Val de Loire : Poulain, Axel Olivier et Daniel Mercier jouent la carte des chocolats solidaires

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Le Made in Loir et Cher depuis 1848, argument marketing de poids pour le chocolat Poulain en période de crise sanitaire.
Le Made in Loir et Cher depuis 1848, argument marketing de poids pour le chocolat Poulain en période de crise sanitaire. (Crédits : Reuters)
Trois chocolatiers de renom du Centre Val de Loire, Poulain, Axel Olivier et Daniel Mercier, accélèreront en 2021 innovations et démarches RSE. Tour d'horizon pour Pâques, le point d’orgue de la consommation de chocolat en France, en hausse de 15% en 2020.

Depuis le début de l'année, le chocolat Poulain aux noisettes est fabriqué exclusivement avec des fruits à coque récoltés dans l'Hexagone. Pour réaliser les nouvelles tablettes au caramel, dont le lancement est prévu avant l'été, la marque utilisera exclusivement du beurre d'Isigny en Normandie et du sel de Guérande en Loire atlantique. Le lait des trois nouveaux produits de chocolat « noir doux » sera quant à lui produit dans les Hauts de France.

Le bio et le made in France sont devenus en quelques années les marqueurs essentiels de la marque de chocolat Poulain. En 2020, elle avait déjà lancé sur ce créneau une gamme bio de chocolats noir ainsi qu'une collection végétale réalisée à partir de lait d'amande et de noix de coco. Rachetée en 2017 par Carambar & co (Krema, La Pie qui chante), la société fondée en 1848 dans le centre de Blois s'est maintenue dans le Loir et Cher en déménageant en 1990 sur un nouveau site mieux adapté à Villebarou.

Seul site de Poulain en France, il emploie quelque 150 salariés et a produit 35 000 tonnes de chocolat représentant 70 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020.

« Avec la crise sanitaire qui a remis au goût du jour les valeurs de production locale et responsable, cet ADN régional nous a poussé à franciser nos emballages avec un logo bleu blanc rouge, explique Pascale Infante, directrice marketing de Carambar & co. Les consommateurs apprécient puisque les ventes de tablettes ont progressé de 16% l'année dernière ».

Le segment des chocolats en poudre participe aussi de cette démarche éco-responsable. Poulain sortira ainsi dans le courant du mois d'avril un format de boîte éco-rechargeable générant une baisse de 80% des emballages.

Filière de cacao en Afrique de l'ouest

Le confinement et la généralisation du télétravail, synonyme de retour en force de la cuisine familiale dans les foyers, ont également boosté le chiffre d'affaires de la maison Mercier à Baugy dans le Cher. Cette chocolaterie artisanale fondée en 1912 et dirigée par Daniel Mercier, représentant la 4e génération, a vu ses recettes croître de 10% l'année dernière à quatre millions d'euros. Elle vient de surcroît d'être sélectionnée dans le cadre du dispositif Territoires d'industrie initié par Bercy pour son projet de modernisation de son laboratoire.

Ce nouvel outil de 1500 m2 dédié à la fabrication de chocolat nécessitera un investissement de l'ordre d'1,5 million d'euros, dont 200 000 euros seront subventionnés. En sortira notamment en 2022 une nouvelle ligne de chocolats issue exclusivement de la plantation mexicaine de cacao de la maison Mercier. Six nouveaux salariés seront recrutés dans ce cadre, portant l'effectif de l'entreprise berrichonne à 45 salariés environ.

Spécialisée dans les bonbons en chocolat, la société se singularise également au plan régional en tant qu'initiatrice du label de chocolatiers engagés. Créé fin 2020, il valorise le cacao équitable. A ce titre, une première filière de commerce éco-responsable vient d'être mise sur pied au Cameroun par Daniel Mercier, vice-président de la Confédération des chocolatiers confiseurs, et six autres artisans chocolatiers. Elle regroupe 1.700 cacaoculteurs qui exploitent 6.000 hectares.

« Le label certifie plusieurs indicateurs comme la mise en place de coopératives locales, la présence féminine dans les conseils d'administration, le juste prix payé au producteur de cacao, explique Daniel mercier. La matière première doit enfin être cultivée dans les règles de l'art, avec notamment un temps de séchage et de fermentation suffisant ».

Signe de l'engouement de la profession, souvent accusée de contribuer en amont à la déforestation et au travail des enfants, une centaine des 1 700 chocolatiers français ont rejoint le Club en trois mois et apposé le récent label sur leur vitrine. L'expérience hexagonale intéresse également des artisans en Belgique, en Italie et en Suisse, aux Etats Unis et au Chili. La certification en cours de cultivateurs de cacao en Colombie donnera lieu cette année à la création d'une seconde filière. Un troisième circuit vertueux d'approvisionnement pour le label chocolatiers engagés est programmé au Togo en 2022.

Chocolat et déficience cardiaque

A rebours des deux autres chocolatiers du Centre Val de Loire, Alex et Olivier a vu son chiffre d'affaires, que la dirigeante Catherine Houvion ne précise pas, reculer de 15 à 20% l'année dernière. En cause, la spécificité de cette PME de 120 salariés, située à Neuville aux bois près d'Orléans, qui réalise un pourcentage conséquent de ses recettes auprès des associations. Or, la crise sanitaire a fortement limité leurs animations et organisations d'événements, et par voie de conséquence a réduit drastiquement les achats de ballotins de chocolat qui servent habituellement à les financer.

Pour autant, la RSE reste un axe majeur à la chocolaterie Alex Olivier. La société, filiale du groupe manceau DMP initiatives, contribue ainsi depuis 2009 en tant que sponsor à l'association Mécénat Chirurgie cardiaque. La promotion médiatique de cette structure, qui finance les opérations d'enfants de pays émergents atteints de malformations, s'appuie sur l'engagement du bateau de course Initiative Cœur dans les principales courses à la voile. Skippé cette année par la navigatrice britannique Samantha Davis Davis, il revient du Vendée Globe et disputera la transat Jacques Vabre en novembre. En deux ans, le voilier a généré près d'1,5 million d'euros de dons, permettant de sauver 103 jeunes. De quoi remplir de fierté le chocolatier loirétain au même titre que la qualité de ses ganaches.

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Commentaires
a écrit le 13/04/2021 à 12:09 :
Les industriels alimentaires - comme les autres - doivent être à l'écoute du.marché. Si en plus, des matières premières proviennent des paysans français, c'est tant mieux pour toute la chaîne de production et pour le pays. On peut toujours gloser sur tel ou tel point, mais l'essentiel est la satisfaction du client... Pourvu que ça dure !
a écrit le 06/04/2021 à 9:00 :
Là encore à préserver avec du protectionisme surtout dabns ce domaine des sucréries qui nous a bien massacré la santé depuis des décennies. Mais forcément du coup à contrôler.
Réponse de le 06/04/2021 à 21:36 :
Le sucre n'est pas utile au corps (les glucides suffisent) mais c'est une industrie, il "faut" habituer les gens à cette 'drogue' très tôt.
J'adore le chocolat à 90%, pas sucré mais calorique (aïe). Des suisses s'interrogent sur pourquoi Lindt produit ses tablettes hors Suisse, sacrilège !

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