Tendances 2014 : la liberté du Net menacée ?

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Entre Washington et Berlin, les relations diplomatiques se sont tendues après les révélations sur la mise sur écoute du mobile de la chancelière Angela Merkel./ Reuters
Entre Washington et Berlin, les relations diplomatiques se sont tendues après les révélations sur la mise sur écoute du mobile de la chancelière Angela Merkel./ Reuters (Crédits : Reuters)
La Tribune vous propose sa sélection des 14 tendances destinées à nous aider à innover encore plus en 2014. Aujourd'hui, la sécurité des données personnelles devient un enjeu mondial face aux intrusions révélées par l'affaire Prism. Comment réguler la liberté de l'Internet face aux géants mondiaux du secteur et aux États ?

2014 sonnera-elle la fin de la liberté sur Internet? Les données personnelles sont désormais à la portée de tous à travers nos posts sur Facebook, nos achats en ligne sur Amazon et nos recherches sur Google. Avec Apple, ces trois mastodontes américains font partie du « GAFA ». Tous collectent et analysent les informations personnelles à des fins commerciales.

Or, en juin dernier, les révélations d'Edward Snowden sur l'affaire Prism ont jeté un pavé dans la mare, provoquant une énorme vague d'indignation : depuis 2007, la NSA et le FBI ont eu accès aux serveurs des géants nationaux du Web pour y consulter les informations sur leurs utilisateurs, dont ceux de l'Hexagone. Même les dirigeants européens auraient été écoutés.

Censurer certains contenus au besoin

Enjeu économique et de société, la régulation du Net et la protection des données sont donc devenues un objet de débat ultrasensible. Lors de la sixième World Policy Conference à Monaco, samedi 14 décembre, Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères a jugé que « la prochaine bataille pour la liberté dans le monde sera la bataille pour la liberté d'Internet ». Il faut dire que certaines puissances émergentes, comme la Chine et la Russie, veulent enterrer le système de gouvernance actuel pour faire ce qu'ils veulent sur la Toile. Et au besoin, censurer certains contenus.

Au niveau européen, le sujet s'est mué en pomme de discorde. Au début du mois, Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission européenne en charge de la Justice, a piqué une grosse colère contre les États membres.

« Les ministres ont reculé sur la protection des données », a-t-elle pesté sur Twitter dans la foulée d'une réunion avec les ministres de la Justice de l'UE.

« Le Conseil est entré en hibernation. » Ce qui, selon elle, met en danger le principe d'un « guichet unique » veillant à l'application des règles pour les transferts transfrontaliers de données personnelles collectées dans les pays de l'UE. Avec dans le collimateur, l'activité des géants américains du GAFA, qui ont engagé un bras de fer avec Bruxelles pour contrer la mesure.

En France, la loi de programmation militaire à la manoeuvre

En France aussi, les critiques fustigeant l'utilisation des données personnelles fusent. Et ce n'est pas l'adoption de la loi de programmation militaire (LPM) par le Sénat qui va calmer le jeu : le texte a obtenu le feu vert de l'institution le 10 décembre, au grand dam de nombreux acteurs du numérique. Ceux-ci pestent contre son article 13, qui vise notamment à renforcer l'accès des services de renseignements aux données informatiques. De leur côté, les entreprises tentent de jouer la carte de la transparence.

« Chez nous, les données sont confidentielles et appartiennent aux clients », insiste Yves Tyrode, directeur général de Voyage-sncf.com, un des poids lourds du e-commerce français avec 3,6 milliards d'euros de volume d'affaires en 2012.

Il prône une utilisation plus « éthique » de ces informations, pointant le risque d'une perte de confiance des utilisateurs, et donc d'un vrai risque en termes de business et d'image.

Autre enjeu, celui de la cyber-guerre et du cyber-terrorisme, avec l'apparition de « malwares », logiciels malveillants plus puissants que des bombes nucléaires, et capables de s'infiltrer dans les réseaux qui gouvernent les grandes infrastructures (eau, énergie, transports), capables aujourd'hui de détruire un pays de l'intérieur. Se prémunir de ces risques sera un des défis des années à venir.

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Lire aussi :

1>> LA LIBERTÉ DU NET MENACÉE ?

2>> GARE À L'E-COLÈRE DE L'E-CITOYEN !

3>> LA FIN DE LA PROPRIÉTÉ ?

4>> SUR-MESURE ET ME.COM

5>> TOUJOURS MIEUX, ET PLUS VITE

6>> ANTICIPER FACE À L'IMPRÉVISIBLE

7>> TOUT CONTRÔLER À DISTANCE

8>> ÉNERGIE : L'ÈRE DE LA SOBRIÉTÉ

9>> DES PÉTAOCTETS DE DONNÉES

10>> TRAVAILLER PLUS, OU MIEUX ?

11>> VIVRE LONGTEMPS EN BONNE SANTÉ

12>> L'ÉPOQUE DU ROBOTCÈNE

13>> VIVRE UNE VILLE CONNECTÉE

14>> DU TEMPS, POUR QUOI FAIRE ?

 

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Commentaires
a écrit le 02/01/2014 à 20:00 :
la liberté d'expression n'est qu'une plaisanterie en France...ex: allez debattre sur le site orange :si vous ne faites pas allegence au pouvoir vous etes censuré...alors vive la liberté....oui ...mais ou...? alors je ne parle evidemment pas des autres......pays freres..lol
a écrit le 27/12/2013 à 16:54 :
On veut réglementé ce qui pourrai être libre et déréglementé ce qui ne l'est pas, simplement parce que l'on pense que cela peut rapporter plus! Quand, vont ils se rendre compte que le monde s'adapte et qu'ils ne gagneront pas plus!
a écrit le 27/12/2013 à 16:53 :
On veut réglementé ce qui pourrai être libre et déréglementé ce qui ne l'est pas, simplement parce que l'on pense que cela peut rapporter plus! Quand, vont ils se rendre compte que le monde s'adapte et qu'ils ne gagneront pas plus!
a écrit le 26/12/2013 à 17:55 :
...Et internet sera inutilisable, parce que pollué, par la réclame, les escroqieries en tout genre, les trafics, les arnaques;
Encore une belle invention dévoyée par le business et la cupidité.
Réponse de le 26/12/2013 à 19:17 :
Internet c'est le rail grande vitesse de la mondialisation. On peut y trouver le meilleur comme le pire de l'humanité. Si les états ne régulent pas l'accès aux réseaux nationaux, ils finiront par disparaître au profit l'anarchie collective car derrière le virtuel se situe le réel et une économie parallèle (légale ou non).

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