreneurs devraient-ils se crever la paillasse pour les autres ? La confiance c'est comme la croissance, quand elle elle n'existe plus il faut des années avant de la revoir. En France la seule croissance qui ne fait aucun doute c'est celle du chômage !
Réponse de le 17/09/2014 à 8:30 :
...Dose de candeur, ou être "neuneu", bénbi-oui-oui, râvi de la crèche, au choix...en attendant faut être dans ces cas là, sinon, ça le fait pas, impossible.
Réponse de le 17/09/2014 à 16:39 :
+ 100
a écrit le 16/09/2014 à 19:53 :
La force de la parole tenue...on en est malheureusement très loin, et la parole s'apprécie aussi dans le temps. Quand quelqu'un me dit"je vais le faire", dans mon espace spatio-temporel, c'est pas dans deux ans...tout est trop long, et ces longueurs sont sources de sempiternelles disputes et discussions..
Réponse de le 17/09/2014 à 8:54 :
ceux qui préconisent, disent pour les autres, mais ne font pas pour eux mêmes ce qu'ils préconisent pour les autres, n'ont aucune parole, et ne sont absolument pas crédibles!

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