Générations Y et S, même combat !

 |   |  569  mots
(Crédits : Steve Wilson via Flickr)
Alors qu'on les oppose systématiquement, il serait de bon ton d'associer de manière plus étroite les génération Y et S dans le processus d'organisation et de production dans le travail. Pour y parvenir, l'IA et la blockchain pourraient être des outils utiles. Par Francis Portogallo, conférencier en IA et RH.

On a l'habitude de caractériser les générations d'aujourd'hui d'une lettre profonde de l'alphabet, par exemple « Y » ou « Z », pour les jeunes, comme si l'on approchait de la fin du monde générationnel ! En fait, on est tout proche de la pensée subliminale des aficionados du transhumanisme pour lesquels la science et les technologies lissent les distances entre les âges pour se confondre en une génération unique. Si nous sommes encore loin de l'immortalité, rien ne nous empêche de projeter ce que les technologies d'aujourd'hui peuvent faire pour rapprocher la génération Y, celle du pourquoi, de la génération S (les seniors), celle du savoir. Qu'est-ce qui les oppose ou les rapproche ?

Tout d'abord, c'est leur place dans la population active. Elles se positionnent de manière symétrique de part et d'autre de l'axe médian de la quarantaine et affichent un taux de non-emploi qui dépasse les 20 %. Ensuite c'est leur situation symétrique sur la pyramide de Maslow qui étage les besoins des personnes depuis la satisfaction des besoins primaires jusqu'à ceux de la réalisation de soi. Pour les Y autant que pour les S, les premiers niveaux rassemblant les besoins physiologiques et de sécurité sont totalement éludés. La raison principale vient du fait que ces besoins essentiels sont devenus des droits opposables et que, par conséquent, leur satisfaction est de la responsabilité de la collectivité.

L'IA et la blockchain au service de l'organisation et la production

De manière pragmatique, la question qui se pose aujourd'hui est de leur financement ou de leur réduction drastique. Un des moyens pour arbitrer cette alternative consisterait à augmenter la part contributive des « Y & S » dans la production des richesses redistribuables. Les armes à notre disposition sont de plusieurs ordres. La première est l'assistance que peuvent fournir l'intelligence artificielle et les neurosciences à ces questions sociologiques. La capacité à former à la volée des équipes pluridisciplinaires et complémentaires va permettre la réorganisation de la production où, de facto, savoir-faire et opérabilité prendront le pas sur le statut et la définition du poste. Seconde arme, la blockchain associée aux nouvelles techniques de production sera prépondérante dans l'hyperorganisation qui supplantera l'actuelle organisation du travail. L'âge et la durée du travail devenant accessoires, les générations Y et S reprendront leurs lettres de noblesse.

L'organisation des entreprises a fortement évolué ces dernières décennies, poussée par la globalisation des marchés. Cependant leur morphologie est restée identique en empruntant des tailles XXL. Ainsi en écho à la situation décrite par Pierre Veltz dans La Société hyper-industrielle, (Seuil, 2017, 128 pages, 11,80 euros) est né le concept d'organisation hyper-fonctionnelle. Sous cette notion se cache un gisement de productivité que l'on pourra financer grâce aux économies engendrées sur la base de la pyramide de Maslow. Cette organisation hyper-fonctionnelle s'appuiera sur des plateformes collaboratives de nouvelle génération qui fourniront un concentré d'intelligence et de savoir-faire. Elle permettra ensuite d'identifier les bonnes associations de profils pour répondre à une demande métier. Enfin, elles offriront les moyens d'anticiper la réalisation opérationnelle afin d'en valider la totale cohérence. On entre dans l'ère du Sim Business (le marché de la simulation) où le choix de la ressource n'est la conséquence que de son efficacité finale.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 21/06/2019 à 12:23 :
En tant que génération Y, je ne me voyais pas comme cela sur la pyramide de Maslow mais la symétrie est saisissante. Ces nouvelles plates-formes apportent une technologie aujourd’hui utilisée par les VTC, les transplanter dans le monde du travail est un challenge parfaitement réalisable. Un développement du concept d’organisation Hyperfonctionnelle serait intéressant car on ne trouve pas facilement sur le web.
a écrit le 18/06/2019 à 11:22 :
N'en déplaise aux grincheux qui s'attardent à la forme et au vocabulaire pour dénoncer la domination de pseudos élites sur le pauvre travailleur, il m'a semblé au contraire que ce propos était plutôt encourageant pour ceux qui de fait sont aujourd'hui les perdants d'un système pernicieux qui les exclut, soit qu'ils n'aient pas encore d'expérience à vendre ou soit qu'ils en aient trop... Peut-être serait-il plus sage d'accompagner et de maîtriser les changements inéluctables de la société, plutôt que de s'opposer au nom de la sacro-sainte idéologie de l'immobilisme : "ha, mais c'était mieux avant !"
a écrit le 18/06/2019 à 10:07 :
Merci pour cet éclairage un peu décalé sur l’appréciation de la génération Y et le parallèle avec les séniors ne sautait pas aux yeux naturellement. Les re-situer sur la pyramide de Maslow permet un regard plus factuel et pose la question des raisons de cette situation.
Les réflexions sur ces nouvelles plateformes sont un peu courtes et nous laisse sur notre faim, un autre article est-il envisageable ici ou ailleurs dans la mesure où je n’ai trouvé aucune documentation sur les organisations hyper-fonctionnelle, merci
a écrit le 17/06/2019 à 9:29 :
"conférencier en IA et RH"

IA qui n'existe pas et RH qui n'est devenu que la servitude envers la cupidité des milliardaires.

On part de loin...
a écrit le 15/06/2019 à 15:43 :
Dans les entreprises, pleins de gens de couleurs différentes, de culture différentes, de religions différentes vont former une ronde et se tenir par la main en contemplant un lever de soleil grâce à la blockchain, cela va libérer leur créativité, cela va développer le travail d'équipe. Après l'IA, va permettre à chaque génération de construire son propre savoir et à chaque génération de partager les compétences qui lui sont propres.
Après, tout cela , on le sait puisque les élites le disent, mais pourquoi il va en être ainsi, les élites ne nous le disent pas. Je lis parfois des articles à ce sujet, ils sont souvent difficiles à comprendre, bien davantage à cause du vocabulaire utilisé que de la complexité des idées exprimées d'ailleurs. Quant à la rigueur scientifique dans ce genre d'article, elle est inexistante, on tourne autour du pot, on noie le poisson, le jargon utilisé permet cela. Je regarde par curiosité ce qu'est la "la pyramide de Maslow", un type a réussit à regrouper des mots en formant un triangle, il appelle ça pyramide pour donner un peu de consistance au concept, après personne ne se pose la question de la validité du concept, après tout, ça forme une pyramide, ça doit donc marcher. Bref...
a écrit le 15/06/2019 à 12:39 :
Bonjour,

Je «  vais » oser ;
Votre position , cet article , ces termes nouveaux : rien de concret , du réchauffé , pour conclure RH+ IA = votre fond de «  commerce »

Bref, rien de nouveau , au suivant ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :