Fisher Investments Europe : Comportements et biais d’investissement

Chez Fisher Investments Europe, nous répétons souvent l’adage : « acheter au plus bas, vendre au plus haut ». À l'écoute de cette formule familière, on pourrait croire qu'il est simple de participer aux mouvements de hausse des marchés et d’éviter les pertes lors des phases baissières. Mais si l'investissement était aussi simple, il y aurait beaucoup plus d’investisseurs prospères. Dans les faits, la manœuvre peut s’avérer complexe et différentes barrières psychologiques sont susceptibles d’entraver la réussite des investisseurs.
(Crédits : DR)

Le Grand Humiliateur

Ken Fisher, Fondateur et Co-directeur des investissements de Fisher Investments, compare le marché actions à un escroc en le surnommant « le Grand Humiliateur », parce qu'il pousse souvent les investisseurs à prendre de mauvaises décisions. Pour lui, le Grand Humiliateur tend à punir ceux qui laissent leurs émotions guider leurs décisions d'investissement à court terme et à récompenser ceux qui font preuve de patience et de discipline sur le long terme.

Nous ne sommes pas entièrement responsables de ce besoin de prendre des décisions d'investissement basées sur des émotions, comme la peur ou la cupidité par exemple. En tant qu'êtres humains, nous sommes conditionnés pour chercher du réconfort lorsque les choses tournent mal. Nous avons aussi une tendance naturelle à nous retrousser les manches pour résoudre les problèmes quand ils se présentent. Cependant, l'histoire montre qu'en cas de volatilité baissière de vos investissements, la stratégie la plus judicieuse consiste parfois à ne rien faire du tout. Comprendre les tendances et les biais comportementaux en matière d'investissement peut nous aider à mieux investir à long terme. Dans cet article, Fisher Investments Europe expose quelques pièges psychologiques auxquels sont couramment confrontés les investisseurs et propose des conseils permettant d'éviter des erreurs coûteuses.

L'aversion myope aux pertes - « théorie des perspectives »

Chez Fisher Investments Europe, nous comprenons qu'il vous soit agréable de voir votre portefeuille s'étoffer et que cela vous donne un sentiment de sécurité. Inversement, un net repli de la performance de votre portefeuille est non seulement déplaisant, mais peut aussi susciter des inquiétudes semant la panique quant à votre future sécurité financière. Pourquoi cela ?

L'aversion myope aux pertes est le concept selon lequel une perte nous fait deux fois plus de mal qu'un gain de même ampleur nous fait de bien. En d'autres termes, notre cerveau nous amène à réagir de manière disproportionnée face aux pertes, ce qui peut pousser les investisseurs à prendre des décisions aux mauvais moments. Ils sont par exemple fréquemment tentés de vendre lors de brusques corrections des marchés dans le but de protéger leur portefeuille contre de nouvelles baisses. Les mouvements de ce type n'ont toutefois rien d'exceptionnel et finissent par être suivis de rebonds. Bien que vendre en phase de repli puisse apporter un certain soulagement dans l'immédiat, cela conduit à enregistrer des pertes et peut accroître la probabilité de rater des gains à l'occasion d'un rebond ultérieur.

Il est important de garder à l'esprit que les marchés actions sont souvent volatils à court terme. Les corrections - de fortes chutes temporaires comprises entre -10 % et -20 % - interviennent sur des marchés haussiers et tendent à être alimentées par le sentiment. Les fluctuations négatives d'un jour à l'autre nommées « replis » sont également tout à fait normales. Mais tout comme la volatilité baissière, les rebonds aussi sont fréquents et tendent à se produire rapidement - rendant toute tentative d'anticipation des mouvements du marché quasi impossible.

Fisher Investments Europe recommande d'adopter une approche à long terme. Les actions affichent un rendement annualisé d'environ 10 % mouvements baissiers inclus - une autre raison de garder la tête froide durant les phases de volatilité négative.[1] À souligner par ailleurs que la volatilité va dans les deux sens. De nombreux investisseurs ne voient aucun inconvénient à la volatilité haussière, mais sont catastrophés face à des pertes de même ampleur. L'aversion aux pertes est compréhensible. Mais ne laissez pas la peur des pertes compromettre vos objectifs financiers à long terme en lui permettant de guider vos décisions d'investissement.

Le « syndrome de la somme nulle »

Même si les investisseurs sont capables de résister à la tentation de vendre en phase baissière, ils restent confrontés à une autre barrière psychologique : le « syndrome de la somme nulle ». À la suite de fortes chutes et de rebonds consécutifs sur les marchés boursiers, vendre des actions après qu'elles ont récupéré leurs pertes donne un sentiment de bien-être. D'un point de vue comportemental, les êtres humains sont conditionnés pour considérer une vente au seuil de rentabilité comme inoffensive, voire positive. Mais vendre à un tel moment est synonyme de rendement nul - ou même négatif si l'on tient compte de l'inflation. La plupart des gens n'investissent pas dans l'espoir d'obtenir un rendement de 0 %. Fisher Investments Europe vous met donc au défi : pourquoi vous réjouir de vendre au seuil de rentabilité ?

La peur et les conséquences négatives d'un repli restent gravées dans votre mémoire, ce qui vous pousse à anticiper une rechute à court terme. En tant qu'êtres humains, vous manifestez une propension à pousser un soupir de soulagement en vendant dès lors que vous récupérez tout ou partie de vos pertes. Une telle vente est positive, non ? Vendre au point d'équilibre annule certes vos pertes antérieures. Mais cette stratégie anéantit également votre potentiel de gains futur - la principale raison pour laquelle vous investissez. À l'instant où vous vendez en phase de rebond, le Grand Humiliateur vous a déjà eu.

Biais de confirmation et de récence

On entend par biais de confirmation le fait de privilégier des informations qui confirment ce dont nous sommes déjà convaincus et d'ignorer celles qui ne correspondent pas. En tant qu'investisseurs, nous avons tendance à porter une attention particulière à tout signe attestant que nos décisions de placement sont appropriées, fermant peut-être les yeux sur des facteurs fondamentaux qui contredisent ce qui - nous nous en sommes persuadés - est la vérité.

Fisher Investments Europe sait que ce biais nous rend moins susceptibles de changer de cap lorsque c'est nécessaire. Notre cerveau continue à nous jouer des tours : nous voulons naturellement avoir raison quant aux décisions importantes. Cependant, une facette cruciale de l'investissement en actions consiste à reconnaître que l'on se trompe peut-être.

Le biais de récence, ou la tendance à accorder plus d'importance aux événements récents, peut guider le processus décisionnel d'un investisseur même si les événements récents sont atypiques. Prenons l'exemple de l'actuel marché baissier. Nombre d'investisseurs considèrent la multitude d'actualités négatives - guerre en Ukraine, forte inflation, durcissement de la politique monétaire, nouveaux confinements liés au COVID-19, etc. - comme un signe d'un repli à venir. Sous l'effet du biais de récence, ils laissent le dernier repli affecter leur capacité rationnelle de prise de décision plutôt que d'envisager une éventuelle reprise. Le biais de confirmation pourrait inciter les investisseurs pessimistes à ignorer les fondamentaux positifs qui se cachent derrière les gros titres et, ainsi, leur faire rater le début du rebond. Au vu de la durée de l'actuel repli et du climat d'investissement extrêmement morose, le marché se redressera probablement plus tôt que beaucoup peuvent l'imaginer aujourd'hui. L'évolution des marchés résulte de l'écart entre les attentes et la réalité. Comme les attentes sont au plus bas, les surprises haussières pourraient approcher à grands pas, à la faveur de fondamentaux économiques favorables sous-estimés.

Les biais de confirmation et de récence poussent également les investisseurs à oublier un principe de base concernant les actions, qui est qu'elles anticipent déjà toutes les informations bien connues. Fisher Investments Europe estime que les marchés actions intègrent les événements les plus probables entre 3 et 30 mois à l'avance. Les événements d'aujourd'hui et de demain sont vraisemblablement déjà reflétés dans les cours actuels des actions.

Permettre à l'actualité de dicter des décisions d'investissement pour l'avenir est une bien vaine entreprise. Il est important de tenir compte de ces barrières cognitives lors de la prise de décisions. Cherchez des preuves en toute objectivité et ne laissez pas les récents événements obscurcir votre vision à long terme.

Lutter contre les biais cognitifs

Afin de maîtriser vos biais cognitifs et de devenir un investisseur plus discipliné sur le long terme, plusieurs solutions s'offrent à vous. Éviter les articles de presse sensationnalistes empêche d'avoir à choisir entre fuir et faire face, une réaction que de nombreux investisseurs ont à la lecture de ces scénarios alarmistes. En lieu et place, essayez de collecter des informations issues de sources variées et offrant différentes perspectives pour « étouffer le bruit ». Pensez en outre à vous adonner à des loisirs qui vous empêchent de consulter votre téléphone en permanence ou vous éloignent de votre ordinateur. Une prise de décisions patiente et bien informée aboutit fréquemment à de meilleurs résultats qu'une opération en Bourse faite sous le coup de la panique. Et si vous pensez pouvoir tirer profit d'une conversation avec un tiers objectif, un conseiller expérimenté pourrait vous donner des perspectives afin de vous aider à naviguer sur des marchés difficiles. Fisher Investments Europe est là pour rappeler aux investisseurs - même si leur cerveau leur joue des tours - d'essayer de garder leur calme et de ne pas oublier que patience, discipline et quelques profondes inspirations sont les antidotes face au Grand Humiliateur.

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Fisher Investments Europe est le nom commercial utilisé par Fisher Investments Luxembourg, Sàrl en France (« Fisher Investments Europe »). Fisher Investments Luxembourg, Sàrl est une société à responsabilité limitée constituée au Luxembourg sous le numéro B228486 opérant également sous le nom Fisher Investments Europe (« Fisher Investments Europe »). Son siège social est sis à l'adresse suivante : K2 Building, Forte 1, 2a rue Albert Borschette, Troisième étage, L-1246 Luxembourg. Fisher Investments Europe est agréée en tant que société d'investissement par la Commission de Surveillance du Secteur Financier (« CSSF ») et en tant qu'intermédiaire en assurance auprès du Commissariat aux Assurances (« CAA ») et de l'ORIAS (sous le numéro 2020CM004). La succursale française de Fisher Investments Europe est immatriculée au Registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 853 467 207. S'agissant de ses services de gestion de portefeuille discrétionnaire, Fisher Investments Europe externalise à ses sociétés apparentées une partie des fonctions quotidiennes de gestion de portefeuille, de conseil en investissement et de trading.

Ce document reflète les opinions générales de Fisher Investments Europe et ne doit pas être considéré comme une recommandation personnalisée ou comme un reflet de la performance obtenue par ses clients. Rien ne garantit que Fisher Investments Europe maintiendra ces opinions, qui sont susceptibles de changer à tout moment si de nouvelles informations ou analyses lui sont communiquées ou en cas de réévaluation de celles-ci. Les informations contenues dans le présent document ne constituent en aucun cas une recommandation ou une prévision quant à l'évolution des conditions de marché. Elles sont fournies à titre purement indicatif. La situation actuelle ou future des marchés peut différer considérablement de celle présentée ici. De plus, aucune garantie n'est donnée quant à l'exactitude des hypothèses formulées à des fins d'illustration dans le présent document.

[1] Source : Global Financial Data, FactSet, au 18/02/2022

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