Hydrogène « vert » : deux nouveaux projets d’électrolyseurs sur l’axe Seine
Nathalie Jourdan
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L'usine Normand'Hy d'Air Liquide sera la première à sortir de terre
Air Liquide
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L'usine Normand'Hy d'Air Liquide sera la première à sortir de terre
Air Liquide
Commençons par planter le décor. Place forte du raffinage et de la production d'ammoniac (l'ingrédient de base des engrais), la vallée de Seine concentre à elle seule près de 45% de la demande française en hydrogène. Selon une étude Delphy (réalisée pour le compte de la Délégation interministérielle au développement de la vallée de Seine), elle en consomme environ 350.000 tonnes par an. Ce, essentiellement à partir du méthane... au prix d'émissions massives de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.
Pour rappel, une tonne d'hydrogène issue du gaz émet jusqu'à 10 tonnes de CO2. C'est dire si les zones industrielles qui longent le fleuve de Paris au Havre vont devoir se désintoxiquer de cet H2 dit « gris » délétère pour le climat. On ne s'étonnera donc pas d'y voir fleurir les projets d'électrolyseurs.
Dans cette course au sevrage, Air Liquide a été le premier à prendre le départ avec son projet de giga factory Normand'hy en cours de construction au cœur du complexe pétrochimique de Port-Jérôme (Seine-Maritime). D'un coût de 400 millions d'euros pour une puissance « d'au moins 200 MW », l'installation attendue dans deux ans est présentée comme « le plus gros électrolyseur jamais construit ». Pour autant, celui-ci sera très loin de suffire à la demande. Il ne fournira (que) 28.000 tonnes d'hydrogène propre par an. Soit moins du dixième de ce qui serait nécessaire pour honorer les promesses de décarbonation des industriels de l'axe.
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L'ampleur du besoin pousse Lhyfe à avancer ses pions à son tour. La jeune pousse nantaise convoite un terrain également situé dans la zone de Port-Jérôme, au voisinage direct de l'une des trois usines françaises du fabricant d'engrais norvégien Yara. Le site qui produit de l'ammoniac est le septième plus gros émetteur français de GES et l'un des 50 gros pollueurs avec qui le gouvernement a signé « un contrat de transition ».
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