Pour un New Deal entre PME, ETI et grands groupes

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TRIBUNE. Face à la crise du Covid-19, les PME et ETI industrielles ont su s’adapter rapidement aux besoins et apporter des solutions aux grands groupes industriels. Aujourd’hui, ces entreprises, dont le système est agile mais fragile, doivent être accompagnées et aidées en priorité. (*) Par 82 chefs d'entreprise membres de "La French Fab", un label créé par Bruno Le Maire avec Bpifrance en 2017, et de la Fédération des Industries Mécaniques.

Pendant la crise du Covid-19, les PME et ETI industrielles françaises de la French Fab ont su réorienter leurs lignes de production vers les biens stratégiques et les équipements sanitaires nécessaires aux Français. Elles ont également inventé de nouvelles formes de solidarités locales.

Cependant, la période qui s'annonce est beaucoup plus complexe. Les PME et ETI industrielles qui offrent des solutions aux grands groupes industriels sont particulièrement exposées. Ces entreprises constituent les bataillons de la recherche et développement et contribuent fortement à l'équilibre de la balance commerciale française. Selon la Fédération des Industries Mécaniques, ces PME et ETI représentent 30 000 entreprises et 616 000 salariés (1er employeur industriel de France), il est indispensable de les préserver en priorité.

Flécher uniquement l'accompagnement et les aides publiques vers les grands groupes industriels serait une erreur. Le renforcement des filières industrielles dites « verticales » - indispensable pour relocaliser les activités économiques stratégiques du pays - doit être accompagné d'une politique industrielle horizontale transectorielle.

Sans cela, les grands groupes industriels clients seront tentés de répercuter la pression qu'ils subissent sur leurs fournisseurs. Ils pourraient ainsi, sous couvert d'une baisse de prix pour le consommateur final, faire supporter les hausses de coûts à ces PME déjà fragilisées.

La crise du Covid-19 a déplacé les curseurs et nourrit les aspirations à consommer plus local, plus durable, plus responsable. Il faut aujourd'hui en tenir compte. Dans cette période inédite, la réponse est sous nos yeux : il suffit d'observer les PME et les ETI, pourvoyeurs d'emplois durables au cœur des territoires pour comprendre que la solution passe par un maillage plus étroit entre ces dernières et les grands groupes. Il y a de nombreuses propositions pour le monde d'après, la nôtre est une solution de bon sens et de long terme pour rendre ce maillage industriel plus fertile et plus résilient.

"Travailler ensemble - PME, ETI et grands groupes - vers plus de local et d'emplois non-délocalisables"

Ce New Deal pourrait s'incarner au travers de 3 engagements forts. D'abord, faire évoluer la conception de la Responsabilité Sociale et Environnementale, pour en faire non plus un choix variable et flou de critères émis par les entreprises, mais un indicateur RSE « aller-retour » qui intègre la nature du lien avec les sous-traitants et la manière dont les entreprises stimulent et soutiennent leur écosystème. Une notation par une plateforme indépendante permettrait par exemple à la fois d'objectiver le lien et d'aider les grands groupes à piloter l'intégration de leur chaîne de valeur.

Ensuite, mettre en œuvre une politique d'achat responsable qui garantit une part d'achat à l'échelle locale, et respecter davantage les délais de paiement. Les PME et ETI industrielles doivent être des partenaires des grands groupes. Au plus près des territoires, des consommateurs, des comportements et des usages, elles sont capables d'agilité et peuvent rapidement créer des alliances.

Enfin, anticiper et travailler ensemble - PME, ETI et grands groupes - les grands changements d'opinion vers plus de local et plus d'emplois non-délocalisables et l'évolution de la réglementation comme l'instauration d'une taxe carbone aux frontières. Il est temps de poser la question de la relocalisation des chaînes de production des grands groupes en France et en Europe. La crise du Covid-19 nous a prouvé le caractère stratégique de la logistique et de la capacité à produire vite, localement et avec de hauts standards de qualité et en respectant la réglementation française et européenne.

Nous sommes convaincus qu'un New Deal entre PME et grands groupes industriels est inscrit dans l'ADN du monde de demain. Il est temps de reprendre la maîtrise d'un destin commun français.

Les signataires : dirigeants de PME et ETI de la French Fab et de la FIM (Fédération des Industries Mécaniques)

Céline BOURDIN, GROUPE CGMP

Erwan COATEANA, SODISTRA

Emmanuel COURAUD, VALANTUR

Guy CROZET, AMI

Laura FERRY, VD Industry

Stefan GHIRARDELLO, AMBIANCE BAIN

Céline GRIS, GRIS GROUP

Jean-Louis JARRY, VLAD

Yann JAUBERT, ALFI TECHNOLOGIES

Agnès JULLIAN, TECHNILUM

Etienne LÉA, CAPTELS

Philippe LHOSTE, ERELIA

Jean-Louis LOUVEL, PGS

Damien MARC, JPB SYSTÈME

Nicolas MASSON, RBL PLASTIQUES

Corinne MOLINA, MADER

Yves NOIROT, FONDERIES DE SOUGLAND

Laurent PELISSIER RAPINAT, ECM TECHNOLOGIE

Juliette FREUDIGIER, LOXOS

Gérard RUSSO, VENTANA

David SOULARD, MEUBLES GAUTIER

Alexandre SOUVIGNET, ALPHI

Philippe VÉRAN, UPPERSIDE

Bruno VOLAND, TRA-C INDUSTRIE

Sylvie GUINARD, THIMONNIER

Estelle Le Pape, MCA PROCESS

Rodolphe ROY, ATS

David SIMONNET, AXYNTIS

Vincent DAVID, SOPHIA CONSEIL

Hervé DE MAILLARD, MGA TECHNOLOGIES OCAPEX

Glen DESMOUSSEAUX, AMZAIR INDUSTRIE

Alexandre LACOUR, SOMEFLU

Christian CUREL, I2A

Jean-Marc BARKI, SEALOCK

François PFISTER, GROUPE PFISTER

Stéphane ANTONIOTTI CHROMELEC GROUPE ET INDUSTRIES

Eric AUMEUNIER MICRONICS SYSTEMS

Romain BIHAN SOEXOU

Serge BRIGOT GRAINDORGE

Jean CASTILLON BOUZINAC

Jean-Marc CATTENOT COEURDOR-SURFACES SYNERGIE

Michel CHAPPAT DPM

Jean-Michel CHARPENTIER EUROPA

Yves CHASSINT CHASSINT PEINTURE

Jean-Christophe COLLIN PROTEC GROUPE

Bertrand COUSTILLET SOMEDEC

Christophe DOUGE DOUGE FORMATION CONSEIL

Philippe DUCHATEL ACORE INDUSTRIE

Philippe FEREDY PROTEXSUR

Jonathan FHIMA MITHIEUX

François FRENEAT EVOSENS

Jean-François GOUJON REM / BAUDOIN THILLIEN

Yann GOURVIL TECAL VERBRUGGE

Carole GRATZMULLER ETNA INDUSTRIE

Jean-Marc GUIBERT PEME GOURDIN

Stéphane GUILLOTIN RABAS PROTEC

Denis HOCHEDE COMTOISE DE TRAITEMENTS DE SURFACES

Didier JEHANNO AEGIS PLATING SOLUTIONS

Luc LEBEAU ANGOULÊME TRAITEMENT DE SURFACES

Jean-Eric LOUBERT DECORAL / GIT

Nicolas LUMPE Groupe LUSSAULT-MECARIA USINAGE

Guy MARBAISE AQUANDI

Johanna MARGUERITTE Groupe MORET INDUSTRIES (filiales françaises MAGUIN, PROMILL, FAPMO et FONDERIES DE MARLY)

Philippe MARILLAUD VOTAT

Thierry MATHIEU CARLISLE FLUID TECHNOLOGIES

Jean-François MEYER GROUPE CALIFIL

Patrick MICHELETTI CHARTON DECOUPAGE / ETS FOURNIE / HPMi /

INJECTION PLASTIQUE SERVICE / RESSORT SERVICE / SOFABEX

Florent MONIER THERMI LYON

Denis MORICE ELECTROPOLI

Axel NEGRE BERTIN AUBERT

Noëmie PICARD DBP MAYET

Bertrand PICARD SATEC

Didier RAVANAT RAVANAT CHAUDRONNERIE

Hadi REMITA FRANCE FIL INTERNATIONAL

Denis SCHNOEBELEN MANTION

Dominique SENTAGNES L'ELECTROLYSE

Serge VANDROUX DECOLLETAGE MOTTIER

Laurent VILLARD VILLARD

Miguel WAXIN APS COATING SOLUTIONS

Gilles WIDAWSKI OERLIKON France

Henri MOREL, Président du groupe SFPI (et président de la Fédération des Industries Mécaniques)

Lire aussi : RSE : la science au service de l'entreprise

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Commentaires
a écrit le 22/06/2020 à 15:42 :
C'est le secret des entreprises vendéennes, normal culture commune, école collège lycée université privée, ça laisse de bons reflexes mais c'est non réplicable je pense.

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