Comment Roze compte ressusciter la filière de la soie

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La maison Roze est la troisième entreprise française en termes de parc de machines, avec 25 métiers à tisser.
La maison Roze est la troisième entreprise française en termes de parc de machines, avec 25 métiers à tisser. (Crédits : Géraldine Aresteanu)
Repreneur en août 2018 des soieries Roze, créées en 1660, Arnaud Lebert veut relancer la filière à Tours, autrefois capitale de la soie à l’instar de Lyon.

La maison Roze, actuellement basée à Saint-Avertine en proche banlieue de Tours, devrait retrouver en 2020 un écrin à la mesure de son histoire tricentenaire. Le président de l'entreprise, Arnaud Lebert, s'est associé avec Eiffage pour porter un projet de réhabilitation de l'ancienne caserne Chauveau, à l'ouest de Tours, dans le cadre de l'appel à projets innovants lancé par le maire Christophe Bouchet.

À la clé, la création d'un pôle d'activité autour des métiers du textile dont le navire amiral serait les soieries Roze. Féru de fibres végétales, Arnaud Lebert intégrera dans son projet, s'il est retenu courant décembre, plusieurs ateliers sur ce thème.

Un million d'euros de recettes

 Au travers de sa structure La Ressourceraie, l'entrepreneur quadragénaire travaille notamment sur la transformation textile de tiges de tomates et de roses. Son activisme s'inscrit dans un cadre plus global de relance d'un écosystème de la soie à Tours, qui en a été la capitale au XVe siècle. Dans ce contexte, un hectare de mûriers blancs, l'alimentation première des  vers à soie, sera replanté autour du second site de Roze à Chédigny, situé à une trentaine de kilomètres de Tours.

Une résidence de designers viendra compléter le dispositif à partir du premier trimestre 2020. Hébergée au château du Plessis-lez-Tours à La Riche (agglomération de Tours), elle recevra une dizaine de pensionnaires à l'année et sera gérée par l'association tourangelle Soi(e), avec le soutien de plusieurs banques locales. Sauvée de la faillite, la société spécialisée dans les tissus d'ameublement doublera son chiffre d'affaires en 2019, avec 1 million d'euros de recettes. Employant 12 salariés, dont Antoinette Roze (représentante de la douzième génération de l'enseigne fondée il y a 359 ans), l'entreprise travaille également en marque blanche pour des éditeurs de tissus, comme le français Pierre Frey ou le new-yorkais Claremont. Roze relancera sa propre gamme dès 2020, notamment avec un brevet de béton décoratif intégrant des fibres de soie.

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Commentaires
a écrit le 12/11/2019 à 23:13 :
C'est le français, Olivier de Serres qui a introduit la culture du murier en France, pour nourrir les vers à soie. Longtemps les soyeux de Lyon avaient de grandes exploitation de muriers en Syrie. Je ne sais pas ce qu'il en est advenu, après l'intervention des troupes de Daech.
a écrit le 11/11/2019 à 9:04 :
La soie faisait travailler énormément de monde en France, victime elle aussi du dumping social oligarchique mondiale, or vu le contexte environnemental et de crise économique il serait temps de se demander si c'était vraiment une bonne idée...
Réponse de le 11/11/2019 à 14:55 :
La soie faisait travailler beaucoup de monde au XVeme siecle dit l'article. Je ne suis pas sur qu'il y avait vraiment une "oligarchie mondiale" ayant organisé un "dumping social" à l'époque.
Réponse de le 12/11/2019 à 9:11 :
@ multipseudos:

D'une part tes deux commentaires rentraient dans un seul, depuis le temps que tu viens te coller à moi tu devrais le savoir !

Ensuite je discutais avec un paysan ardéchois dont les grands parents et leurs voisins ne vivaient que de cette économie, même en comptant vite ça ne nous fait pas remonter au 15 ème siècle.

Je te signale bien entendu, tu as l'ait=r tellement d'aimer ça hein...

Et si je peux pas et-c...

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