Le rendez-vous manqué du « cercle de la raison »

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Abdelmalek Alaoui, Chroniqueur.
Abdelmalek Alaoui, Chroniqueur. (Crédits : DR)
Rupture(s). Une nouvelle fracture sociale est à l’œuvre. Elle ne ressemble en rien à ce que l'on a connu. Ce n’est plus « cols bleus » contre « cols blancs », travail contre capital, manufacture contre intellect. De manière beaucoup plus pernicieuse, comme un virus qui se serait instillé doucement dans les sillons rouillés de la globalisation, une nouvelle forme de polarisation- identifiée brillamment par l’auteur britannique David Goodhart- s’est installée entre ceux qui se sentent bien partout – les « anywhere » - et ceux qui ne peuvent vivre sans enracinement, les « somewhere ». Les premiers sont minoritaires, mais ils concentrent plus de pouvoir et de richesse qu’il est possible d’imaginer. Les seconds sont majoritaires, et ils ont commencé à organiser la « revanche des humiliés ».

« There is no alternative » et « Adults in the room ». Deux formules prononcées à près de quarante ans d'intervalle par deux femmes emblématiques d'une certaine idée de la mondialisation : Margaret Thatcher et Christine Lagarde.

Chacune à sa manière, ces antiennes ont contribué à opérer un basculement -vers la droite- du centre de gravité de la globalisation lors de deux périodes charnières. D'un côté, le leitmotiv thatchérien prononcé depuis le perron du 10 Downing Street le 25 Juin 1980 a consacré l'idée selon laquelle « le marché, le capitalisme et la mondialisation sont des phénomènes nécessaires et bénéfiques et que tout régime qui prend une autre voie court à l'échec. » Articulé à l'origine pour défendre la politique monétariste britannique, « There Is no alternative » (TINA), devient rapidement un dogme, puis carrément un courant de pensée dominant avec la chute du mur de Berlin. Au cours des décennies suivantes, partout souffle le vent de la dérégulation, porté ensuite par l'Amérique de Bill Clinton et ses « autoroutes de l'information » qui préfigurent l'ère du tout numérique. La mondialisation est alors triomphante, et même la crise financière mondiale de 2008 ne permettra pas de renverser la tendance. C'est dans ce contexte qu'il faut analyser la déclaration péremptoire de Christine Lagarde lors du paroxysme des négociations pour le sauvetage de la Grèce le 18 Juin 2015 : "Pour le moment, nous sommes à court de dialogue, l'urgence c'est de restaurer un dialogue avec des adultes dans la pièce".

Avec cette formule lapidaire, la patronne du FMI vient tout simplement de signifier au gouvernement grec la direction de la cour de récréation, s'érigeant en gardienne de la raison. Lagarde aura finalement gain de cause, malgré un référendum grec refusant le diktat du FMI. Le chef du gouvernement hellène dira alors qu'il n'y « avait pas d'alternative ». Quatre ans plus tard, Christine Lagarde deviendra même la gardienne du coffre-fort de l'union, la Banque centrale européenne (BCE).

La genèse du « cercle de la raison »

La France, paradoxalement, a été un acteur important de la circulation des idées mercantilistes issues de cette dynamique. Dès 1982, l'historien François Furet créait la Fondation Saint-Simon, afin de réunir hauts fonctionnaires, universitaires et capitaines d'industrie. En creux, c'est un véritable mouvement intellectuel visant à « réconcilier le libéralisme avec la démocratie ». Ses membres constituent un véritable Who's Who de toutes les personnalités qui comptent dans l'Hexagone, qui se rencontrent discrètement et produisent ouvrages et notes visant à convertir au libéralisme les socialistes arrivés au pouvoir en 1981. L'un des membres les plus influents de la fondation est l'essayiste et conseiller de nombreux patrons du CAC 40, Alain Minc, qui estime que ce groupe constitue un « cercle de la raison ». Dissoute en 1999, après avoir rempli plus que les objectifs qu'elle s'était fixée au départ, la fondation Saint-Simon est considérée comme l'institution ayant le plus influencé la trajectoire économique française au cours du demi-siècle écoulé. Quels sont les ressorts d'un tel succès ? La réponse commence à peine à émerger.

Le haut de la pyramide s'est détaché

En effet, la thèse défendue par David Goodhart dans son best-seller « Les deux clans, la nouvelle fracture mondiale » permet enfin de décrypter le mécanisme qui a permis qu'une minorité de personnes aient réussi à rendre dominantes leurs idées basées sur la dérégulation, les privatisations, le marché, et le libre-échange. Sans sombrer dans les thèses conspirationnistes, l'ouvrage permet de comprendre les dynamiques profondes qui ont eu généré l'effet « boomerang » de montée des nationalismes. Écrit à l'origine pour expliquer le Brexit, l'ouvrage s'attache en réalité à nous donner les clés de compréhension de la dislocation du tissu social en trois catégories, dont deux s'affrontent désormais, créant des zones de tensions inédites.

Représentant dans les pays riches près de 25% de la population, les « everywhere » sont les gagnants de la mondialisation, qui se sentent bien partout. Ils sont éduqués, urbains, multiculturels, et naturellement enclins à professer des idées généreuses en matière d'immigration ou de sécurité. Ils sont dans les grands centres urbains de la côte est américaine, dans la City de Londres, à la Commission européenne ou à Paris. Ils concentrent le pouvoir universitaire, médiatique, financier et, souvent, politique. Durant les quarante dernières années, leurs idées ont été dominantes et ont influencé les législations et les trajectoires économiques. Face à eux, comptant pour près de 50% de la population, une catégorie fait désormais entendre sa voix en élisant des leaders populistes à l'instar de Donald Trump ou Jair Bolsonaro. Ce sont les « somewhere ». Ceux que la mondialisation n'a pas appauvris mais qui ont un sentiment de déclassement, se repliant sur leur identité nationale, leur ville, leur communauté, leur quartier, voire leur équipe de football. Certains ont tôt fait de les qualifier de « racistes » car les idées anti-immigration remportent leur adhésion. Ce sont en majorité ceux qui ont voté pour le Brexit.

Un mouvement de fond

Et c'est précisément cette montée irrésistible des communautés que le cercle de la raison n'a pas vu venir, entraînant l'affrontement que nous vivons aujourd'hui. Pourtant bâti afin d'organiser une certaine perpétuation des avantages de la communauté des « sachants », le « cercle de la raison » a vu ses digues sauter les unes après les autres avec la montée en puissance de tous ceux qui voient les emplois manuels disparaître, les repères traditionnels s'estomper, et la technologie investir tous les pans de nos vies au détriment du lien humain véritable. Ne nous y trompons pas, ce fossé ne fera que s'agrandir au cours des années à venir car les élites -qui se sont toujours voulues stratèges- font face à un mouvement de fond dont elles ne comprennent pas le logiciel. A moins que n'émerge une communauté issue du haut de la pyramide qui décide de construire un pont avec l'autre pan de la société en imaginant des instruments de solidarité de nouvelle génération, il y a fort à craindre que le populisme n'ait encore de beaux jours devant lui...

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Commentaires
a écrit le 25/11/2019 à 18:32 :
Le constat est juste et comme ceux qui sont "en haut de la pyramide" ne lâcheront rien, ou trop peu ET que les États sont faibles, le fossé va s'agrandir au risque que tout le monde tombe dedans.
a écrit le 25/11/2019 à 18:21 :
" produisent ouvrages et notes visant à convertir au libéralisme les socialistes arrivés au pouvoir en 1981."

Ça marche en plus ,ils ont même une droite qui est chez Macron aujourd'hui avec des ex-LR ,c'est pour dire.
Réponse de le 25/11/2019 à 21:45 :
Le seul dénominateur multiplicateur et convertisseur d’idéologie est «  l’argent »

Désolé pour les «  valeurs & l’humain » trop stupide pour croire leurs «  balivernes «  depuis trop longtemps ... mais heureusement que la «  justice de la nature «  est pour tout le monde car «  tout est « 

Dans ,
Ne compte pas sur ce que vous êtes aujourd’hui, regarde ce que tu seras demain car «  l’argent «  a des limites que les «  valeurs & l’humain » n’ont pas ...

Bon courage à ces récepteurs et réceptacles ...
a écrit le 25/11/2019 à 18:10 :
Cette analyse , ce choix des dualités ( opposions...)et les exemples proposés ( deux femmes qui ont laissés de mauvaises empreintes au sein de la société économique)
Vraiment de la «  provocation « ...
A l’auteur : vous êtes libre croire à ce que vous écrivez , pour moi , ne m’en voulez pas ... j’utiliserais votre ... « essai » d’article ... pour essuyer mes gribouillis sur mon bureau ... quand je m’ennuie...
a écrit le 25/11/2019 à 15:45 :
C'est pour cela qu'ils ont installer l'idéologie identitaire, cela permet de flamber ceux différents et laisser croire a des théories clairement racistes.....

« cercle de la raison », sans aucun doute! lorsque l'on voit l'état du pays, la haine et le reste, bien joué les gars! vous avez pu avoir le beurre et l'argent du beurre.....

Les mêmes qui pensent qu'ils vont pouvoir continuer tranquille en protégeant leurs progénitures par la captation des richesses du pays.

Tout cela commence a se voir, donc a présent nous allons sans doute assister au fait que les enracinés vont aller demander des explications a ces gens.

Et ne comptez pas sur ceux qui sont les victimes collatérales pour aider ces gens qui n'ont de nationalité, que le profit qu'ils en tirent.

Et comme demain il y aura aussi des techniques, dont le boycott, attendons encore un peu nous pourrons voir tout un tas de choses.

Et comme les mêmes possèdent les médias, vous imaginez qu'en mettant des gens d'extrême droite pour fixer la haine sur les divergents, nous verrons encore une fois la fin de l'histoire.

"avantages de la communauté des « sachants » ils ne sont pas sachants, ils ont de l'argent, mais l'argent n'est pas le savoir, c'est pourquoi ils devrons se débrouiller avec ce que cela donnera.

Tant que l'état travaille pour eux, tout va bien, mais semble t'il macron étant un digne représentant, le fait qu'il va sur le chemin qui est celui de ma démystification, aidons le a le faire histoire de voir qui sont les dits "sachants", d'un point de vue démocratique, cela tombe bien.

Et quand a l'extrême droite au pouvoir, pas besoin les sachants ont installé l'idéologie identitaire par ces représentants, mais moi je ne suis pas mon grand père, croire dans un système aussi moisie, disons que le rattachement a ces gens pour moi par la nationalité n'a plus de validité !!!

Alors attendons, car je pense que nous sommes nombreux dans ce cas.

L'habitude de la discrimination et de l'inégalité permet d'avoir une vision de choses qui pour les naîfs, restent encore peu visible, mais l'important est que cela va apparaître dans les temps a venir.

Les sachants sont visibles car le net permet aux gens d'avoir des infos, alors les gars la notion d'appartenance fonctionnera en sens inverse du coup, et comme je le crois depuis que je m’intéresse a l'économie, tout ce qui touche les multinationales n'ont rien a voir avec la nationalité et la croyance comme l'investissement que l'on doit faire dessus.

Alors les gars tremblez, car votre système est sur la fin, et pas de doute qu'aujourd'hui la nase est la, elle vous attend !! les sachants !
a écrit le 25/11/2019 à 14:51 :
C'est follement trop caricatural de séparer ce monde en "somewhere" et "anywhere", quand les premiers ne peuvent même pas se payer une voiture pour trouver un premier emploi, ni se loger, à dormir dehors ou dans leur voiture : alors que les autres ont leurs parents déjà abusivement nantis en villes ruineuses pour servir de tremplin de départ.
Notre société a viré au cauchemar réel par refus de stopper les illusions de croissance, et en premier celles de populations copulant à la folie pour compenser en zones urbaines leur manque de déplacements sains d'autres fois.
Alors, comme avec les fausses promesses de Boris Johnson avec son brexit pas assez "break seat"..., tous restent assis "en attendant que cela passe", dépensant toujours plus d'énergies fossiles empoisonneuses, faisant mine d'attendre d'un surcroît d'hôpitaux la solution finale"...!§!
Combien d'humains décident de s'aligner d'abord à la connexion multidimensionnelle de leur âme pour demander les intuitions douces nécessaires, avant que leurs parcours de vie dysfonctionnent ? Si peu ! Et c'est d'abord cela la dérive civilisationnelle prétendue facile, qui en fait finit tout le contraire !!!
a écrit le 25/11/2019 à 13:28 :
Le problème c'est que les anywhere parlent essentiellement anglais, que c'est vécu à juste titre comme une invasion au sein des langues nationales.
Qu'ils fabriquent du nouveau vocabulaire à mesure de leur défrichage technologique, ils inventent de nouveaux concepts, ils sont la nomenklatura dominante. Une source majeur "d'enrichissement" du vocabulaire français depuis les années 60 dont les traductions sont souvent malheureuses, side effect donnant effet de bord par exemple au lieu d'effet secondaire...
Il faut bien comprendre ce qu'est le monde anglo-saxon, la somme de migrations d'européens d'abord initialement, anglais majoritairement mais aussi francais, allemands (von brawn le plus celebre) italiens, suedois(kelly johnson) et aussi émigrés d'europe de l'est dont beaucoup de juifs ashkhenaze ayant contribués à l'avance technologique des US, von neumann, oppenheimer, feynman, lancszos.
Aujourd'hui les travaux de recherche en anglais ont pour auteurs des asiatiques, des arabes, des iraniens, des indiens, des africains etc...
Le monde anglo saxon ce n'est pas que les US, ce sont les 5 eyes, canada, australie, uk bien sur, nouvelle zealand mais aussi l'Inde (1,4 milliards d'habitants, bon seule une partie de l'élite est anglophone mais ça donne un potentiel considérable)!

La France tente de réagir et c'est une bonne chose au travers de la francophonie en exportant ses "grandes" écoles mais les technologies de ces 70 dernières années sont issues presque exclusivement des US, la "littérature" technologique en atteste.
Quand vous êtes au mit, à standford, à Harvard ou berkeley vous êtes au coeur des lieux où ont été créés, inventées les technologies et leur vocabulaire...
En France nous avons affaire à une caverne dont le MIT par ses lumières éclaire en ombres chinoises (sic) les emprunts fort nombreux à la source d'origine.
Le MIT et la caverne... ahahah !

Qui sait que le PLAN de de Gaulle, le ghost plan, était un cadre de transfert technologique (espionnage) majeur à l'origine de l'industrie des trentes glorieuses ?
Réponse de le 25/11/2019 à 15:55 :
pertinent et intéressant. Car effectivement le monde anglo saxon a aspiré par les technos le devenir actuel.

Pour autant en France, avec une telle reproduction sociale, ce ne sont plus des constructeurs, mais des jouisseurs, c'est pourquoi le problème va être plus épineux que nous pouvons l'imaginer.

Quant aux grandes écoles, si l'on constate les résultats politique économique et social en France, disons que le résultat permet d'en avoir une idée.

Pour autant les outils étaient la, en particulier car cela avait été réfléchi, c'est pourquoi il y avait de gros groupes pour décliner par la suite des technologies. (par deux fois j'y étais, et ce que j'en ai vu, est que l'impotence de compétence est maxima, puisque tout est question de reproduction sociale.

Alors heureusement que l'état français avec les impôts de ceux ci cache la misère, mais je pense que dans la décade a venir cela va se voir.

Ce qui compte en France est le statut, pas le savoir, c'est pourquoi du fait la caducité du système parlera d'autant plus fortement!

Mais je trouve ton analyse pertinent et intéressante !
a écrit le 25/11/2019 à 11:20 :
LE problème de la "bipolarisation" générée des phénomènes c'est qu'ils ne peuvent être que faux au sein d'une réalité comportant plus de 7 milliards d'entités différentes les unes des autres.

Il convient plutôt d'y voir une énième stratégie oligarchique afin de tordre une nouvelle fois de plus le langage parce que de les opposer au travail, le fameux travail contre capital les plaçait dans une situation au final de plus en plus humiliante et pour cause, ils commençaient à être obligés de se regarder dans une glace non mais vous imaginez !?

DE s'identifier au terme approximatif des "anywhere" leur donne une image bien plus sympathique, moderne, progressiste, que l'image du capital, surtout à l'air d'internet dans lequel tout le monde sait tout, qui a tué le travail, la planète et commençant à s'attaquer sérieusement à l'humanité.

LE problème au final n'est pas tant les mégas riches aliénés par définition, que leurs sous fifres qui ont intérêt à cette aliénation enfilant les perles les unes derrières les autres afin que rien ne bouge, afin que leur statut de privilégiés perdure sans exposer que ces privilégiés deviennent logiquement d'énormes parasites que la classe productrice ne peut plus entretenir.

"Tu veux te décupler ? Tu veux te centupler ? Cherches des zéros" Nietzsche
Réponse de le 25/11/2019 à 16:00 :
la aussi l'analyse est bonne!

Les sous fifres sont justement l'un des éléments qui permet de constater la décorrélation avec la réalité économique.
Ces mêmes sous fifres, n'ont que le statut, et c'est pourquoi un moment donné la vacuité économique sera tellement forte qu'elle obligera a regarder plus précisément ou se trouve le problème !

D'un point de vue de l'idéologie identitaire actuellement aussi, qui est trans courant, laissant la population devant les plus bas instincts, espérant qu'ils (les gens) ne s’apercevrons pas qu'ils ont des impotents au pouvoir, si en fait les gens commencent a en avoir conscience, donc la décorrélation de ceux qui possèdent le capital, le sera d'autant plus qu'ils n'ont plus les qualités a minima permettant de leurrer les gens, et internet permet une conscience encore plus importante!
Réponse de le 25/11/2019 à 16:31 :
Surtout si on y ajoute le fait du déclin de nos puissances financières européennes, ce que notre trop vieille oligarchie ne comprend pas c'est que les américains, l’État profond américain s’appuiera toujours plus sur les peuples des autres pays du monde que sur leurs dirigeants, en dernier recours, toujours et c'est logique car cachant ce qui est important, la classe productrice et certainement pas ses sangsues.

Regardez avec quelle maîtrise Trump s'est adressé au monde pour parler de l'Iran "le grand peuple iranien", même notre président taclé par la vulgarité calculée de Bolsonaro a prit à parti le peuple brésilien, mais voilà, Trump lui le pense réellement, il sait qu'au final l'important c'est le peuple, les dirigeants n'étant qu'une poignée d'imbéciles bien souvent, là aussi faut voir l'engin qu'ils ont mit à la tête de la Bolivie quand même hein, fallait oser alors que pour Macron ce n'était qu'un élément de langage.

Entre ces deux attitudes opposées affichées à l'égard des peuples du monde se trouve le fossé abyssale entre la puissante Amérique et la minable union européenne.
Réponse de le 25/11/2019 à 19:57 :
Réponse a Citoyen Blasé

Disons que la force de la pensée anglo saxonne, se trouve aussi dans les mythes qu'ils ont construit. Sur la capacité intrinsèque du développement, ne serait ce que par son histoire. J'ai travaillé avec des américains souvent de différentes manières, même quand le type est raciste il sait reconnaître la qualité.

Du coup la mobilité crée les conditions du réel, de l’opérationnalité. Du fait du pragmatique, "learning by doing" qui est pour le coup un principe inexistant pour le format des élites que nous avons.

Ceux ci actuellement ont la logique du chef, du sauveur aussi, ce qui pour le coup donne un pouvoir économique politique et social trop important.

Parlant plusieurs langues, j'ai pu constater aussi sur les concepts sociétaux, comme c'est le cas en Scandinavie la loi de jante, permet une circulation des idées et des concepts. Cela met l'idée en avant, mais pas l'individu qui le porte.

Cela change a présent avec la mondialisation, mais néanmoins ces concepts, comme ceux du management en France est rétrograde, puisqu'il n'y a pas de corrélation entre la réalisation et l'évolution.

Donc pas de visionnaire....

Tout se tient. Si l'on ajoute l'endogamie entre la haute fonction publique et les grandes entreprises (qui dans la structure économique du pays) est clef puisque fonctionnant sur l'existant de ce que le choix politique d'avoir de grands donneurs d'ordres, plutôt qu'un réseau de pme comme en Italie, et ailleurs j'imagine (l'allemagne of course) positionne donc la synergie du projet autant que les moyens nécessaire.

Tout cela en travaillant dans le monde, j'ai pu constater qu'il est question d'approcher la qualité des gens et non simplement le statut.

Il est évident que l'appropriation du pouvoir par la déclinaison de la construction bonapartiste " de l'élite" est disons si je regarde ma vision du monde, d'une obsolescence extraordinaire et extravagante au vue des défis.

Lorsqu'il y a des start up qui s'ouvre pour par exemple capter les idées des gens, c'est bien que le retard est a mon avis comme le regard que je portais en 1996 au Danemark sur la question informatique en France.....

Alors comprendre les enjeux, c'est aussi savoir décodé les logiques de chaque éléments que vous avez pour formuler un diagnostique.

J'ai appliqué un management type scandinave dans une entreprise techno, a croissance tellement rapide, avec tout les prix de l'économie, cela m'a permit donc de voir que cela fonctionne.

Ceci dit, le manager est aussi celui qui guide, préalable de la culture du nord, donc qui assume.

Et comme je le pense, la formalisation administrative empêchant l'émergence du bon sens et de l'acceptation de la responsabilité dans le système que nous avons.

Les seuls endroits dans lesquels la concurrence mondialisé n'existe que peu ou pas, sont aussi ceux qui décident des lois.

Je me souviens a l'époque ou la France détenait les clefs des télécoms avoir eu a construire dans l'idée d'un grand pôle linguistique, technique (avec les personnes y compris) et en entrant dans la salle, je vois deux gosses qui font tournée une chaise dans la salle ou l'un d'eux était dessus.....

Pour dire qu'il y a selon plus que la critique, une hyper politisation des moyens sans consensus, en fonction du poids du lobby, et qui ne peut faire une économie éclairée.

Si l'on sait actuellement l'argent qui est mis pour financer les entreprises et les résultats!!!!!!

Souvent ce sont les plus grosses qui ont le plus, qui place leurs amis, ou la question judiciaire est finalement relative, (mise en examen en poste) corruption généralisé (cela fait presque 10 ans que nous avons un feuilleton ou même lorsque l'on croit que cela va s'arrêter, rebelote !).

Alors oui, je crois que le bug est le manque de fluidité, qui s'explique par la crise de représentation, le manque de consensus dans des choix clefs, des individus de plus en plus pervers narcissiques, décidant seuls, choissisant toute les personnes pour l'articulation d'une politique qui je le constate, n'a d'intérêt de transfert des richesses collectives vers les richesses individuelles.

Du coup d'un point de vue économique, le fait de laisser tant de pouvoir a un personne, voter pour quelqu'un dont on ne peut pas dire avoir vu des choses concrètes, sinon des contraintes réelles.

Et tout cela sont des choix qu'il n'assume pas. Venant vers ceux qu'il a retourné (comme a whirpool) avec une morgue et une posture de CEO.

Mais le pays n'étant pas une entreprise, je crois qu il y a confusion.

Son DRH sabre les conditions de vie des plus précaires, et ce que nous pouvons constater est juste l'application d'une politique ultra libérale, la fin de l'état providence, sans aucune fois assumer.

Le propre d'un représentant, lorsqu'il est représentant d'un pays, se doit d'avoir pour respect sa parole.

Le problème du système c'est qu'il fabrique des individus tellement similaire dans l'idée du pouvoir, du pouvoir sans actes préalables, qu'il est possible avec l'appuie des médias de construire littéralement des cheminements et des constructions se révélant risible sur la posture, la compréhension des choses et donc de la violence verbale, sociale et politique mené actuellement.

Du fait même du système, la logique économique qu'il tente de produire ne peut pas se produire autrement que dans l'affrontement des catégories sociales.

Car expliquer ces actes dans une politiques, encore ce soir les déclarations de richard ferrand, dit devant quoi nous sommes.

Le problème sera plus économique que politique dans les temps a venir, même si cela ne se constate pas actuellement.

Changer un système, il faut avoir l'aval des citoyens a minima.

Ils ne sont plus devant ça, mais surtout l'endogamie est a mon avis plus dangereuse, car le système des liens entre écoles, groupes multinationaux et reproduction sociale a fabriqué (avec notre argent) les conditions de ce qui est actuellement de l'ordre de la pure monarchie.

Du coup si la reine d’Angleterre n'a pas accès a la question économique, c'est qu'il y a une raison.

Sinon, pour en revenir a la question du dysfonctionnement, elle l'est autant que les choix économiques faits sans maîtrise aucune de l'environnement international, car supposé ou non, le fait du commerce extérieur confirme aussi non pas le manque d'idées, mais l'incapacité a fluidifier le système économique et donc de l'évolution des personnes en fonction de leurs actions.

Le statut et la compet pour le statut tue la vision, car elle se limite au dit statut, donc pas de vision pas de sens dans le temps que l'endogamie est effectivement un signe dans tout les cas que des choses vont sans doute se passer dans les temps a venir.

Je pense que les gens en ont confiance, qu'il y a un bug a ce niveau la.

Attendons d'ici peu nous pourrons avoir une idée de la chose, car le principe de la culture que nous partageons, c'est que celle ci est une culture de constat!

Et la, c'est tout bénef pour le statut et non l'action .....
Réponse de le 26/11/2019 à 9:24 :
Remarque d'abord sur la forme, beaucoup de bonnes idées mais de grâce essayez de les réunir par paquets homogènes afin d'en rendre la lecture plus aisée, alors cela peut-être une stratégie pour repousser les trolls, il est évident que cela ne peut que les effrayer, maintenant je vous garantis que toutes ces idées dispersées, même si elle sont bonnes, c'est franchement pénible à lire.

Je ne vais pas tout reprendre il faudrait que je sois payé à cela sinon mais: "et ce que nous pouvons constater est juste l'application d'une politique ultra libérale,"

Nous ne sommes pas en libéralisme et encore moins en ultra libéralisme qui impliquerait une disparition totale de l'Etat, or vous-mêmes l'avez relevé dans ce commentaire, l'Etat est le partenaire des mégas riches, en véritable libéralisme les mégas riches seraient obligés de se concurrencer entre eux, de s'exposer leur imposerait d'être le plus séduisant possible envers les classes productrices afin d'en attirer les meilleurs éléments or l'ETat nous déforme pour que nous obéissions aux mégas riches.

Nous sommes en néolibéralisme selon al définition parfaite qu'en a fait Bourdieu, à savoir les politiciens nationaux partenaires des mégas riches, à savoir la fonction publique sensée nous protéger ne fait que nous rabaisser afin que nous rentrions dans les conditins d'exploitations de plus en plus draconniennes, car gens en manque de plus en plus d'idée, aux délirés des actionnaires milliardaires.

Si vous ajoutez cette vérité à votre analyse cela la modifierait en de ombreux points sans en enlever la véracité dans son ensemble.

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