José Manuel Barroso, seul grand gagnant du Brexit ?

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(Crédits : DR)
La nomination de l'ancien président de la commission européenne, José Manuel Barroso, chez Goldman Sachs témoigne l'absence de considération pour les règles éthiques au sein des institutions européennes. par Mathile Poulain, doctorante en économie, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

José Manuel Barroso vient d'être nommé président non exécutif de Goldman Sachs International. Deux semaines après le référendum sur le Brexit, cette nouvelle sonne le glas de la refonte des institutions européennes, pourtant apparue comme une évidence après le vote britannique. La crédibilité de Bruxelles à mener à bien les négociations sur la sortie du Royaume-Uni s'en trouve encore un peu plus affaiblie.

 Le candidat parfait

Pourtant, la nouvelle n'est pas inédite. Tout était réuni pour que l'on assiste à une nouvelle série d'aller-retour entre les hauts fonctionnaires européens et l'industrie financière. Seul le nom de l'élu peut éventuellement surprendre. José Manuel Barroso a été le président de la commission Européenne entre 2004 et 2014, autant dire que l'institution était presque devenue sa seconde maison. Et c'est précisément ce qui fait de lui le candidat parfait. Au centre de la gestion des questions juridiques et techniques, la Commission européenne va jouer un rôle crucial dans le processus de sortie du Royaume-Uni.

 Goldman Sachs s'assied sur les règles éthiques

Le référendum passé, la banque américaine n'a pas tardé à employer les grands moyens, faisant fi au passage des principales règles éthiques en la matière, pour s'entourer des meilleurs atouts : « José Manuel va apporter une analyse et une expérience immense à Goldman Sachs, et notamment une profonde compréhension de l'Europe »[1]. Entendez par 'profonde compréhension de l'Europe' un accès direct à la commission européenne. Car à n'en pas douter, lorsque débuteront les négociations du Brexit, Goldman Sachs préparera l'argumentaire et José Manuel Barroso son carnet d'adresse. Ce court communiqué à l'apparence anodine est une illustration supplémentaire de l'absence de considération pour les règles éthiques au sein des institutions européennes.

 Mais alors, qu'adviendra-t-il de l'ancien président de la commission européenne lorsque le sort du Royaume-Uni sera scellé ? Pas d'inquiétude, M. Barroso ne risque pas le chômage technique. L'essentiel du lobbying européen se concentre autour de la commission européenne (principalement autour des deux DG Ecfin et Fisma). Tout lobbyiste confirmé le sait, la clé du succès réside dans l'action en amont du processus législatif car c'est à ce moment là que la marge de manoeuvre est la plus importante.

[1] Communiqué de Goldman Sachs

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