L’innovation au service de la médecine

Oriade-Noviale, groupe de laboratoires de biologie médicale, a rejoint le groupe Biogroup le 30 juillet 2021. Une fusion placée sous le signe de l’innovation. Un premier essai français de transport de tubes de sang par drone a par exemple été réussi. Philippe Cart-Lamy, Responsable du comité innovation pour Biogroup, nous explique en quoi l’innovation est amenée à améliorer le circuit du laboratoire et nos conditions de vie via la médecine préventive.

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Quelle est l'action de Biogroup aujourd'hui ?

Biogroup est le leader de la biologie médicale privée française, représentant 25 % des laboratoires ancrés sur notre territoire. Biogroup est également leader en Belgique et au Luxembourg, fortement implanté en Espagne et au Portugal, et présent au Royaume Uni et en Suisse. Le groupe compte plus de 11 000 collaborateurs et son activité a été et reste déterminante dans la gestion de cette crise sanitaire. Le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a d'ailleurs visité nos plateaux techniques plusieurs fois pour saluer les efforts fournis par le groupe.
Le Dr Stéphane Eimer, PDG de Biogroup, a fortement investi sur 21 plateformes françaises de biologie moléculaire à haut débit MGI dès le début de la crise sanitaire. Ce choix nous a permis de répondre à des demandes fortes, qui n'ont jamais cessé de croître, même lorsque plusieurs secteurs (masques, réactifs, appareils, etc.) étaient tendus. Encore aujourd'hui, Biogroup réalise la plus grosse activité de dépistage PCR depuis l'émergence de la Covid-19 avec plus de 50 PT équipés répartis sur l'ensemble du territoire. Cela a été déterminant dans la rapidité de rendu des résultats au plus près des patients. La 5e vague est particulièrement active, puisque le nombre de cas positifs a été multiplié par 10 en l'espace d'à peine quelques semaines.


Dans ce contexte, que mettez-vous en place pour anticiper au mieux les événements ?

Nos plateaux techniques sont aujourd'hui largement équipés pour répondre aux demandes de tests PCR. Notre challenge aujourd'hui face à l'émergence de nouveaux variants, comme le Omicron, est de pouvoir répondre rapidement aux demandes de séquençages. Historiquement, la France avait confié le séquençage uniquement au service public ce qui nous a placé très en retard au regard des autres européens comme l'Allemagne et l'Angleterre. Heureusement, aujourd'hui, tenant compte de l'évolution épidémique, il a été défini un partage de l'activité de séquençage à 50/50 entre le public et le privé. De ce fait, pour faire face à cette crise, notre stratégie a été de déployer plusieurs plateformes de séquençage régionales dans un temps record. Ce choix s'avère des plus opportuns aujourd'hui, puisque c'est grâce à cette technique que le variant Omicron peut être et a ou être détecté (5 plateformes de séquençage en France : Tours, Paris, Metz, Grenoble, Marseille).




Pouvez-vous rappeler en quoi consiste le séquençage ?

Nous travaillons sur l'ARN du virus dans le cadre du Sars Cov 2, c'est-à-dire que nous comparons la séquence du génome du virus à la séquence originale. Nous pouvons par exemple identifier celle qui correspond à la protéine Spike, qui accroche le virus et qui est aussi à l'origine de la conception des vaccins. Dès que cette zone est identifiée dans le génome, nous pouvons observer les mutations du virus.

Or, si les précédents variants n'indiquaient auparavant que 2/3 mutations, nous en dénombrons à présent 30 avec le variant O micron, signe que le virus s'est une nouvelle fois adapté à l'humain. Notre capacité d'innovation nous permet d'anticiper au mieux la situation, et nous nous tenons prêts à effectuer des tests afin de savoir si le vaccin reste efficace malgré ce nombre élevé de mutations.


Biogroup accueille environ 100 000 personnes par jour, ce qui représente un nombre important de données accumulées. En quoi peuvent-elles participer à l'innovation ?

Actuellement nous travaillons énormément sur la structure de nos données afin de les rendre exploitables et établir des liens entre la survenue d'une maladie et l'évolution des différents paramètres biologiques chez un patient.

Le plus important est la qualité de la donnée, à ce titre Biogroup se donne les moyens d'harmoniser ses techniques, son informatique, le recueil des éléments cliniques, source inestimable d'innovation et d'amélioration de la prise en charge de nos patients, en préventif comme en curatif. Nous pourrons à la fois travailler en rétrospectif et en prospectif, tenant compte du nombre de données cumulées et collectées ces dernières années.


 L'innovation est-elle amenée à modifier le rapport à la patientèle des laboratoires ?

Cette crise nous incite à faire évoluer l'organisation future de nos laboratoires dans les 3 phases d'une analyse médicale que sont le pré analytique, l'analytique et le post analytique.

En pré-analytique :

La digitalisation permettra aux patients de se pré-enregistrer pour passer rapidement en salle de prélèvement, et bénéficier d'un temps d'accueil de meilleure qualité. Le but étant de fluidifier leur accueil, largement encombré depuis le début de la crise sanitaire.

Analytique :

Nous travaillons sur le développement de nouveaux biomarqueurs comme le Noratest dans le diagnostic de la maladie d'Alzeihmer, le suivi de la sensibilité des chimiothérapies, l'amélioration du dépistage des cancers ... La biologie est sur tous ces sujets !

Post analytique :

En parallèle, nous souhaitons rendre les résultats d'analyses plus compréhensibles. Nous réfléchissons donc à des solutions digitales permettant aux patients d'accéder à un compte rendu de résultats augmenté. Il reprendrait la synthèse de leurs résultats, les éventuelles anomalies, et serait accompagné de conseils, outre le fait d'aller voir son médecin.

Il y aura également une plus-value apportée aux médecins via des calculs de scores qui les aideront dans le suivi et le monitoring de leurs patients ou dans l'orientation diagnostic des cas complexes.



Une autre de vos innovations porte également sur la médecine préventive. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Aujourd'hui, selon nous, la maladie est traitée, mais pas la santé. Or, grâce à la biologie, il est pourtant possible de détecter 5 ans avant un risque de diabète ou encore d'insuffisance rénale. Une biologie préventive et des conseils simples liés au mode de vie (arrêter de  fumer, faire du sport, manger 5 fruits et légumes par jour, etc.) peuvent permettre d'éviter ce type de pathologie chronique.

En effet, nos patients aujourd'hui, et encore plus avec la crise Covid, veulent devenir acteurs de leur santé.

La notion de bien être et de prévention se développe fortement dans notre pays, du côté des patients mais également du côté des médecins, sachant que le budget consacré à la prévention en France est seulement de 3 %. Nous sommes face à un vrai changement de paradigme, où la biologie est un acteur central, qui va nous permettre de rattraper notre retard en termes de prévention sur les pays anglo-saxons.

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