Elu à la présidence du Conseil Régional Nord Pas de Calais Picardie avec 116 voix sur 116 votants parmi les 170 conseillers régionaux, les élus du Front National ayant refusé de participer au vote, Xavier Bertrand (LR) veut que la nouvelle grande région retrouve le chemin de la prospérité et ne soit pas un territoire où l'on passe mais un lieu où l'on reste. Lors de son discours d'investiture, le successeur de Daniel Percheron et de Claude Gewerc s'est engagé à faire du Nord Pas de Calais Picardie la région la plus innovante de France en rappelant qu'elle l'est déjà dans le numérique, la télémédecine et la robonumérique. Après avoir cité le tourisme, la culture et le sport comme instruments de rayonnement, le nouveau président a insisté sur la nécessité d'opérer ce développement en ayant en ligne de mire l'égalité territoriale.
A charge de Valérie Létard (UDI), sa première vice-présidente, de mener à bien cette politique de territorialisation. Celle-ci a également la responsabilité du contrat de plan Etat Région et du fonds structurel européen. A charge de Gérald Darmanin (LR), l'homme de confiance de Xavier Bertrand, de s'occuper des transports, des infrastructures, des grands projets, du tourisme, des relations internationales et de la communication. Avec la responsabilité de cette délégation à rallonge, le deuxième vice-président est l'élu sur qui reposent les ambitieux investissements structurant du futur Nord Pas de Calais Picardie.
Xavier Bertrand voit grand.
Le ton est donné. Pour Gérald Darmanin, il n'est pas question d'avoir de parti pris idéologique. « Nous ne serons pas freinés dans nos projets par les Verts comme l'étaient nos prédécesseurs », a-t-il précisé. Le maire de Tourcoing doit remettre au plus tard au mois de juin un rapport prospectif sur la hiérarchisation des investissements en matière de transport avec proposition d'un abonnement unique, sorte de carte orange régionale. « Mon objectif est de faire avancer rapidement ces projets d'infrastructure très coûteux en détaillant leur mode de financement », explique-t-il.
Auparavant, le deuxième vice-président proposera de délibérer sur la mise en place de la sécurisation des transports de la Région. Pourquoi si vite ? « Parce que c'est plus facile et moins cher à faire. Il suffit d'installer la Wifi, des caméras et de renforcer la présence du personnel. Nous négocions avec la SNCF là-dessus. Guillaume Pepy est à l'écoute des nouvelles majorités », a précisé Gérald Darmanin en parlant du président du directoire de la SNCF tout en ajoutant que la mise en concurrence est également possible.
Et pour régler les problèmes d'embouteillage sur les routes, qui freinent le développement économique des grandes villes, en particulier dans la métropole lilloise, Gérald Darmanin ne compte pas uniquement sur les futures liaisons ferroviaires et le Canal Seine Nord. « Nous voulons également améliorer le covoiturage mais sans l'imposer. Pourquoi pas changer les horaires de travail dans les entreprises ? Et il faudrait aussi améliorer la desserte des cars », propose-t-il.
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Il ne s'agit donc pas de freiner les investissements ni d'imposer une écotaxe régionale pour financer ces grands chantiers. Les économies se feront sur le budget de fonctionnement et grâce à la fusion dont la mise en œuvre est confiée à Brigitte Fouré. Xavier Bertrand a rappelé que « cette fusion n'est pas signe de renforcement des effectifs mais bien de diminution du nombre de personnels... En proposant une diminution de leurs indemnités, les élus régionaux montrent l'exemple ». De combien cette diminution ? De 5%, un pourcentage correspondant à celui des économies escomptées sur les dépenses de fonctionnement envisagées au cours des douze mois à venir. « Nous nous sommes engagés à réaliser 300 millions d'euros d'économie sur le mandat et nous le ferons », a rappelé le président. Cette diminution de l'indemnité des élus a été approuvé à la majorité.
Mais tenir les séances plénières à Lille et les commissions permanentes à Amiens comme l'a décidé Xavier Bertrand aidera-t-il à faire des économies ? « Pourquoi pas si nous utilisons les nouveaux outils de communication à distance », répond Guillaume Delbar à qui a été confié la rénovation urbaine, le logement et l'innovation numérique.
Pour moderniser le contrôle des élus régionaux sur l'exécutif et l'administration, Xavier Bertrand proposera la création d'une commission d'audit interne. « Cette commission, originalité régionale unique en France, se verra saisie par l'exécutif et pourra également se saisir elle-même. Ses rapports seront publics. Il ne peut y avoir de pouvoir sans contre-pouvoir », a-t-il assuré.
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