Paris&Co, le bras armé de l’innovation de la ville de Paris

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Anne Hidalgo, la maire de Paris, lors de l'inauguration du Cargo, en novembre 2015, un incubateur de Paris&Co.
Anne Hidalgo, la maire de Paris, lors de l'inauguration du Cargo, en novembre 2015, un incubateur de Paris&Co. (Crédits : La Tribune/Laszlo Perelstein)
Créée en janvier 2015, l’agence de développement économique et d’innovation de Paris, connue pour ses incubateurs comme le Tremplin, le Cargo ou le Welcome City Lab, œuvre en coulisses pour dynamiser la scène startup francilienne et la faire rayonner à l’international.

Dans une ruche, il y a la reine, qui attire l'attention, et puis toutes les abeilles ouvrières, sans qui rien ne serait possible. Dans le rôle de la reine, la Ville de Paris et sa maire, Anne Hidalgo, qui ne perd jamais une occasion d'afficher le dynamisme de la capitale et de sa scène startup. Dans le rôle de l'abeille ouvrière, Paris&Co, véritable bras armé de la mairie, qui œuvre inlassablement en coulisses pour provoquer et entretenir ce dynamisme.

Créée en janvier 2015, fruit d'une fusion entre Paris Développement et Paris Région Lab, Paris&Co n'est pas une simple association, mais une véritable agence de développement économique. Financée au tiers de son budget de 8 millions d'euros par la Ville de Paris, la structure est dirigée par un duo complémentaire, Loïc Dosseur et Karine Bidart. Le premier est l'ancien directeur de cabinet de Jean-Louis Missika sous Bertrand Delanoë, lorsqu'il était adjoint en charge de l'innovation. La deuxième était l'ancienne directrice générale de l'agence Paris Développement, qui s'est dissoute dans Paris&Co. "Karine Bidart apporte son expérience de l'international tandis que je connais bien la scène locale", avance Loïc Dosseur. Qui ajoute : "Nous travaillons clairement au service de la ville, mais sans être politiques. Notre but est d'effectuer un travail de fond pour faire émerger l'innovation partout dans le territoire métropolitain."

Huit incubateurs, 240 startups

La structure, qui compte une cinquantaine d'employés, s'est dotée de cinq grandes missions : développer l'attractivité internationale de la France, aider des startups à grandir, offrir à certaines des terrains de jeu grandeur nature à Paris, encourager l'open innovation dans les grands groupes, et organiser des événements pour "célébrer l'innovation" dans la ville.

En moins de deux ans, Paris&Co a réussi à s'imposer dans le paysage. 240 startups sont actuellement hébergées dans les huit incubateurs de l'agence. Ouvert en novembre dernier, le Cargo, spécialisé dans les industries numériques, culturelles et créatives, se distingue même comme le plus grand incubateur de la capitale (15.000 mètres carrés), en attendant l'ouverture de la Halle Freycinet de Xavier Niel, prévue pour janvier prochain. Moins spectaculaires, les incubateurs Welcome City Lab (tourisme) et le Tremplin (sport) bénéficient aussi d'une large notoriété car ils ont su fédérer autour de leurs startups un écosystème dynamique de grands groupes et de partenaires. C'est d'ailleurs l'approche de Paris&Co, qui se voit davantage comme un facilitateur de business que comme une béquille pour les jeunes pousses, comme l'explique Loïc Dosseur :

"Nous agissons moins en amont que les autres incubateurs. Nos recrues ont déjà quelques mois d'existence, notre plus-value est de leur offrir l'accès à un large réseau de grands groupes, d'investisseurs, d'institutions et de chercheurs. On les aide à trouver rapidement le bon contact pour leur problème, on les conseille sur quel investisseur contacter, quand, comment pitcher, qui aller avoir dans une grande entreprise pour nouer un partenariat..."

Une démarche d'open innovation avec les grands groupes

Pour le co-directeur, le principal atout de Paris&Co est sa "vision à 360 degrés". Car en plus de l'incubation, l'agence soigne ses relations avec l'ensemble de l'écosystème. Et notamment avec les grands groupes, au travers de sa démarche d'open innovation. L'objectif : faciliter les rencontres entre les grands comptes et les startups pour impulser des relations commerciales.

"Il faut aller au-delà de la communication, poursuit Loïc Dosseur. L'intégration de l'innovation startup doit passer par des partenariats concrets. C'est du gagnant-gagnant car les grands groupes bénéficient de l'agilité et de l'esprit de la startup, tandis que les jeunes pousses peuvent appuyer leur croissance sur du chiffre d'affaires".

Aujourd'hui, soixante-dix grands entreprises, d'Alstom à Total, en passant par Sanofi, Veolia, Allianz, Cisco, Renault, SFR, la SNCF ou encore JCDecaux, participent au Club Open Innovation de Paris&Co.

Des expérimentations grandeur nature pour les startups

Grâce à la profondeur des liens de l'agence avec la Ville de Paris et avec les acteurs privés, Paris&Co peut proposer à certaines de ses startups de tester leur innovation grandeur nature, pendant une courte période.

"La mairie peut nous mettre à disposition un bout de trottoir, une place, une installation électrique, une crèche, un jardin, du mobilier urbain pendant quelques jours ou quelques mois", précise Loïc Dosseur. L'initiative, baptisée Urban Lab, fonctionne par appels à candidatures sur des thèmes précis, comme la logistique urbaine, l'adaptation au changement climatique ou encore l'efficacité énergétique.

En 2015, 22 projets ont été sélectionnés pour tester de nouvelles solutions sur le thème "logistique urbaine durable". Et si vous marchez près des Galeries Lafayette, vous apercevrez peut-être un fraisier vertical sur les toits. Il s'agit d'expérimenter une initiative de « végétalisation innovante ». Autant de solutions qui visent à placer Paris à la pointe dans le domaine de la smart city, la ville intelligente du futur.

Compenser l'approche "franco-française" des autres incubateurs

Avec des événements comme le Hacking de l'hôtel de ville (3.500 participants en 2016) ou le Grand Prix de l'innovation (la cérémonie se tiendra le 14 décembre), Paris&Co tente d'animer la scène de l'innovation française. La structure est également partenaire du village des startups du forum Smart City - Cities for life, organisé par La Tribune, qui se tiendra le 21 et 22 novembre prochain. Mais Paris&Co se focalise surtout sur l'attractivité de la France à l'international.

"Nous voulons que les entrepreneurs étrangers considèrent Paris comme le meilleur hub en Europe pour monter leur startup. A terme, 30% de nos startups incubées doivent être d'origine étrangère", ajoute Loïc Dosseur.

Aujourd'hui, seule une trentaine de startups incubées par Paris&Co (sur 240, soit 12,5%) sont dirigées par un entrepreneur étranger. Toutes sont accueillies dans un incubateur spécial dans le 15è arrondissement de Paris. "On part de très loin, car les autres incubateurs ont une approche très franco-française. C'est normal, il y a beaucoup de demande en France, mais notre volonté est d'équilibrer un peu les choses", explique le directeur.

Des prospecteurs, basés à Paris mais de culture étrangère, font du repérage pour encourager des entrepreneurs étrangers à monter leur startup en France. Ils encouragent aussi les startups françaises qui se développent à l'étranger à vanter les atouts de l'Hexagone. Ou comment créer, en toute discrétion, un cercle vertueux autour de l'innovation française.

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Commentaires
a écrit le 01/09/2019 à 19:46 :
Je fais mes courses alimentaires dans un marché parisien, le marché GROS La FONTAINE, PARIS 16ème.
Les producteurs et commerçants présents sont sympa, mais ils en ont marre : leur alimentation électrique dysfonctionne en permanence.
Comment couper des tranches de jambon, peser, conserver les produits, quand des coupures de courant viennent en permanence interrompre votre travail ?
La ville ferait bien de régler cette question "basique" avant de nous raconter des belles histoires d'innovation urbaine dans l'énergie !
a écrit le 06/11/2016 à 21:05 :
Niel met ses milliards pour accueillir 1000 start ups, Hidalgo fait donc la même chose avec l'argent public. Ça lui permet de caser quelques copains et de faire beaucoup de comm'.
Peu importe la dette de la ville...
a écrit le 04/11/2016 à 19:13 :
Alors on fait de la com ? ,c'est marrant si vous leur proposez un vrai projet avec experimentation dans Paris ils vous jettent . Ce sont tous des mangeurs de buget
8 millions € vous vous rendez compte tout ça pour collecter des idées et vous gratifier d'un petit pécule.
Chers amis start up rien de bon vous arrivera , vous perdrez votre temps meme si votre projet est top . Des maitres vont vous parler marketting , marché , BLA BLA!!! ,leur probleme c'est d'exister , c'est pas comme ça que vous allez gagner la mondialisation.
CE boulot c'est celui du ministere de l'industrie qui a de vrais competences pas celui d'une ville et des ses ami
Réponse de le 05/11/2016 à 1:04 :
Si seulement je t'avais lu avant de me crever à leur proposer un super projet. Aujourd'hui on s'en sort, ce n'est pas grâce à eux et j'en suis ravis !

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