Il est le seul trait d'union entre Paris 1924 et Paris 2024. Rénové, livré fin 2023 et inauguré mardi, le stade Yves-du-Manoir accueillera les épreuves de hockey sur gazon, cent ans après avoir été le centre névralgique des JO. Un lieu de fascination pour Michaël Delépine, docteur en histoire contemporaine et chercheur associé à l'université de Bourgogne-Franche-Comté, qui y a consacré un livre, Le Bel Endormi - Histoire du stade de Colombes (Atlande).
LA TRIBUNE DIMANCHE - Engager Colombes dans Paris 2024, c'était le moyen de créer une passerelle avec 1924 ?
MICHAËL DELÉPINE - Il y a eu une volonté de clin d'œil, car c'était le site majeur de ces premiers Jeux en France : cérémonies, football, rugby, athlétisme, tennis, départs d'épreuves cyclistes... Une piscine avait aussi été édifiée, mais elle n'a jamais été mise en eau. Au moment de la candidature de Paris 2024, le site a été présenté avec une carte postale en noir et blanc. C'était le seul. Colombes, c'est plus de cent quarante ans d'histoire : il y a d'abord eu un champ de courses puis un stade, repris par le journal Le Matin.
En quoi son histoire est-elle indissociable de celle du Racing ?
Le Racing est à l'origine de la « construction » du stade pour les Jeux alors qu'il n'en était que locataire. Il a proposé au comité olympique français de le transformer complètement, en se faisant rembourser à l'issue du tournoi - une bonne opération pour le comité, qui peinait à boucler son budget. Ensuite, le Racing a été copropriétaire, puis unique propriétaire jusqu'au début des années 2000 et la vente au département des Hauts-de-Seine. Au-delà du foncier, les deux ne font qu'un.