OpenClassrooms met du numérique dans la formation

 |   |  766  mots
Pierre Dubuc, co-fondateur d'OpenClassrooms.
Pierre Dubuc, co-fondateur d'OpenClassrooms. (Crédits : DR)
De quoi DEMAIN sera-t-il fait ? Bpifrance s'est lancé le défi de mener une réflexion sur les sujets d'innovation qui révolutionneront notre quotidien dans les années à venir, tant au point de vue de notre transport, notre alimentation, notre santé, notre façon de commercer et de travailler. Pour cela, Bpifrance anime une démarche collective en mode projet, pilotée par les collaborateurs Bpifrance et associant les acteurs des écosystèmes concernés. L’un des sujets stratégiques récemment traité est l’adaptation des entreprises des secteurs de l’éducation et de la formation aux métiers de demain. La start-up OpenClassrooms est un bon exemple de cette évolution.

Rendre l'éducation accessible à tous : c'est la mission d'OpenClassrooms fondée par Mathieu Nebra et Pierre Dubuc. Geek dès son plus jeune âge, Mathieu Nebra lance le Site du Zéro à treize ans pour aider tous ceux qui le désirent à apprendre à coder. Le site à base de tutoriaux et d'échange avec la communauté fait un tabac et devient Simple IT en 2007 puis OpenClassrooms en 2015. La start-up lève 1,2 million d'euros en 2012, puis 6 millions en 2015, dont une partie apportée par Bpifrance, et 60 millions en mai 2018 pour soutenir son internationalisation auprès du fonds américain General Atlantic mais également de ses investisseurs historiques Citizen Capital, Alven et Bpifrance.

La jeune pousse devenue une PME de 200 personnes propose une plateforme d'e-éducation qui offre des cours en ligne accessibles à tous, mais également un soutien avec du mentorat, des experts du domaine étudié qui interviennent chaque semaine par vidéo-conférence. L'étudiant doit présenter un ou des projets professionnels pendant sa formation. A la fin de celle-ci, il soutient ce projet devant un validateur, opération organisée par vidéo-conférence et enregistrée. Pour le volet insertion professionnelle, trouver un emploi ou le créer, l'étudiant a accès à un coach.

Lire aussi : Le véhicule autonome roule déjà avec EasyMile

Aujourd'hui, OpenClassrooms c'est 5 millions d'apprenants chaque mois, 48 parcours diplômants 100 % en ligne certifiés par l'Etat, 400 cours certifiants, 1200 mentors et 500 entreprises clientes. OpenClassrooms a élargi son champ d'applications du grand public au BtoB avec trois produits : l'upskilling (montée en compétences), le reskilling (reconversion) et le recrutement. « L'upskiling consiste à proposer des formations de courte durée en entreprise pour apporter aux salariés des compétences complémentaires. Le reskilling, plus long et intensif, aide les salariés à passer d'un job A à un Job B. Chez Amazon, par exemple, les préparateurs de commande sont formés pour pouvoir devenir ensuite développeur web, data analyst, etc. Pour Enedis, on transforme les techniciens qui posent les compteurs Linky en product manager ou développeur d'applications mobiles. Ce sont de vrais changements de carrière » décrit Pierre Dubuc, co-fondateur.

Un milliard de personnes à former d'ici 2030

Des formations longues de plusieurs mois en alternance où les salariés travaillent quatre jours par semaine et consacrent une journée pour se former. Pour le volet recrutement, l'objectif est de résoudre le manque de talents sur certains métiers en tension, comme la data science ou la cybersécurité, ou plus traditionnels, comme les commerciaux. « Nous partons des besoins de l'employeur et nous allons chercher les candidats qui ont la capacité d'obtenir ces compétences en créant des pré qualifications. En échange, nous demandons à l'employeur de les embaucher dès le premier jour de la formation » précise Pierre Dubuc. OpenClassrooms collabore avec des grands groupes pour des formations en gros volume mais aussi des PME et start-up pour un ou quelques salariés. « D'après le World Economic Forum et PwC, il va falloir former un milliard de personnes sur les compétences digitales d'ici 2030, soit un tiers de la main d'œuvre mondiale. C'est énorme. Et ce sont des formations plutôt longues » rappelle Pierre Dubuc. Or, l'offre actuelle des universités et des instituts de formation privés ne va pas suffire pour absorber ce volume considérable.

Lire aussi : Pasqal fait la course en tête dans l'informatique quantique

Ce nouveau type de formation digitale vient bousculer les méthodes éducatives traditionnelles plutôt fondées sur le présentiel. C'est l'intérêt de ce modèle plus souple et flexible que permet le numérique pour répondre à ce besoin massif. « Les gens de 30 ou 40 ans ne peuvent pas aller à l'école de 9 à 17 heures. Il faut donc leur proposer une solution pour étudier quand ils le souhaitent et à leur rythme » ajoute le co-fondateur d'OpenClassrooms. Avec son catalogue modulaire et la possibilité de se connecter n'importe où (OpenClassroooms couvre 140 pays et possède des bureaux à New-York et Londres), la PME est un nouvel acteur qui contribue à cet effort de formation et désormais de recrutement. « Il y a un momentum très fort en ce moment autour de ces sujets » estime Pierre Dubuc. La start-up collabore avec le monde éducatif public et privé (Centrale Supélec, l'ENSEA, Polytechnique, Sciences Po, HEC, Skema Business School, etc.) avec qui elle bâtit des cursus et qu'elle accompagne sur le volet numérique. « Pour comprendre cette évolution de la formation, il faut l'expérimenter » conseille Pierre Dubuc à ces institutions qui vont devoir se mettre à la page digitale.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :