Côte-d’Or : le MuséoParc d’Alesia opte pour une stratégie territoriale

Rares sont les musées qui peuvent s’offrir une toute nouvelle scénographie après seulement dix ans d’existence. Avec une enveloppe de 3 millions d’euros, le MuséoParc d’Alesia fait peau neuve et mise sur le tourisme de proximité.

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Premier bilan positif à la fin de cette saison estivale avec 26.000 visiteurs sur juillet et août, période où le site réalise un tiers de son chiffre d'affaires. « Les touristes sont venus malgré les contraintes sanitaires. Nous sommes au même niveau que l'été 2020 », se réjouit Michel Rouger, le directeur du site.
Premier bilan positif à la fin de cette saison estivale avec 26.000 visiteurs sur juillet et août, période où le site réalise un tiers de son chiffre d'affaires. « Les touristes sont venus malgré les contraintes sanitaires. Nous sommes au même niveau que l'été 2020 », se réjouit Michel Rouger, le directeur du site. (Crédits : © Sébastien PITOIZET)

Après plusieurs mois de travaux opérés en pleine crise sanitaire, le MuséoParc d'Alésia - érigé dans la plaine des Laumes où se seraient affrontées les troupes de César et de Vercingétorix en 52 av. J.-C - à Alise-Sainte-Reine (21) ouvrait ses portes au public le 3 juillet dernier, avec une scénographie entièrement réinventée et innovante, signée Clémence Farrell.

Premier bilan positif à la fin de cette saison estivale avec 26.000 visiteurs sur juillet et août, période où le site réalise un tiers de son chiffre d'affaires. « Les touristes sont venus malgré les contraintes sanitaires. Nous sommes au même niveau que l'été 2020 », se réjouit Michel Rouger, le directeur du site. Derrière cette nouvelle muséographie - qui a coûté 2,4 millions d'euros (3 millions avec la restauration des œuvres), répartis ainsi : 1,4 million d'euros du Conseil départemental de la Côte-d'Or, 1 million de l'État et 600.000 euros du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté - l'idée était de réussir à attirer à la fois le grand public et les experts. « Nous avons élargi l'exposition permanente à ce qui s'était passé avant et après la bataille d'Alesia, qui a duré seulement deux mois, afin de proposer une offre plus riche aux visiteurs », précise Michel Rouger. Une campagne de fouille s'est déroulée sur les lieux de 2008 et 2018. « Nous avons pu ressortir des collections qui dormaient depuis vingt ans et révéler au grand jour plus de 600 pièces archéologiques », précise le directeur du site.

La galerie des objets archéologiques

Presque dix ans après sa création, le MuséoParc s'offre une nouvelle scénographie innovante. « Et pour être innovant, il faut mettre le budget ! », précise Clémence Farrell, la directrice artistique du projet. La scénographe a emprunté au cinéma, dont elle est issue, des techniques de mises en scène complexes avec des comédiens au service de la médiation. « Ce n'est parce qu'on met du numérique dans un musée qu'on est innovant. Des écrans, on en trouve partout ! », souligne-t-elle. Son défi : comment faire parler les objets archéologiques et mettre en scène l'histoire ? Pour le relever, celle-ci a misé sur une médiation qui met le visiteur au cœur de la mise en scène. Son secret : des dispositifs populaires et spectaculaires au service d'un contenu pointu. « Il fallait étonner autant l'archéologue que l'enfant », précise Clémence Farrell. Pour cela, cette dernière utilise des formats particuliers pour l'audiovisuel, des trompes l'œil, des décors animés, des jeux vidéos pour apprendre la vie quotidienne des Gaulois de manière ludique. « Pour autant, nous gardons le côté érudit puisque nous n'inventons rien. Ces jeux ont été conçus avec des reconstituteurs de combat. Les visiteurs experts reconnaitront les pratiques de l'époque », précise la scénographe.

Parmi les autres innovations : les bustes de César et de Vercingétorix qui s'animent façon réalité augmentée pour partager leur version de l'histoire, ou encore une archéologue virtuelle qui explique les fonctions des objets archéologiques.

hologramme

Faire rayonner l'Auxois

« Lorsque le MuséoParc fut inauguré, en 2012, le département souhaitait créer un équipement qui soit une sorte de locomotive pour le Nord de la Côte-d'Or, qui peinait à attirer des touristes en milieu rural », explique Michel Rouger. En quelques années, cet équipement culturel a réussi à s'imposer en jouant la carte du territoire. Il est désormais convoité par les artistes et artisans locaux, entreprises (pour des séminaires), associations diverses, à la recherche d'un lieu insolite. La programmation culturelle, riche et variée en fait un pôle d'attractivité du territoire. Le MuséoParc construit des ponts avec les autres sites, tels que l'abbaye de Fontenay classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, les anis de Flavigny, le château de Bussy-Rabutin, ou encore la cité médiévale de Semur-en-Auxois, afin de créer une cohésion de l'offre touristique. « C'est une stratégie à long terme. L'idée est de faire de l'Auxois, d'ici à dix ans, une destination à part entière », confie Michel Rouger.

Alors qu'il prend son poste fin 2016, le muséologue d'origine parisienne découvre la région avec étonnement et ravissement. Son objectif : redonner une nouvelle dynamique au site qui connaissait une érosion de sa fréquentation depuis son inauguration en 2012. Une importante baisse probablement due au fait que les visiteurs sont peu nombreux à revenir visiter le site (91% sont des primo visiteurs). Le public provient essentiellement de la région (42%), le scolaire représente 13% des visiteurs et le nombre d'étrangers reste très faible (8%).

Une fréquentation divisée par deux

Pari réussi pour le nouveau directeur puisque le nombre de visiteurs est passé de 65.000 en 2017 à 80.000 en 2019. Avec la Covid-19, la fréquentation du Muséoparc d'Alésia a été divisée par deux, et le chiffre d'affaire a chuté de 40% pour atteindre 540.000 euros en 2020. En misant sur une stratégie de développement qui vise en particulier les visiteurs de la région, à la fois grand public et experts, le directeur du site espère inciter les touristes à revenir plusieurs fois. Michel Rouger diversifie les portes d'entrées : le restaurant accessible également aux locaux sur le temps de midi, les scolaires, le MuséoFab, des animations et spectacles qui viennent en appui de l'exposition permanente. « Même si nous avons une mission de service public, nous souhaitons montrer à la collectivité que notre travail amène plus de recettes et de performance, tout en faisant du site, une belle vitrine du territoire », avoue le directeur du site. Pour ses dix ans en 2022, ce dernier espère retrouver le niveau de croisière à 80.000 visiteurs par an.

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