Sortir la campagne de l'apesanteur

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(Crédits : DR)
Il faut dépasser les propositions des candidats à la primaire des Républicains, qui ne proposent que des vieilles solutions. Par François Vigne, chef d'entreprise, Président de La France en Marche, candidat à l'élection présidentielle

L'actualité est dense. Elle est dure. Les faits sont têtus et viennent aujourd'hui démentir bien des discours et des slogans.

 L'attaque de Viry-Châtillon vient de l'illustrer dramatiquement. La politique de la ville menée depuis 35 ans est un échec. L'Etat régalien est aujourd'hui en faillite dans les zones de non-droit, dont le Premier ministre refuse de reconnaître l'existence contre toute évidence. Il y a aujourd'hui urgence à reconquérir ces territoires et à y rétablir l'Etat. C'est une question de justice vis-à-vis de tous les citoyens qui y vivent et qui ont droit, eux-aussi, à la sécurité. C'est une question de cohésion nationale. C'est une question de sécurité aussi, car l'existence de ces territoires vides de loi facilite la menée des actions terroristes. C'est pour toutes ces raisons que la reconquête des zones de non droit est au coeur de mon programme.

 La politique du retour en arrière n'est pas la solution

Bruno Le Maire a proposé de revenir aux effectifs de police et de gendarmerie de 2007, considérant que la politique de baisse menée, sous la présidence Sarkozy, par le gouvernement Fillon auquel il appartenait, ainsi qu'Alain Juppé, était une erreur... Mais la politique du retour en arrière n'est pas la solution. Pour aller de l'avant, la bonne méthode est de déterminer les moyens humains, technologiques, et judiciaires aujourd'hui nécessaires pour reconquérir les zones de non droit, sans considération pour le passé, puis de dégager les ressources correspondantes dans les autres dépenses, non régaliennes, de l'Etat.

 Des commandes publiques pour redresser l'industrie?

La politique de la ville n'est pas seule à être en échec. La politique industrielle ne va pas mieux. L'annonce par Manuel Valls de la commande de 15 TGV pour répondre à la crise du site Alstom de Belfort en a été un nouvel acte de décès. Ce n'est pas avec des commandes publiques que l'on redressera l'industrie française, ni d'ailleurs avec le seul instrument fiscal. La publication simultanée du nouveau déficit extérieur français de 4,3 milliards d'euros en août et de l'excédent allemand de 22,2 milliards d'euros pour le même mois, comme celle de l'abaissement de la prévision de croissance française à 1,3% pour 2016 quand celle de la croissance allemande a été relevée à 1,8% démontrent en effet que la politique dite de «l'offre », en fait du CICE, menée par François Hollande depuis 2 ans ne suffit pas.

 Le travail crée le travail

Pour remettre la France en marche, il faut une politique beaucoup plus globale qui, de l'enseignement à la recherche en passant par l'apprentissage et des prélèvements obligatoires raisonnables assurera la compétitivité de l'industrie, et plus loin, de l'ensemble de l'économie nationale. Cela suppose de sortir des fausses idéologies et de la langue de bois. Le rapport du Conseil d'Orientation des Retraites publié récemment confirme que le report de l'âge de la retraite a un impact positif sur l'économie et sur l'emploi. Contrairement à ce qui a été trop longtemps prétendu en France, le travail ne tue pas le travail. Au contraire, il le crée.

Nous devons aussi tordre le coût aux fâcheuses habitudes adoptées depuis trop longtemps, en particulier sur le plan budgétaire. Depuis près d'un an, le robinet des promesses clientélistes est grand ouvert. Après les salariés Alstom de Belfort, c'est au tour des associations de bénéficier des largesses de Manuel Valls. Avec le nouveau crédit d'impôt annoncé vendredi, c'est un nouveau chèque de 600 millions que le Premier ministre vient de leur signer, à régler par les Français après 2017... Face à des situations nouvelles qu'ils ne savent pas régler, les vieux routiers de la politique continuent donc à appliquer ou à proposer des mesures qui ont fait la preuve de leur inefficacité.

 Primaire des Républicains: toujours les mêmes promesses

La primaire des Républicains donne le même sentiment d'apesanteur. On nous ressort maintenant, mot pour mot, les mêmes promesses qu'en 2012, 2007 ou 1995 ! Dans ces conditions, l'écart se creuse entre les vraies difficultés auxquelles sont confrontées les Français et les discours des sept candidats, les rendant de plus en plus inaudibles.

 Pour l'instant, la seule à en profiter vraiment est Marine Le Pen. D'après le dernier sondage publié la semaine dernière, 29% des Français en ont image positive. 10% en ont même un image très positive, record qu'elle partage avec Alain Juppé seulement. L'émission « Ambition intime » diffusée dimanche soir a donné d'elle une image très favorable. Si en plus, les journalistes s'y mettent...

La France ne doit pas rater, une nouvelle fois, son rendez-vous avec l'histoire. C'est le sens de mon combat et de tous ceux qui me soutiennent. Face à des politiciens professionnels qui peinent à se renouveler, la voie que je propose est celle de l'innovation, de l'action et de l'ambition. Certes, mon parcours ne fait pas de moi le candidat le plus conventionnel. Mais il me permet d'être le plus novateur et le plus libre.

 Un nouveau modèle social français

Contrairement à l'impression que véhicule la primaire des Républicains, l'enjeu de la prochaine présidentielle n'est pas seulement de changer de politique fiscale. Il est surtout de démontrer qu'une grande nation comme la nôtre, avec son histoire, avec sa culture et avec ses valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité est capable de s'affranchir des schémas d'hier, des vieux discours et des organisations dépassées pour s'adapter à la marche en avant du monde et même le guider, sans renoncer à elle-même, ni à ce qui fait son identité.

 Il ne s'agit pas de faire de la France un clone de l'Allemagne, où la pauvreté continue à progresser, ni des Etats-Unis, où les jeunes de 16-24 ans gagnent 11% de moins qu'en 1980 tout en travaillant plus. C'est au contraire parce que nous prendrons les moyens de bâtir ensemble un nouveau modèle français à la pointe de l'innovation politique, sociale, économique, technique et environnementale que nous permettrons à la France de repartir de l'avant et de rayonner de nouveau.

C'est mon ambition et celle que partagent les élus qui ont choisi de m'accorder leur soutien. Ils sont déjà 365, comme le nombre de jours de l'année... L'objectif est maintenant de franchir le cap des 500, avant qu'elle ne soit écoulée !

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a écrit le 18/10/2016 à 11:10 :
...de répartir les charges sociales sur le travail et sur la consommation d'énergie. Cela correspond à la réduction des prélèvements sur la production et de les reporter sur la consommation d'énergie. Cette idée correspond à celle de Jean Tirole pour la protection du climat, et à celle exprimée dans la note n°6 du CAE. Cette idée n'est pas encore exprimée pour la campagne présidentielle. C'est l'occasion de le proposer pour éventuellement jouer un role dans cette campagne. Bonne chance.
a écrit le 18/10/2016 à 11:00 :
M. Vigne pourrait avoir un role important s'in proposait de répartir
a écrit le 18/10/2016 à 11:00 :
M. Vigne pourrait avoir un role important s'in proposait de répartir
a écrit le 17/10/2016 à 15:03 :
"Il faut dépasser les propositions des candidats à la primaire des Républicains, qui ne proposent que des vieilles solutions."

ça va vous ne vous fixez pas un objectif difficile là hein étant donné que ce sont les candidats aux élections présidentielles qui sont déjà dépassées en eux-mêmes.

Il faut arrêter la professionnalisation de la politique qui ne fait que mettre sur le marché économique des serviteurs des marchés financiers. Et nous autres peuples forcément on a pas les moyens de rivaliser avec des multinationales ou des actionnaires milliardaires, on ne pourra jamais se les acheter.

Par contre je suggère d'essayer via un crowfunding sur internet à défaut d'être efficace cela devrait être marrant, vu que c'est tout ce qu'il nous reste, l'humour.

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