Facebook : le mea culpa de Zuckerberg

Le fondateur et PDG du réseau social s'est exprimé pour la première fois publiquement depuis l'introduction en Bourse qui a tourné au fiasco, à la conférence TechCrunch Disrupt à San Francisco. Mark Zuckerberg a notamment reconnu s'être trompé dans sa stratégie sur mobile. L'action bondit de 6% ce mercredi à l'ouverture de Wall Street.
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Copyright Reuters (Crédits : BLOOMBERG NEWS)

Vêtu de son traditionnel t-shirt kaki, devenu sa signature, mais sans le fameux sweat à capuche qui a tant défrayé la chronique, Mark Zuckerberg s'est exprimé mardi pour la première fois publiquement depuis l'introduction en Bourse qui a tourné au fiasco. Lors de la conférence TechCrunch Disrupt à San Francisco, il a répondu pendant une demi-heure aux questions sans tabou de Michael Arrington, le fondateur du site TechCrunch devenu investisseur en start-ups (Crunch Fund). Interrogé sur le parcours boursier désastreux de Facebook, qui a perdu la moitié de sa valeur par rapport à son prix d'introduction de 38 dollars, le jeune PDG et premier actionnaire du groupe a reconnu que « de toute évidence, la performance de l'action est décevante. » Cela affecte-t-il le moral des salariés ? « Cela n'aide pas » a observé le jeune patron, qui a cependant relevé que Facebook a déjà connu « des hauts et des bas, des moments où les gens étaient trop gentils ou trop critiques. » Surtout, il a rappelé sa philosophie : « nous ne faisons pas des services pour gagner de l'argent, nous gagnons de l'argent pour construire des services meilleurs, notre moteur c'est notre mission. » Un discours qui a plu aux investisseurs : l'action bondit de 6% ce mercredi à l'ouverture de Wall Street à 20,60 dollars.

« Le mobile, notre plus grosse erreur stratégique »
« Dans trois ou cinq ans, la question que tout le monde aura à l'esprit c'est comment nous nous en sortons sur le mobile. Nous pensons que nous allons gagner beaucoup plus d'argent sur mobile que sur PC » a-t-il déclaré. S'il se déclare « optimiste sur la monétisation » de l'audience sur mobile, ce dernier étant « plus proche de la télévision que du PC », il concède « un tas de faux pas » dans ce domaine. En particulier, Zuckerberg estime que « tout miser sur [le langage de programmation] Html 5 plutôt que sur les applications mobiles natives a été une de nos plus grosses erreurs, sinon notre plus grosse erreur stratégique. » Car la qualité n'était pas au rendez-vous, l'application web n'offrant pas la même fluidité ni la même ergonomie qu'une application sur mesure pour un système d'exploitation déterminé (iOS d'Apple, Android, etc). « Nous avons perdu deux ans, c'est très pénible. Nous avons mis 8 mois à développer sous Html 5 puis décidé 4 mois plus tard de repartir de zéro et il a fallu tout reprogrammer » a raconté celui qui confie « continué à « coder » pour le fun. »

« Un Facebook phone ne ferait aucun sens ! »
Facebook va mettre les bouchées doubles dans le mobile, s'est réorganisé autour de ligne de produits et tout le monde contribue au développement de nouvelles fonctionnalités pour mobile. « Maintenant nous sommes une entreprise du mobile » considère même Zuckerberg. En revanche, « faire notre propre téléphone serait clairement la mauvaise stratégie pour nous. Cela ne ferait pas pencher la balance : nous avons près de 950 millions d'utilisateurs et nous pourrions avoir, quoi, 10 millions ou 20 millions qui utiliseraient un tel téléphone ? » a-t-il fait valoir. « Nous allons dans la direction opposée. Nous construisons un système qui doit être le mieux intégré possible avec tous les appareils que les gens utilisent. Un téléphone ne ferait aucun sens » a-t-il martelé.

Un moteur de recherche Facebook ?
En revanche, Mark Zuckerberg a révélé qu'il avait bien une équipe qui travaille sur le « search », sur les questions liées à la recherche sur Internet, sans préciser combien de personnes planchaient dessus. Il s'agit par exemple de répondre à des questions complexes tirant partie du réseau social de chacun, par exemple « quel restaurant japonais mes amis ont aimé dernièrement ? » ou bien « dans quelles entreprises qui m'intéressent mes amis travaillent pour que je puisse en parler avec eux ? » Attention les Foursquare, Google et autres LinkedIn : Facebook n'a pas dit son dernier mot. D'ailleurs Zuckerbeg confie au passage qu'il « préfère être dans un cycle où l'on nous sous-estime, cela nous laisse une plus grande latitude pour faire des paris. » A bon entendeur.
 

>> (Re)voir la vidéo de l'intervention de Marc Zuckerberg


 

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Commentaires 13
à écrit le 12/09/2012 à 20:15
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Heureux fumiste ..

à écrit le 12/09/2012 à 18:04
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trop tard !

à écrit le 12/09/2012 à 17:53
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Des excuses publiques... Un petit prince du capitalisme qui explique que son but n'est pas de gagner de l'argent, un business qui parait tres prometteur mais que personne ne comprend ou peut expliquer, un secteur juge speculatif. Soit ce type est plu...

le 22/09/2012 à 9:09
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Les formes capitalisme qui fonctionne le mieux en tous temps ce sont les produits et services qui sont soit populaires, soit avec une image forte. Apple est dans la deuxième catégorie, Facebook dans la première. Quand Apple peut se permettre de vendr...

à écrit le 12/09/2012 à 17:48
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marc vous êtes un génie de l?informatique .pour Facebook j'approuve l?idée c'est génial

à écrit le 12/09/2012 à 17:35
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Facebook c'est encore la bulle internet qui menace d'exploser, c'est un "modèle" du moment qui va disparaitre d'ici quelques années emporté par un autre systême encore plus innovant trouvé par un autre "Génie", l'idée de valorisation boursière d'une ...

à écrit le 12/09/2012 à 17:21
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Il fallait bien se douter que l'IPO de FACEBOOK allait tourner au désastre boursier quand on a vu le barnum auquel se sont livrés les journalistes "financiers" . .....Quand on sait qu'ils sont en général les carabiniers des tendances boursieres , une...

à écrit le 12/09/2012 à 16:07
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A quoi peut servir facebook ? Etaler publiquement sa vie privée, sincèrement ça n'intéresse personne, je me demande comment font il pour gagner autant de l'argent ? Le lecteur que je suis n'a pas de réponse, c'est à La Tribune de nous en informer, so...

le 12/09/2012 à 16:42
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le voyeurisme est à la mode regardez le succes des réality shows faut pas chercher plus loin Ceci dit c est pratique quand comme moi votre famille est un peu éparpillée dans le monde Leur modéle économique repose sur la pub diffusée sur les pages des...

le 12/09/2012 à 16:53
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Ca n?intéresse personne ?? Vous avez raison, seulement quelques 850 millions de personnes chaque mois... Votre avis n'est pas forcément l'avis de tous le monde, même si personnellement, je trouve Facebook inutile comme vous !

le 12/09/2012 à 17:17
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J'ai 5 comptes sur facebook ... Sur 850 millions de comptes, combien de faux ? Plusieurs dizaines de millions

le 13/09/2012 à 8:39
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Je parlais du nombre de personnes qui se connecte au moins une fois par mois. Le nombre de comptes est largement supérieur à ce chiffre... !

à écrit le 12/09/2012 à 15:33
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acheter des actions aussi virtuelles que la bulle internet qui passe par une dalle LCD,laquelle devient sans vie quand on éteint l'écran.

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