Boston Dynamics : pourquoi Google vend à Softbank ses "effrayants" robots

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Google avait acheté Boston Dynamics en 2013, entreprises spécialisée dans la robotique notamment à usage militaire.
Google avait acheté Boston Dynamics en 2013, entreprises spécialisée dans la robotique notamment à usage militaire. (Crédits : Capture d'écran YouTube / Boston Dynamics)
Manque de rentabilité, trop grande autonomie, tensions internes... la startup américaine spécialisée en robotique, rachetée par le moteur de recherche en 2013, n'a jamais totalement intégré la grande famille Google.

Un petit tour et puis s'en va. Boston Dynamics, entreprise spécialisée dans la robotique militaire, va passer dans les mains de Softbank seulement trois ans après son rachat par Google. Le géant des télécommunications japonais acquiert également au passage la division Schaft, acquise par le moteur de recherche en 2014. Le montant des transactions, annoncées vendredi, n'a pas été dévoilé.

| Lire : Robots militaires : pourquoi SoftBank rachète Boston Dynamics à Google

Ces deux entreprises, Boston Dynamics et Schaft, conçoivent et fabriquent des robots géants impressionnants, humanoïdes ou en forme d'animaux. Certains d'entre eux sont capables de porter des charges jusqu'à 180 kilos et de courir jusqu'à 32 kilomètres/heure... et même de reproduire certains gestes typiquement humains comme se relever après une chute. A tel point que les spectaculaires vidéos de démonstration sur YouTube sont devenues virales.

Dysfonctionnements internes

"La robotique a un grand potentiel et nous sommes heureux de voir Boston Dynamics et Schaft rejoindre l'équipe SoftBank pour continuer de contribuer à la prochaine génération de robots", a déclaré un porte-parole d'Alphabet, la maison-mère de Google. Mais c'est un "grand potentiel" que Google n'a pas su exploiter et développer.

En 2013, le géant américain se lance tous azimuts dans la robotique avec une division baptisée Replicant en interne. La société californienne achète alors huit startups dans le domaine, dont Boston Dynamics, qui devient rapidement la plus emblématique. Pourtant, la société née en 1992 dans les couloirs du prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology) n'a jamais réellement intégré l'esprit Google. Les projets ont été menés avec une grande autonomie - son siège était resté à Boston, à plus de 5.000 kilomètres du siège de Google dans la Silicon Valley. L'éloignement des centres de décision fut un des facteurs de dysfonctionnements internes, mais pas le seul.

Innovation ou rentabilité, le dilemme de Google

En effet, Google confie les rênes de sa division robotique à Andy Rubin, fondateur d'Android, mais celui-ci claque la porte en 2014, laissant la division sans ligne directrice claire et avec de sombres perspectives commerciales.

"L'un des défis auxquels ils ont dû se confronter est que leurs robots ne peuvent pas s'adapter à la production en série", assure à Bloomberg Gene Munster, analyste chez Loup Ventures. "C'est pourquoi ils n'ont jamais correspondu au modèle de Google."

Le géant américain a pourtant travaillé avec l'armée américaine, mais sans succès. En décembre 2015, l'armée des Etats-Unis, en l'occurrence le corps des Marines (United States Marine Coprs, USMC) refuse de travailler avec leurs chiens-robots. En cause : des machines beaucoup trop bruyantes, et une version alternative pas assez puissante. Sans compter qu'une collaboration avec l'armée est loin de l'image du cool mise habituellement en avant par Google.

Fin de la division robotique, coup d'arrêt des projets "fous"

En 2015, l'entreprise de la Silicon Valley décide d'arrêter les frais en mettant fin à sa division robotique. Elle est intégrée dans Google X, laboratoire d'innovations (Google Glass, voitures autonomes, satellites...). Puis, le ton change encore avec l'arrivée de Ruth Porat en mai 2015, ancienne directrice financière chez Morgan Stanley. Elle instaure depuis une politique stricte de contrôle des coûts, visant à écarter les projets "fous" de Google qui ne sont pas rentables. Conséquence : les rumeurs de mise en vente de Boston Dynamics circulaient depuis 2016, en l'absence de robots commercialisables à court terme, selon Bloomberg. Le coût de ces engins n'a jamais été communiqué, mais il serait "encore très cher", affirmait à TechCrunch en décembre Marc Raibert (à gauche, dans la photo ci-dessous), fondateur de Boston Dynamics. Dans la même logique, Google s'est séparé de son projet de drones internet en janvier et de ses satellites Terra Bella en février dernier.

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