PlaNet Finance lance MicroWorld sur Internet

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Les promoteurs de la plate-forme de microcrédit MicroWorld veulent montrer que solidarité et viabilité économique ne sont pas antinomiques.

PlaNet Finance, la super-ONG de Jacques Attali, vient de lancer sa plate-forme Internet de microcrédit, MicroWorld. Née fin 2010, la société se présente comme « un projet du groupe PlaNet Finance mis en oeuvre et financé par Allard Involved [société d'investissement du groupe Allard] et un pool d'actionnaires internationaux ». Il propose aux internautes de faire reculer la pauvreté dans le monde en aidant des micro-entrepreneurs. La proposition est séduisante, d'autant que le montant minimal à prêter est faible (20 euros) et que le prêteur ne supporte pas le risque de défaut de l'emprunteur, mais de l'institution de microfinance (IMF) locale partenaire de MicroWorld. Alors que d'autres plates-formes de ce type existent déjà - Kiva, lancée en 2005 aux Etats-Unis, et Babyloan depuis 2008 en France -, l'équipe de PlaNet Finance a opté pour « un modèle économique pérenne ».

« Nous voulions prouver que la solidarité n'était pas antinomique avec la viabilité économique », explique son cofondateur et vice-président, Arnaud Ventura. À 5 %, le taux de commissionnement (la part que reverse l'IMF à la plate-forme) de MicroWorld a été fixé au-dessus de celui de ses pairs. Il reste maintenant à attirer un maximum de prêteurs pour assurer la viabilité de la structure et pourquoi pas, à terme, dégager de la rentabilité.

Plusieurs millions d'euros ont été investis pour monter la plate-forme et organiser un back-office digne d'une banque, pour « pouvoir gérer la montée en puissance des flux financiers », explique le directeur général de MicroWorld, David Langlois. Les objectifs sont ambitieux. « Nous espérons avoir quelques dizaines de milliers de prêteurs actifs d'ici à la fin de l'année, mais nous ne pouvons pas dire à quel horizon nous serons à l'équilibre. Il nous faudra pour cela atteindre 20 millions d'euros de collecte », expliquent les deux dirigeants.

Transparence

Après deux ans d'existence, Babyloan a rassemblé moins de 10.000 prêteurs et collecté 1,5 million d'euros. Kiva recense environ 560.000 utilisateurs actifs, pour 197 millions de dollars prêtés depuis 2005. Pour doper le nombre de prêteurs, MicroWorld mise sur une politique de partenariats active, avec des fondations et des entreprises. Les relations privilégiées de Jacques Attali avec les patrons du CAC 40 pourraient être utiles. GDF Suez compte déjà parmi les soutiens de la plate-forme.

Alors que déjà, certains s'interrogent sur les motivations des fondateurs de MicroWorld ou de Babyloan, ces nouveaux « social businesses », d'autres déplorent un manque de transparence. « L'idée de départ est extrêmement sympathique, mais le problème est qu'à la différence de Kiva, MicroWorld ou Babyloan accordent beaucoup plus d'importance à leur communication qu'à la transparence », déplore un acteur du secteur. Pour lui, « agir via une plate-forme de ce type soulage notre mauvaise conscience, mais l'impact cumulé de toutes ces structures à l'échelle du microcrédit dans le monde reste dérisoire ».

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