Les secteurs gagnants de la baisse de l'euro

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Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi./ DR
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, à qui profite la baisse de l'euro ?

La dégringolade de la monnaie européenne (-20% depuis son dernier point haut de 2014) est maintenant suffisante pour modifier la trajectoire de nombreux secteurs.

D'après une étude du Cepii, au niveau global, une dépréciation de 10% de l'euro par rapport à un pays partenaire gonfle la valeur des exportations de 7,5% en moyenne vers ce pays.

Mais il existe des différences importantes selon la destination des exportations : ainsi une dépréciation de 10% par rapport au dollar et c'est un bond de 9,2% des exportations vers les Etats-Unis. Bien entendu toutes les entreprises, tous les secteurs ne profitent pas de la même manière de la glissade de la monnaie unique.

Parmi les gagnants, deux blocs

D'abord celui qui rassemble les professions qui réalisent une part importante de leur chiffre d'affaires à l'export en dehors de la zone euro et qui ont leurs coûts de production essentiellement libellés en euros.

C'est le cas de l'agro-alimentaire dans son ensemble et de la filière boisson en particulier, notamment des vins et spiritueux. Par définition la base productive se trouve en France et cette profession réalise suivant les années entre 8 et 12 milliards d'euros d'exportations. C'est la moitié de son chiffre d'affaires dont 37% prennent la direction des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Canada ou de la Suisse, autant de pays vis-à-vis desquels la devise européenne vacille.

Et il faudrait rajouter tous les pays dont la monnaie est arrimée au dollar comme la Chine. C'est alors très directement environ la moitié des expéditions vers l'étranger qui est concernée. Parmi les grands secteurs exportateurs, la chimie, la construction automobile, de véhicules industriels, les fabricants de machines et appareils électriques où la concurrence est la plus forte à l'exportation, profitent aussi tous de l'évolution actuelle de l'euro. L'hôtellerie n'est pas à oublier puisque la baisse de l'euro renforce le pouvoir d'achat des touristes étrangers et dissuade les nationaux de partir. L'euro faible renforce aussi la compétitivité de tous les secteurs dont les contrats se signent en dollars. La construction navale, l'aéronautique, le spatial sont des cas d'école.

Deuxième bloc

Les professions qui pour se développer à l'international sont contraintes de directement s'implanter dans les pays cibles. C'est le cas dans les services collectifs. Dans la gestion des eaux, des déchets, des transports collectifs des entreprises comme Veolia, Suez Environnement sont à la tête d'un réseau de filiales directement implanté dans les pays.

Dans la restauration collective, c'est l'exemple de Sodexo. Et leurs filiales génèrent des revenus dont une partie libellée en dollars, livres sterling, etc. est rapatriée à la maison mère. C'est aussi le cas dans la publicité, Publicis réalise 48% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis. Mais il s'agit aussi d'un choc qui étend ses effets à tous les secteurs exportateurs européens et dont la configuration est particulière puisqu'il s'accompagne simultanément d'une baisse du prix des matières premières et donc d'une moindre pression sur les marges.

De fil en aiguille, c'est une masse importante de secteurs qui se retrouvent boostés par la chute de l'euro. Les conditions d'une diffusion maximale sont donc réunies... une configuration qui pourrait être le détonateur d'une année 2015 enfin dynamique.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 06/02/2015 à 13:46 :
Tout les secteurs délocalisés qui font leur assemblage en zone euro sont gagnant....pour l'instant!

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