Electrifier les autoroutes : et si c'était la solution ?
Nathalie Jourdan, à Rouen
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"La décarbonation du transport lourd est un impératif national qui présente une résonance particulière en vallée de Seine en raison de l'intensité des déplacements et de la densité urbaine qui la caractérisent", explique le préfet François Philizot,...
Imaginez des convois de poids lourds électriques alimentés par des caténaires ou des rails au sol à la manière des tramways. C’est ce que l’on verra peut-être demain sur l’A13 entre Paris et Le Havre grâce au projet e-way corridor. Son objectif : démontrer les vertus de cette technologie sur la décarbonation du transport de marchandises. Utopique ? Pas si sûr.
La route qui recharge des camions ou des autobus en roulant ne relève déjà plus de la science-fiction. En mars 2019, le gouvernement suédois inaugurait ce qui était présenté comme la première portion de bitume électrifiée au monde. Le modèle s'inspire des dispositifs qui permettent aux tramways ou aux trains de circuler.
Le principe est simple. Le poids lourd se recharge soit via une caténaire reliée à des pantographes, soit via un rail électrique enfoui dans la chaussée qui vient alimenter le véhicule par l'intermédiaire d'un patin situé sous le chassis.
La Suède n'est pas le seul pays à s'intéresser à cette technologie. Des expériences ont été lancées un peu partout dans la monde en Corée, aux Etats-Unis, en Inde... En Europe, le gouvernement d'Angela Merkel envisage d'électrifier 4.000 kilomètres de routes dans l'espoir d'éviter le déploiement d'un réseau de bornes de recharge surpuissantes pour alimenter les flottes de poids-lourds électriques (avec ou sans pile à combustible) qui pointent à l'horizon. .
Ce projet qui ouvre la voie
La France, par comparaison, accuse un temps de retard malgré sa position de carrefour qui la prédispose à ce type d'aménagement. Le projet le plus avancé à ce jour est celui du e-way corridor. Soutenu par l'Ademe, la délégation interministérielle à la vallée de Seine et les Régions Ile de France et Normandie, il est porté depuis trois ans par l'Observatoire de l'innovation dans l'énergie (OIE) avec un consortium qui regroupe notamment la Sanef, Accenture et Spie.
La feuille de route est ambitieuse. Il s'agit de réaliser à un horizon de quelques années un corridor électrique de 114 kilomètres sur l'A13 entre le péage de Mantes et le Pont de Tancarville. L'axe qui relie le Havre à Paris n'a pas été choisi au hasard, explique le préfet François Philizot, délégué interministériel : "La décarbonation du transport lourd est un impératif national qui présente une résonance particulière en vallée de Seine en raison de l'intensité des déplacements et de la densité urbaine qui la caractérisent ".
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