Le pionnier de l’écorecyclage Itancia veut verdir les entreprises avec le reconditionné
Frédéric Thual
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En 2021, Itancia a donné une seconde vie à 416.000 produits. Les activités de reconditionnement et de réparation ont permis d’économiser 14.200 tonnes de C02, comparativement à la fabrication du matériel neuf.
Dix ans après avoir monté un premier atelier de « rebillage » dans la région de Grenoble, le groupe angevin Itancia investit dans une seconde unité en Anjou pour redonner vie aux cartes électroniques obsolètes ou défectueuses et offrir une alternative à la pénurie de composants. Pionnier du reconditionnement de matériel de communication sur le marché du BtoB, l’ETI angevine s’efforce de prouver, depuis le début des années 1990, que business et écologie ne sont pas incompatibles.
Aléatoire jusqu'à la crise du composant, l'activité de « rebillage », consistant à remplacer des composants sur des cartes électroniques, connaît un regain d'intérêt auprès des industriels. Au point que le groupe Itancia qui avait investi dans cette activité il y a dix ans à Grenoble, s'apprête à monter une unité similaire à Valanjou, dans le Maine-et-Loire, sur l'un de ses sites de production. Un investissement de 500.000 euros qui pourrait générer jusqu'à 4 à 5 millions d'euros de chiffre d'affaires par an.
« Nous sommes deux ou trois acteurs en France à pourvoir répondre à cette demande. C'est un métier complexe qui impose d'avoir des machines spéciales, coûteuses, et un personnel technique spécifique, mais un métier qui devient opportun avec la crise du composant. C'est une niche, mais c'est dans l'air du temps », indique Yann Pineau, fondateur du groupe Itancia engagé dans l'écoresponsabilité depuis sa création, il y a trente ans.
Le neuf, le reconditionné et la réparation
« Depuis six à sept ans, la RSE fait partie des stratégies d'entreprise, mais, à l'époque, nous étions vraiment pionniers », se souvient le biologiste de formation, passionné de nature, diplômé en commerce, et CEO d'Itancia.
Yann Pineau est venu au reconditionnement un peu par hasard, en désossant les gros systèmes d'IBM, d'Alcatel ou de Cisco qui, dans les années 1990, avaient besoin de pérenniser leur matériel.
De fil en aiguille, l'entreprise, spécialisée dans les télécommunications, glisse vers la réparation, étend ses activités en reprenant des intégrateurs sur le marché français, et, sollicitée par les fabricants attirés par ce réseau, devient distributeur.
De là, est né Itancia, un groupe de 550 personnes, appuyé sur trois activités : Itancia Again, activité historique de reconditionnement pour prolonger la vie des produits et accompagner les entreprises vers la réduction de leur impact environnemental ; Itancia Factory, pour la réparation ; et Itancia Technology, pour la distribution de solutions de télécommunication écoresponsables.
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