En Vendée, on stocke l’énergie solaire... à la cave
Frédéric Thual
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Photo d'illustration
Sydev
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«C'est bien plus qu'une expérimentation, c'est une expérience à reproduire. On parle souvent de transition énergétique, mais là on est en plein dedans », se félicite Alain Le Bœuf, président du Syndicat Départemental d'Energie de la Vendée (SyDEV) qui, en juillet dernier, à la Roche-Sur-Yon, a équipé la toiture de son bâtiment de 200 m² de panneaux voltaïques et installé quatre anciennes batteries de Kangoo dans le sous-sol de l'édifice. Trois mois plus tard, les protagonistes viennent de tirer un premier bilan de l'opération pilote de production d'énergie verte, de stockage et d'autoconsommation PhARRE (1), lancée en mai 2019 en partenariat avec Bouygues Energie & Services, la start-up Beebryte, spécialisée dans l'IOT et l'IA et Renault, fournisseurs des batteries de Kangoo ZE ayant perdu 25% de leur capacité de stockage et ne répondant plus aux exigences de puissance de la mobilité. C'est l'un des intérêts de ce projet vertueux qui se veut exemplaire. « Nous avons travaillé avec Renault pour installer des batteries dont personne ne sait quoi faire et qui parte au recyclage. Eh, bien, nous, on sait quoi en faire !», détaille Alain Le Bœuf. Avec l'augmentation du parc de véhicules électriques à l'horizon 2035, cela pourrait, selon Christel Bories, Présidente du comité stratégique des filières mines et métallurgiques entendue par le Sénat, représenter 700.000 tonnes de batteries à recycler ou... à réutiliser. « Le marché des batteries de seconde vie est prometteur », acquiesce Ziad Dagher, secrétaire exécutif Business Unit Véhicules Electriques de Renault. « Nous avons, cette année, produit trois fois plus de batteries électriques que l'an dernier.»
D'une capacité 48 kW/h de stockage, ces quatre batteries, dont la durée de vie est estimée à dix ans, permettent de stocker l'équivalent d'une heure de consommation d'énergie renouvelable produite par les 200 m² de panneaux solaires, soit 39,5kWc. Leur production annuelle représente 40000 kWh, soit l'équivalent de 4 maisons de 80 m², chauffées à l'électricité. Pour que l'installation fonctionne, il a donc fallu mettre au point un système de gestion capable d'absorber toute l'énergie produite par les 200 m² de panneaux photovoltaïques posés sur le toit, dont la quasi-totalité de la production représente 15% des besoins en consommation électrique du bâtiment. « Notre mission est d'accompagner la transition énergétique. Aujourd'hui, il faut innover, anticiper et faire des essais sur le terrain. Même, si ce pilote n'est pas, aux premiers abords, très impressionnant, sa simplicité lui donne la capacité d'être facilement duplicable et reproductible », assure Pierre Vanstoflegatte, Directeur Général du pôle Energies & Services de Bouygues Construction, principal financeur de cette opération (100.000 €), soutenue par la région des Pays de la Loire à hauteur de 50.000 euros. Un investissement modeste au regard du potentiel : En France, 44% de l'énergie consommée proviendrait des bâtiments.
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