La vache qui rit fête ses cent ans
Amandine Ibled
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Près de vingt millions de portions produites chaque jour, soit cinq milliards par an. La vache rouge connue dans le monde entier peut s'enorgueillir d'avoir conquis la planète avec son petit fromage fondu. C'est à Lons-le-Saunier, au cœur du Jura que la plus célèbre des vaches, qui rit depuis cent ans, a bâti sa maison. En 2009, à l'initiative de Catherine Sauvin, petite fille de Léon Bel, le musée de la marque ouvre ses portes sous le nom de la Maison de la vache qui rit à un endroit symbolique pour le groupe familial Bel. « Là où notre histoire est née, là où dans les ateliers de l'Aubépin les premières Vache qui rit ont été fabriquées, là où plusieurs générations ont travaillé́ et continuent de travailler, là où notre Jura abrite les usines françaises de Lons, Dole et qui fabriquent toujours La Vache qui rit ».
La marque fête ses cent ans, mais il faut remonter encore cinquante ans plus tôt pour comprendre le succès de ce fromage vendu en petite portion. Tout a commencé en 1865, lorsque Jules Bel s'installa à Orgelet, petit bourg du Jura, pour créer sa société fromagère. Il achetait aux fruitières des meules d'emmental ou de gruyère encore blanches et se chargeait de leur affinage. Après trente années d'activité, Jules Bel prit sa retraite et confia son entreprise à ses deux fils, Henri et Léon.
En 1898, les deux nouveaux propriétaires transférèrent la compagnie à Lons-le-Saunier, qui proposait deux avantages : une ligne de chemin de fer majeure et des salines. Le sel est l'une des matières premières principales à la fabrication de fromage à pâte dure. Après quelques années, Henri quitta à son tour la compagnie, pour revenir en assurer la direction en 1914, lorsque Léon est mobilisé pour la Première Guerre mondiale. Pendant la guerre, Léon est affecté au train des équipages militaires, en charge du transport pour l'armée de terre. Ce régiment compte diverses unités, parmi lesquelles le RVF (Ravitaillement en Viande Fraîche), dont l'emblème est un bœuf hilare dessiné par Benjamin Rabier. Ce bœuf est surnommé « La Wachkyrie », un jeu de mot en référence aux Walkyries si chères à l'ennemi allemand...
Amandine Ibled