L'Anssi a constaté sur les systèmes compromis l'existence d'une porte dérobée ou backdoor, c'est-à-dire une fonctionnalité inconnue de l'utilisateur légitime, qui donne un accès secret au logiciel développé par Centreon.
Plusieurs sociétés ou institutions françaises ont été touchées entre 2017 et 2020 par une intrusion informatique via le logiciel français Centreon, avec une technique rappelant "Sandworm", dont l'origine est attribuée à des hackers russes.
L'Anssi, le gardien de la sécurité informatique française, a révélé lundi 15 février dans une note d'information rendue publique, ce qui est rare, une attaque informatique d'ampleur menée depuis au moins 2017 via le le logiciel français Centreon. D'après le document, plusieurs sociétés ou institutions françaises ont été touchées.
Que fait le logiciel Centreon ?
Centreon est une entreprise de cybersécurité basée à Paris et spécialisée dans la supervision informatique. Elle édite un logiciel, vendu sous la forme d'un abonnement annuel, prisé par les grands groupes et les institutions. Concrètement, sa plateforme permet de centraliser, cartographier, analyser et partager des données provenant de tous les dispositifs et applications informatiques de l'organisation. L'objectif : garantir que les infrastructures informatiques et les activités métier critiques qui dépendent du système informatique, fonctionnent au mieux de leurs capacités.
Le logiciel supervise donc l'intégralité des structures informatiques, du cloud jusqu'à l'edge computing, en permanence. L'entreprise promet également, grâce à sa cartographie des services, de "favoriser l'excellence des performances métiers en alignant les opérations informatiques sur les objectifs de croissance des entreprises".
Centreon revendique de nombreux clients parmi les grands groupes et les institutions, dont EDF, Orange, Airbus, Air France-KLM, Bolloré, Sephora, Canal+ ou encore Total. Son logiciel est également utilisé par le ministère de la Justice.
Quels sont les détails de l'attaque et qui a-t-elle touché ?
"Les premières compromissions identifiées par l'Anssi datent de fin 2017 et se sont poursuivies jusqu'en 2020", précise l'Anssi dans sa note, qui n'exclut toutefois pas, comme le souligne Centreon dans son propre communiqué, que les attaques aient pu débuter dès 2015.
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L'Anssi a constaté sur les systèmes compromis l'existence d'une porte dérobée ou backdoor, c'est-à-dire une fonctionnalité inconnue de l'utilisateur légitime qui donne un accès secret au logiciel. Celle-ci a été déposée sur plusieurs serveurs Centreon exposés sur Internet. Sur ces mêmes systèmes, l'Anssi a identifié la présence d'une autre porte dérobée nommée Exaramel par l'éditeur ESET.