Produits dérivés : le normand Abyss Corp pare le Brexit en s'offrant son concurrent anglais

 |  | 484 mots
Lecture 2 min.
Ce rachat permet à la société Abyss Corp installée depuis 2003 dans la banlieue rouennaise, non seulement de s'arroger de nouvelles licences dont celle lucrative de Pokemon, mais aussi de renforcer ses positions sur le très dynamique marché anglais.
Ce rachat permet à la société Abyss Corp installée depuis 2003 dans la banlieue rouennaise, non seulement de s'arroger de nouvelles licences dont celle lucrative de Pokemon, mais aussi de renforcer ses positions sur le très dynamique marché anglais. (Crédits : Reuters)
Comment s’affranchir des contraintes liées au Brexit ? Le normand Abyss Corp, leader européen des produits dérivés de la pop culture, a trouvé la parade. Il s’est porté acquéreur de GB Eye, son rival outre Manche.

Wingardium Leviosa ! La formule magique chère à Harry Potter, dont Abyss Corp écoule les produits dérivés à raison d'un million d'exemplaires par an, préserverait-elle des effets délétères du Brexit ? C'est ce sur quoi table le florissant fabricant et distributeur normand (200 salariés - 45 millions d'euros de chiffre d'affaires) qui vient de mettre la main sur son concurrent britannique GB Eye, acquis sans coup férir pour « plusieurs millions de Livres Sterling ». L'opération, qui s'est conclue via la plateforme Zoom (!) Covid oblige, tombe à point nommé quelques semaines après le divorce du Royaume Uni d'avec l'Union européenne.

Ce rachat permet à la société installée depuis 2003 dans la banlieue rouennaise, non seulement de s'arroger de nouvelles licences dont celle lucrative de Pokemon, mais aussi de renforcer ses positions sur le très dynamique marché anglais. Lequel est porté par l'appétit dévorant de nos voisins pour les mugs, tee-shirts, porte-clefs et autres accessoires à effigie de Dragon Ball, One Piece, Naruto, Marvel, Star Wars ou Game of Thrones.

Brexit, même pas mal

En posant le pied de l'autre côté du Channel, Abyss Corp s'offre, en effet, la possibilité d'approvisionner les îles britanniques en direct depuis l'Asie ou de faire fabriquer sa propre gamme dans les ateliers de fabrication de sa nouvelle filiale. Grâce à quoi l'entreprise contourne les contraintes résultant du Brexit.

« Sans cette fusion, il nous aurait fallu renoncer à servir nos nombreux petits clients indépendants à cause du renchérissement du traitement administratif et des frais fixes liés au dédouanement, insupportables pour nous sur des commandes en dessous de 2.000 euros », se félicite Xavier Sartoris, son président et fondateur.

Ce qui vaut dans le sens Europe-Royaume Uni vaut naturellement dans l'autre sens. GB Eye qui est à la tête d'un catalogue de plus d'une centaine de licences et se flatte du titre de numéro 1 européen du poster, pourra lui aussi s'appuyer sur les moyens de production, de distribution et les circuits d'importation de sa maison-mère pour commercer sans entraves avec le vieux continent, en même temps qu'avec la poignée de pays hors UE où Abyss Corp compte des filiales de vente. « Le potentiel de croissance du groupe combiné est très prometteur », saluent les administrateurs de GB Eye.

Désormais fort de 300 salariés, le nouvel ensemble compte sur l'engouement croissant des générations X ou Y pour les produits dérivés des mangas, du cinéma, des séries TV et des jeux vidéo, pour s'assurer des lendemains chantants. Après une année 2020 satisfaisante de part et d'autre malgré l'absence de sorties cinéma, il vise un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros à la fin de cette année avec le lancement de quelque six-cents nouveautés.  De toute évidence, un rapprochement win win comme  diraient les sujets de sa gracieuse majesté.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/03/2021 à 19:17 :
Pauvres anglais, le Brexit n’est effectif que depuis 2 mois et leurs entreprises sont déjà en soldes. Quand la fumée du Covid se sera dissipée, le paysage sera intéressant.
a écrit le 08/03/2021 à 7:53 :
Tout est normal, les soldes ne sont pas prêtes de se refermer.
Depuis 2017, les prises de contrôles étrangères au Royaume-Uni vont bon train.
Quelques unes qui concernent la France : Aviva France, CMPS, Utac Ceram, Martindale Pharma, ACPI, Redox Digital, Mediatel Group, Jumpstart, Kuehne et Nagel, etc.
Et ca ne marche pas dans l'autre sens !
a écrit le 06/03/2021 à 11:07 :
Intelligent en effet, ceux qui miseront sur les anglais et leur liberté retrouvée vont rapidement y gagner.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :