Pour une ville propre, faisons le pari d’une ville zéro déchet

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(Crédits : Philippe Wojazer)
[OPINION] Le candidat écologiste à la mairie de Paris, David Belliard, propose une tarification incitative sur les déchets en lieu et place de la taxe d'enlèvement sur les ordures ménagères. Co-signée par Antoinette Guhl, adjointe à la maire de Paris en charge de l’économie circulaire et candidate écologiste Paris 20 : Maël Coutand, militant Zéro Déchet ; Léa Vasa, adjointe à la maire du 10ème arrondissement en charge de l'économie sociale et solidaire, candidate écologiste Paris 10.

Au retour des courses, qui n'a jamais passé plusieurs minutes à déballer ses produits, pour jeter directement cartons et plastiques ? Résultat des courses, la multitude d'emballages et de suremballages fait déborder nos poubelles que l'on s'empresse de descendre pour alors faire déborder les conteneurs en pied d'immeuble... 

Et où finissent nos poubelles ? Dans l'air que nous respirons, sous forme de particules fines après avoir été incinérées, dans l'agglomérat de micro-billes plastique dans l'océan Pacifique formant un nouveau continent de déchets ou dans les grandes décharges à ciel ouvert en Chine, en Malaisie, en Indonésie et aux Philippines.

Permettre aux objets d'avoir une seconde vie

Le cercle vicieux du tout consommable, du tout jetable est bien rodé. Mais si nous voulons répondre à l'urgence climatique et la nécessité de préserver notre environnement, il va falloir changer. Comme bien souvent, les solutions, nous les avons déjà.

Question déchet, tout ne commence pas en bas de chez nous, dans les poubelles de nos immeubles. Problème d'envergure nationale voire internationale, la gestion de nos emballages est (encore) débattue en ce moment au Parlement avec la nouvelle loi sur l'économie circulaire.

La nécessité est de réduire drastiquement les déchets à la source et de permettre aux objets d'avoir une seconde vie. Pourtant, le gouvernement commence déjà à reculer sur le retour de la consigne, tant sur la consigne pour réemploi des bouteilles en verre que sur la consigne pour recyclage des bouteilles en plastique - d'autant que s'assurer du bon recyclage du plastique, plutôt que de sa suppression, n'était déjà pas très ambitieux...

Le meilleur déchet est celui qu'on ne produit pas

A Paris, même combat : les politiques publiques se succèdent, tentant année après année, campagne électorale après campagne électorale, de rendre les rues de Paris plus propres. Mais la question de la propreté n'est que l'arbre qui cache la forêt. Elle ne réside pas simplement dans la maîtrise technique d'une nuisance dont la solution serait la mise en place de poubelles toujours plus grandes, toujours plus compactantes. Elle doit passer avant tout par la limitation drastique des déchets que nous produisons.

Nous devons nous attaquer au cœur du problème : à la quantité de déchets que nous produisons, qu'ils finissent dans le caniveau, dans les poubelles de rue ou dans nos containers domestiques. Il est urgent de proposer une toute autre logique. Ne parlons plus seulement d'un problème de propreté, qui est localisé, parlons concrètement d'un problème de production de déchets, qui est bien plus global. En conséquence, soyons audacieux et fixons pour Paris l'objectif de devenir un territoire zéro déchet.

Le meilleur déchet est celui qu'on ne produit pas. Nous voulons dire très clairement que le recyclage est indispensable, mais qu'il ne nous sauvera pas. Tout ce qu'il nous reste à penser avant l'étape du tri est une opportunité pour questionner nos modes de vie et de consommation, interroger les produits que nous achetons, poser la question du gaspillage et évaluer nos besoins réels, pour enfin guider notre action publique d'ensemble.

Connaître la quantité de déchets et combien coûte ce service

Pour répondre à cet objectif, il est nécessaire de mettre en place une mesure d'accompagnement qui révolutionnera l'approche culturelle de nos déchets : une tarification incitative, qui remplacera la taxe d'enlèvement sur les ordures ménagères. Celle-ci est aujourd'hui socialement injuste - les pauvres comme les riches s'acquittent du même montant forfaitaire alors que ces derniers polluent davantage - et elle n'incite pas à réduire nos déchets. La nouvelle tarification permettra à celles et ceux qui jettent moins, de payer moins.

L'Ademe, qui accompagne depuis des années des communes françaises de toutes tailles dans la mise en place de la tarification incitative, indique d'ailleurs très clairement les performances d'une telle mesure : elle conduit en moyenne à réduire de 41% la quantité d'ordures ménagères et à augmenter de 40% la collecte des biens à recycler.

Le pouvoir pédagogique de cette mesure est tel que dans les villes où le dispositif est mis en place, les comportements des usager·e·s commencent à changer dès l'année précédant l'entrée en vigueur de la tarification incitative. En permettant aux citoyen·ne·s de connaître la quantité de déchets qu'ils produisent et combien leur coûte ce service, la tarification incitative sera un instrument puissant et incontournable pour conduire les Parisiennes et les Parisiens à s'emparer de toutes les solutions qu'il est par ailleurs nécessaire de mettre en place pour les accompagner dans la réduction de leurs déchets.

Animation du tissu économique

Il existe aujourd'hui de nombreux exemples de villes qui ont mis en place cette mesure comme Grenoble ou Besançon en France ou encore San Francisco, Munich ou Parme au niveau international. Si d'autres l'ont fait, Paris peut le faire. Cette mesure est un acte concret pour préserver notre environnement et les ressources de la planète.

Se fixer l'objectif ambitieux du zéro déchet, c'est s'inscrire dans une dynamique de long terme, grâce à des solutions qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs (mise en place d'un service municipal de consigne, distribution de couches lavables aux nouveaux parents, organisation d'un vrai plan de compost de proximité, généralisation du tri à la source dans les espaces et bâtiments publics, développement des ressourceries, création de magasins en vrac, etc.).

De nombreuses autres alternatives restent à inventer avec les citoyennes et citoyens pour répondre aux problématiques parisiennes. Elles déborderont bien au-delà du seul champ de la propreté, auront un impact social et solidaire, animeront le tissu économique, seront créatrices d'emplois et seront sources d'économies, tant pour les Parisien·ne·s que pour la Ville de Paris.

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Commentaires
a écrit le 02/12/2019 à 9:39 :
Quelle bonne idée, ça manquait justement de décharge sauvage dans la nature :)
a écrit le 02/12/2019 à 0:37 :
Une ville c'est comme une porcherie industrielle. Plus c'est concentré, moins c'est écologique.

Le premier acte écologique serait de renvoyer la moitié des urbains en campagne avec un jardin, un composteur, des magasins de proximité et des transports collectifs vers les gares.
En habitat collectif il est impossible d'auto produire une part significative de son électricité, de récupérer l'eau de pluie, de produire une partie de ses fruits et ses légumes, de composter la moitié de ses déchets et de se chauffer à la biomasse.
a écrit le 01/12/2019 à 19:29 :
"Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots"
...de la salive, de l'encre, du papier, du temps dépensé en pure perte.
Et peut être qu'en bonus, on aura droit à un petit impôt supplémentaire au nom de l'écologie. Culpabiliser ne suffit pas il faut aussi qu'on paye.
a écrit le 01/12/2019 à 18:46 :
Non, commençons par élire un vrai maire à la place de la stupide incompétente et démagogue actuelle.
a écrit le 01/12/2019 à 11:53 :
Oui quand l'écologie est commentée par des écologistes en coton-tige qui gèrent le pays avec les socialistes en coton-tige également depuis des années on ne peut avoir que ce qu'on a .Faire croire que facturer au poids les déchets fera des rues plus propres c'est faire croire que les déchets jetés dans la rue sont gérés et plus le poids des ordures sera élevé plus elles seront jetées dans les rues et dans la nature..
a écrit le 01/12/2019 à 9:54 :
Si je ne peux pas me passer de la réponse débile, et vous le voyez très bien hein, un gamis n de 5 ans le verrait d'ailleurs, du peine à penser vous virez mon commentaire de base vous ne le volez pas
a écrit le 01/12/2019 à 6:31 :
J'ai acheté récemment deux tomates chez Monoprix.
J'ai posé les tomates sur la balance pour que le "peseur" colle l'étiquette avec le prix. Le gars a voulu les mettre dans un sac. Je lui ai dit que c'était pas la peine pour deux tomates. On m'a répondu que c'était pas autorisé...
Réponse de le 02/12/2019 à 0:50 :
Les balances sont tarées pour déduire le poids du sac et l'étiquette vaut pour le contenu du sac.
J'imagine qu'ils ont peur de ceux qui péseront 12 tomates mais en mettront 12 dans leur cabas.

Pour terminer, il est possible qu'il y ait un enjeu sanitaire. Pour ma part, je ne mettrait pas volontiers mes tomates directement dans mon cabas sans sac plastique ou papier. Elles risqueraient de tout tacher en cas d'écrasement.

Mon fournisseur de primeurs a tenté les sacs en papier avec une fenêtre en cellophane. Il est vite revenu à des sachets plastiques recyclables. On voyait mal le contenu des sachets (le pesage se fait en caisse), on ne pouvait pas les nouer et ce n'était pas étanche.
a écrit le 30/11/2019 à 11:33 :
Ils sont formidables ces écolos alors que cela va faire près de vingt ans qu'ils cogérent avec les socialistes et les communistes la ville de Paris, ils débarquent telles des vierges avec leur programme sur les déchets alors qu'ils ont été incapables de ramasser ceux qui jonchent les rues de la capitale.
a écrit le 30/11/2019 à 9:44 :
Bonjour

A cause des lobbys politiques et financiers, vous osez pas «  supprimer le plastique « 
La planète entière sait que le contenant «  verre » est plus sain et pour la conservation et pour la santé humaine .
Le verre date de l’époque de Mésopotamie ...

Le «  plastique est nocif » l’environnement et pour les vivants ( tous les vivants)
1) ne pas l’interdire mais rendre un usage « infini »
2) favoriser le contenant verre et couvercle plastique
3) se concentrer comment on peut vendre des produits sans plastique et avec des emballages qui produit le moins de déchet
4) cette action est valable pour toutes les villes du monde .
5) imposer aux promoteurs l’installation des «  trieurs «  réglementés par la commission internationale de l’écologie sinon mettre en place des «  amendes « 

Cordialement
Bon week-end à tous& toutes
a écrit le 30/11/2019 à 9:00 :
Vous attendez naïvement que les gens fassent ce que la classe dirigeante ne veut pas faire, sauver la planète et son humanité, c'est perdu d'avance, la classe productrice ayant encore moins de libre arbitre que la classe dirigeante.

"La notion de libre arbitre a été inventée par les classes dirigeantes" Nietzsche

Il serait bien plus efficace de dénoncer cette immobilisme des décideurs politiques et économiques mais bon c'est sûr on ne vous entendra plus du coup puisque celle ci possédant tous les capitaux et outils de production, dont les médias.

Le salut ne viendra pas de ce fait des médias classiques, propriétés des pollueurs et de leur armée de sous fifres serviles et qui ne veulent pas arrêter de polluer., ni de 85% d'internet à leur botte également.

Le déclin c'est encore plus long vers la fin.
Réponse de le 30/11/2019 à 18:58 :
@ multimseudos: tu ne comprends pas cette phrase de Nietzsche ou tu t'y opposes ?
Réponse de le 01/12/2019 à 9:38 :
@ multipseueos: Tu ne comprends pas la citation de Nietzche ou carrément tu penses qu'il a tort ? Et si je ne peux pas répondre vous virez mon commentaire vous ne l'instrumentalisez pas !
Réponse de le 01/12/2019 à 9:56 :
@ multipseudos:

"l'attitude victimaire qui est à la base de tous nos problèmes"

Et tu peux nous expliquer en quoi exposer une injustice est la base de tous nos problèmes crétin ?
Réponse de le 01/12/2019 à 19:37 :
à multipseudos:

Oui voilà c'est bien mais même si tu fais le fou je te signale quand même... Tu devrais quand même penser à te reposer.

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