Accélération de la transformation digitale : une réponse au confinement
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La plateforme SmartService, mise au point avec la filiale d'ENGIE Siradel, a été lancée en un temps record par la Région Île-de-France. « Il a fallu réagir très vite. En quatre jours ouvrés, nous avons ouvert un premier service numérique, Solutions Covid-19, avec l'aide de partenaires qui se sont mobilisés pour trouver des solutions pratiques » évoque Gwënnaelle Costa Le Vaillant, directrice Donnée, Numérique et Smart Région de la Région Île-de-France. Une performance réalisée grâce à dix-huit mois de travail préalable.
« Industrie Covid-19 », mis en ligne peu après, est une centrale d'achat pour répertorier les acteurs capables de fournir masques, blouses, gel hydro alcoolique et autres produits de première nécessité. Une plateforme accessible aux industriels et aux acheteurs créée en six jours qui a rapidement trouvé son public, avec 5500 collectivités et entreprises qui l'utilisent. Deux exemples d'outils digitaux qui illustrent la volonté de la Région de devenir la première smart région d'Europe.
La plateforme SmartService s'appuie sur le jumeau numérique de la Région, soit une modélisation 3D de l'ensemble du territoire. « Le but de la plateforme est d'engager entreprises, associations et collectivités dans un projet commun. Le jumeau numérique permet de visualiser des données (bâtiments, infrastructures), mesurer des indicateurs (éclairage public, exposition aux ondes) et établir des scénarios d'aménagement urbains (impact sur la pollution, la circulation, etc.) » détaille Jérémy Lefrère, directeur de projets Smart City chez Siradel, filiale d'ENGIE. La Région travaille aussi sur le futur service SmartFactory : « il va permettre à chacun de créer son propre service numérique et le proposer à ses voisins, sa commune ou son association » décrit Gwënnaelle Costa Le Vaillant.
Le numérique peut aussi aider à protéger les équipes opérationnelles sur le terrain et assurer la transition zéro carbone, comme la solution PREDITY VISION d'ENGIE Solutions. « Concrètement, nous avons 36 salles déployées sur le territoire national, 20 000 installations et 50 000 objets connectés qui recueillent 80 millions de données par jour » détaille Yann Marvin, directeur digital opérationnel d'ENGIE Solutions. Le concept : un traitement de la donnée dans un cycle court. La data arrive, est analysée par les équipes et revient vers le terrain après une prise de décision. Exemple : les visites à distance, qui servent à monitorer et vérifier les installations sans se rendre sur place. « C'est une assurance pour la continuité de service et aussi pour éviter l'exposition inutile de nos techniciens au risque de contagion » explique Yann Marvin.
Directeur des infrastructures informatiques du Groupe
, qui a observé un boom des réunions à distance, qui sont passées de 6 000 à près de 40 000 par jour.L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Le nombre de réunions via Teams de Microsoft a lui quintuplé en deux semaines. Les solutions cloud ont permis de gérer 60 000 utilisateurs qui se connectent de chez eux, soit 6 fois plus que d'habitude. Conclusion d'Erik Orsenna, économiste et écrivain : la modernité n'est pas une catastrophe, au contraire. « Le jumeau numérique, par exemple, permet de faire évoluer l'univers de la santé » explique celui qui est aussi ambassadeur de l'Institut Pasteur. Autre notion capitale : le temps du digital. « Le temps, ça veut dire investir dans la durée. J'en ai assez de ces contrôleurs de gestion qui privilégient le court terme ! Pasteur disait : la chance sourit aux esprits préparés. Eh bien les responsables du numérique avaient l'esprit préparé ».
Troisième remarque de l'Académicien : le digital est aussi un espace. « Le numérique n'est pas abstrait : il correspond à des géographies. Quelle est la bonne échelle de la solidarité ? Celle de la région et des villes me semble intéressante pour mettre en place le déconfinement ».Enfin, l'ancien Conseiller d'État met en exergue l'articulation des transitions : « qu'elles soient agricole, urbaine ou de mobilité, il y a toujours du numérique dans les transitions ». Erik Orsenna se dit « joyeux intellectuellement » de vivre cette période et s'interroge : « qu'est-ce qu'un service public de mobilité ? Et qu'est-ce que le travail ? ». Vaste question que la pandémie a remis au goût du jour.
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