Redonner confiance en la marque France

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Jean-Marc Liduena, Senior Partner, Consumer & Industrial Products Leader, Monitor Deloitte.
Jean-Marc Liduena, Senior Partner, Consumer & Industrial Products Leader, Monitor Deloitte. (Crédits : DR)
Depuis sa modeste 22ème place des nations industrielles perçues comme les plus compétitives au niveau mondial, la France pourrait glisser à la 26e position d'ici à 2020, loin derrière la Chine et les Etats-Unis. Mais il est encore possible de réagir! Par Jean-Marc Liduena, Senior Partner, Consumer & Industrial Products Leader, Monitor Deloitte.

Depuis sa modeste 22e place des nations industrielles perçues comme les plus compétitives au niveau mondial, la France pourrait glisser à la 26e position d'ici à 2020, loin derrière la Chine et les Etats-Unis. C'est ce qui ressort de l'étude Deloitte Global Manufacturing Competitiveness Index([1]), menée auprès de 550 dirigeants dans le monde, interrogés sur la compétitivité industrielle de 40 pays.

Dans les faits, de nombreux signaux indiquent que notre pays doit impérativement se remobiliser par rapport à la concurrence internationale.

La France pèse encore

Les indicateurs macroéconomiques tout d'abord : dette publique, taux de chômage, déficit restent à des niveaux trop élevés... Mais c'est aussi la place de la France sur la scène internationale qui pose question : à titre d'exemple, dans l'enseignement supérieur, 17 établissements français sont classés en 2016 parmi les 400 premiers mondiaux (contre 20 en 2015 selon un classement réalisé par Quacquarelli Symonds), tandis que seules 4 entreprises parmi les 100 plus importantes capitalisations boursières mondiales sont françaises aujourd'hui (contre 7 en 2009).

Pourtant, la France continue de peser sur l'échiquier. Sixième économie mondiale, quatrième dans le domaine des services ; Septième économie mondiale en termes de productivité horaire du travail, elle dispose de ressources humaines hautement qualifiées, reconnues et recherchées internationalement. Terre d'innovation, elle se tient au sixième rang mondial en matière de dépenses R&D et son expertise dans des secteurs tels que les infrastructures, le luxe, l'énergie, les transports, la finance, la tech n'est plus à démontrer.

 Autant de raisons pour croire en son potentiel...autant de raisons pour repenser la place de la France et de ses entreprises en 2017.

 Les dirigeants en sont bien conscients, cela passera par un retour à une croissance pérenne, via un effort urgent de compétitivité et d'agilité, via l'innovation et l'adoption de nouvelles technologies : c'est un triptyque Innovation, Compétitivité et Talents qui fera la différence.

 L'enjeu de l'innovation

De fait, l'innovation constitue le tout premier enjeu stratégique identifié par les entreprises françaises (2). Réalisation d'acquisitions judicieuses, développement de l'innovation, attention accrue envers les clients et nouvelles stratégies prix pourront générer ce surplus de croissance.

Pour la financer, il faut cependant améliorer la capacité de financement et rétablir les marges, qui ont chuté de 32.4 % à 29.7% en dix ans selon l'Insee. Cela passe par des plans de compétitivité et d'efficience : réduction des coûts ; réinvention des processus et des organisations ; amélioration de la productivité et concentration sur des tâches à valeur ajoutée ; optimisation des dépenses marketing grâce aux nouvelles technologies... les leviers sont nombreux et largement connus. Leur bonne mise en œuvre est l'un des grands défis de demain pour les entreprises françaises.

Et c'est là où le retour à la croissance ne se fera pas sans l'homme et une véritable politique des talents, véritables moteurs du changement. Les entreprises doivent développer des méthodes innovantes de recrutement ainsi que de nouvelles stratégies RH pour retenir et développer leur capital humain. 45% des dirigeants indiquent qu'un projet de refonte de l'organisation est en cours dans leur entreprise, 92% affirmant d'ailleurs qu'il s'agit de l'enjeu RH le plus important. La culture d'entreprise et l'engagement des collaborateurs sont également clairement identifiés par les dirigeants comme des atouts concurrentiels (Etude Deloitte Global Human Capital Trends 2016). Les maitres mots de ce « redesign » de l'organisation : agilité ; flexibilité ; interdépendance ; équipes en réseaux ; centres de coordination et d'information au service de ces réseaux...

L'avenir s'écrit maintenant, les leviers sont nombreux...nous aurons l'occasion d'y revenir au cours des prochaines semaines.

 Jean-Marc Liduena

Senior Partner, Consumer & Industrial Products Leader, Monitor Deloitte

 [1] Etude 2016 Global Manufacturing Competitiveness Index : http://www2.deloitte.com/global/en/pages/manufacturing/articles/global-manufacturing-competitiveness-index.html

 (2) Selon un Baromètre Deloitte de la Compétitivité à paraître le 29 Septembre 2016.

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Commentaires
a écrit le 29/09/2016 à 7:52 :
Une première mesure devrait permettre de basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. Cela améliorerait la compétitivité des entreprises en réduisant les prix des produits hors énergie. C'est un point à étudier en priorité. Il faut au moins rétablir un équilibre avec les autres pays européens, en particulier la Suède et l'Allemagne.

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