Open data : Rennes Métropole inaugure un service public de la donnée
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes

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Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes

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En 2009, la métropole rennaise avait libéré des données publiques (horaires en temps réel, état des routes...) issues de son réseau de transports (bus et vélos). Reprise depuis par d'autres collectivités, cette démarche, concrétisée par l'ouverture du portail data.rennes-metropole.fr, s'est enrichie des informations géographiques et pratiques géolocalisées de quelque 1.500 organismes publics et associatifs locaux. Actualisé chaque semaine, ce service propose aussi des applications mises à disposition par des développeurs et de jeunes entreprises. Aujourd'hui la pionnière dans l'open data ouvre une nouvelle brèche : elle créé le premier Service public métropolitain de la donnée, avec l'idée de trouver, sous deux ans, des débouchés d'intérêt général au croisement des données publiques et privées.
Inédite en France, cette initiative « de gouvernance ouverte », vise à faire de la gestion et du partage des données du territoire un service public à part entière.
Elle fait d'ailleurs partie des 11 projets lauréats de l'appel à projet national « développement de l'open data au sein des territoires ». Dans le cadre du Programme Investissements d'avenir (PIA2), le projet, estimé à 500.000 euros, bénéficiera d'une aide financière de l'État de 50%.
Celles-ci étaient organisées sur le thème « Collaborer pour partager les données ».
Pour favoriser l'échange entre données publiques et données privées, la collectivité envisage d'engager de nouveaux types de coopérations avec les producteurs et/ou les utilisateurs de données du territoire, qu'il s'agisse de grandes entreprises, de PME, de startups, mais aussi d'acteurs académiques, d'associations et d'usagers.
L'amorce du SPMD et le passage à une expérimentation concrète et collaborative s'établissent sur le choix de quatre thématiques, à fort enjeu pour le territoire. Elles seront explorées en lien avec plusieurs partenaires : l'énergie avec Enedis et l'Agence locale pour l'énergie et le climat (Alec), la mobilité avec la Fabrique des mobilités, l'eau avec la Collectivité Eau du bassin rennais (CEBR) et les données socio-démographiques avec l'Association pour la promotion de l'action et de l'animation sociale (Apras).
Le croisement des données trouve aussi une légitimité pour prévoir les conséquences de la densification de certains secteurs de l'aire métropolitaine en termes de mobilité, de pollution atmosphérique ou d'accessibilité aux services. Dans les transports, Rennes Métropole cherche, d'une certaine manière, à prolonger son action pilote d'ouverture des données en temps réel. Sur l'eau, la métropole souhaite constituer un observatoire de l'eau dans la ville, depuis le captage jusqu'au traitement des eaux usées.
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Au travers de ces thématiques, ce sont donc les principaux domaines de la vie quotidienne des habitants du territoire, transports, énergie, habitat, solidarité, économie, culture..., qui sont potentiellement concernés.
Un cadre et des garde-fous. Dans cette optique, les quatre champs d'exploration seront accompagnés de façon transversale par trois autres partenaires, experts dans leurs domaines. L'agence d'urbanisme rennaise Audiar participera pour ses connaissances dans l'aide au développement local, à l'aménagement ou à la planification du territoire, le cabinet Chronos assurera pilotage du projet et la restitution des résultats tandis que l'institut de recherche Irisa (Université de Rennes) interviendra sur le traitement des données. Son implication inclut aussi un registre essentiel de la transformation numérique : la sécurisation des échanges et l'anonymisation des données personnelles, si l'on veut assurer le respect de la protection des individus.
Le SPMD rennais se donne deux ans pour définir collectivement sa future plate-forme, tant sur les plans technique, juridique ou économique. Certains acteurs privés accepteront-ils de livrer gratuitement leurs données ?
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes