Les Vieilles Charrues réveillent le Centre Bretagne

CARHAIX. Créé en 1992, le festival de Carhaix-Plouguer associe son affiche musicale éclectique aux opérations RP de ses partenaires locaux. Depuis 2014, il accueille aussi le gratin de la scène tech européenne.
(Crédits : © Denoual Coatleven)

De Bruce Springsteen à Lana Del Rey, de Depeche Mode l'an passé à Iggy Pop et Black Eyed Peas cette année, la programmation du festival des Vieilles Charrues* (du 18 au 21 juillet) est bâtie sur une ambition : proposer la plus belle photographie musicale de l'année, mélanger les genres et les publics, créer du lien.

100% associatif

Dans les champs de Carhaix (7.000 habitants), en Finistère, les 280000 festivaliers en moyenne par an plébiscitent l'ambiance conviviale de ce festival. Et qui reste atypique dans son modèle : 100 % associatif à but non lucratif, Les Vieilles Charrues ne touchent aucune subvention de collectivités (sauf terrains et aide technique de Carhaix). Les 17 millions d'euros de budget sont financés à 60 % par la billetterie, à 20 % par les recettes annexes (bars, restaurants gérés en interne), à 20 % par le mécénat et les partenariats. Sur le plan local, le festival de 16 permanents emploie jusqu'à 700 salariés (1.500 via les prestataires) et 7.000 bénévoles d'associations locales qui, en échange, se partagent 135.000 euros pour développer leurs projets. « 200 entreprises bretonnes sont partenaires et organisent des opérations de relations publiques dans nos sept espaces VIP différents. En intersaison de changements sportifs, c'est l'endroit où il faut être pour un acteur économique », estime son directeur Jérôme Tréhorel. D'ailleurs le CMB, Kronenbourg, Coreff, Breizh Cola, Salaün Holidays, Quéguiner Matériaux en sont.

Maintenir des prix attractifs

Alors que le festival entend maintenir un prix de billet attractif (44 euros le week-end, 54 euros pour Depeche Mode en 2018), le mécénat et les partenariats (1000 à 10.000 euros) contribuent à absorber la hausse des cachets artistiques (1,7 million d'euros à 4,5 millions d'euros en dix ans) et des coûts liés à la sécurité. En 2014, l'opportunité d'attirer à Carhaix des têtes d'affiche et experts européens du numérique a été saisie. Le partenariat de 100.000 à 150.000 euros par an passé avec le fonds West Web Valley (Ronan Le Moal, Charles Cabillic, Sébastien Le Corfec) pour créer une université d'été du web européen a mené jusqu'aux concerts les patrons de Facebook, Twitter, BlaBlaCar, devenu partenaire depuis. Inspiré par le SXSW d'Austin, le West Web Festival (250000 euros de budget) est soutenu par Arkéa, Le Télégramme, Verlingue, et attire un millier de festivaliers.

Terrain musical fertile pour le business

Les 18 et 19 juillet, Emmanuel Grenier, patron de CDiscount, Thierry Petit, fondateur de Showroomprive.com, André Manoukian, fondateur de Muzeek, et Guillain Borde d'Uber Eats seront sur scène. De même que les startups finalistes de la Coupe de France de la French Tech. Lieu de rencontre décalé entre les ténors du web et les jeunes pousses, PME et ETI de Bretagne, de Brittany Ferries à B & B Hotels, les Vieilles Charrues sont aussi un terrain musical fertile pour le business des entreprises bretonnes.

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(*) Les Vieilles Charrues, festival de musique rock, electro, rap, celtique, trip hop..., du 18 au 21 juillet 2019, à Carhaix-Plouguer, Bretagne. (Rens.)

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