Compétition croissante sur le marché du smartphone, pressions antimonopole, turbulences géopolitiques et course à l’IA générative annoncent une année difficile pour la marque à la pomme, qui ne manque toutefois pas de ressources pour y faire face.En apparence, Apple demeure solide. Le cours de son action est proche de son plus haut historique, et a été épargné par la chute qu'ont connue les autres Gafam en 2022 alors que s'estompaient les années fastes du Covid. Au dernier trimestre 2023, le groupe à la pomme a renoué avec la croissance après quatre trimestres de baisse consécutive, enregistrant une hausse de son chiffre d'affaires de 2,1%, et de 13% pour son résultat net. Les ventes d'iPhone, qui demeurent le cœur des affaires de l'entreprise, ont quant à elles bondi de 6%.
Pour autant, les nuages continuent de s'amonceler pour le groupe qui, de manière symbolique, a perdu début janvier son statut d'entreprise la mieux valorisée au monde, doublé par Microsoft, dont la valorisation s'envole suite à son pari payant sur l'IA générative, manifesté par son investissement massif dans OpenAI. La place de numéro 2 reste certes très enviable, mais Apple devra composer avec nombre de dangers lors de l'année qui s'ouvre.
Apple épinglé par les régulateurs les deux côtés de l'Atlantique
La première menace qui pèse sur Apple est de nature juridique, alors que les autorités antimonopole américaines et européennes passent ses pratiques au peigne fin. Un temps relativement épargné grâce à son focus sur la défense de la vie privée et au fait que son modèle d'affaires repose sur la vente de produits plutôt que sur le logiciel, le groupe est désormais ciblé pour ses pratiques jugées anticoncurrentielles. En octobre dernier, il a dû retirer de la vente la dernière version de son Apple Watch après que l'International Trade Commission, une agence fédérale américaine notamment chargée de trancher les litiges sur les brevets, a jugé que sa fonctionnalité de mesure du niveau d'oxygène dans le sang empiétait sur les brevets du fabricant américain d'appareils médicaux Masimo. La montre est depuis redevenue disponible sans cette fonctionnalité.
Aux États-Unis, toujours, le Département de la Justice, qui a pris un virage antimonopole sous Joe Biden, s'inquiète également du fait que l'Apple Watch marche mieux avec l'iPhone qu'avec d'autres smartphones et que le système de messagerie d'Apple ne soit pas disponible sur les appareils rivaux.