Un écosystème renforcé

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(Crédits : iStock)
L’environnement deep tech français s’est progressivement structuré et donne aujourd’hui naissance à de belles start-up à forte valeur technologique. Reste à en faire des licornes...

Dispositifs quantiques, biotechnologies, intelligence artificielle : à en juger par l'intérêt croissant des investisseurs, la deep tech, riche de promesses, est en plein essor. Fruits de longues années de travail scientifique, nées le plus souvent au sein d'un laboratoire de recherche, ces start-up à l'origine des technologies de rupture sont susceptibles de révolutionner des pans entiers de la société. Mais pour pouvoir développer leurs innovations, qui s'inscrivent dans une R& D longue, exigeant de lourds investissements, puis les porter sur le marché, les jeunes pousses de la deep tech ont besoin de s'appuyer sur un écosystème développé.

C'est désormais le cas de la France. Au-delà de la qualité de sa recherche fondamentale, reconnue dans le monde entier, l'écosystème autour de la création de start-up à forte valeur technologique s'est largement renforcé ces dernières années, avec d'abord l'apparition des premiers incubateurs de recherche publique, en 1999, dans le cadre de la loi Allègre - et le concours i-Lab, des dispositifs de valorisation de la recherche publique tels que les Instituts Carnot, la création des SATT (sociétés d'accélération du transfert des technologies) et des IRT (instituts de recherche technologique). Aujourd'hui, il comprend également des incubateurs, accélérateurs et start-up studios privés, tandis que les laboratoires de recherche parient sur l'accompagnement de projets très innovants dans le cadre de la valorisation de leurs résultats de recherche.

Concours i-Lab

Partenaires industriels

« L'écosystème s'est profondément enrichi en vingt ans, notamment en acteurs de la facilitation », relève ainsi Pascale Augé, présidente du directoire d'Inserm Transfert, la filiale privée d'Inserm spécialisée dans le transfert de technologies en sciences de la vie. La prise de conscience en France sur la nécessité de ces métiers d'interface afin de permettre une meilleure adaptation entre l'académique et le privé, des mondes complémentaires, est désormais acquise.

Corinne Borel, directrice déléguée de l'essaimage au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), d'où sortent une dizaine de start-up par an, rappelle quant à elle que les industriels « sont de futurs partenaires ou clients. Il faut donc les associer le plus tôt possible à ces innovations qui répondent à leurs besoins ». Également présidente d'Incuballiance, l'incubateur technologique du cluster Paris-Saclay (un incubateur de la recherche publique), elle estime même que, compte tenu  du nombre d'industriels qui s'implantent sur le plateau près de Paris, les écosystèmes qui se sont déployés autour du Leti et de Saclay « ont une énorme force de frappe ».

Faire grandir les jeunes pousses

L'écosystème technique étant désormais structuré, un ultime effort est, selon les observateurs, à produire pour la France : celui d'aider à transformer les start-up de la deep tech en licornes. Autrement dit, « de les faire croître et les consolider - tout en les aidant à garder un certain niveau d'indépendance », déclare Pascale Augé. Un enjeu de taille, mais qui permettra aux start-up de la deep tech tricolore de se positionner encore mieux dans la course mondiale à l'innovation.

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