Reconnaissance faciale : le jeu astucieux des Gafa
Guillaume Renouard, à San Francisco
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Reconnaissance faciale
Reuters
Guillaume Renouard, à San Francisco
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Reconnaissance faciale
Reuters
S'il est une technologie qui évoque immédiatement les pires fictions dystopiques, c'est sans doute la reconnaissance faciale. S'appuyant sur l'intelligence artificielle pour identifier automatiquement des visages sur des photos ou des vidéos, elle est aujourd'hui en plein boom, portée par quelques grandes entreprises américaines des nouvelles technologies, Google, Amazon et Microsoft en tête. Mais elle suscite aussi des inquiétudes croissantes dans l'opinion publique.
En janvier, près de 90 groupes de défense des droits de l'homme ont écrit une lettre ouverte à Amazon, Microsoft et Google pour leur demander de cesser la vente de cette technologie au gouvernement américain, dénonçant un risque de surveillance généralisée. La ville de San Francisco, elle, envisage de bannir purement et simplement son usage, ce qui serait une première aux États-Unis.
Malgré son aspect effrayant, la reconnaissance faciale peut avoir de nombreux apports positifs. La police de New Delhi s'en est servi pour retrouver des enfants disparus, tandis que des médecins américains se sont appuyés sur elle pour diagnostiquer une maladie génétique rare chez certains patients. Des historiens l'ont également employée pour identifier des soldats inconnus sur des photographies datant de la guerre de Sécession. Mais, mise entre les mains des pouvoirs publics, elle représente aussi une terrible menace pour les libertés individuelles.
La Chine a ainsi commencé à l'utiliser pour traquer les délinquants, appliquant des algorithmes de reconnaissance faciale sur ses caméras de surveillance et équipant ses policiers de lunettes connectées assorties de cette technologie, scénario que n'aurait pas renié George Orwell.
Face aux inquiétudes du public, les Gafa ont dû faire des concessions. En décembre, Google a annoncé mettre en suspens la vente de la technologie dans l'attente d'un cadre législatif susceptible d'éviter qu'elle ne soit employée à mauvais escient. Microsoft et Amazon ont également appelé à mettre en place des lois encadrant son usage. Pour les géants américains du Net, il s'agit bien entendu de rassurer la population, et de plaider en faveur d'un encadrement plutôt que d'une interdiction pure et simple de la reconnaissance faciale. Mais paradoxalement, ils ont aussi un intérêt économique à la mise en place de régulations.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

Guillaume Renouard, à San Francisco