L'ovni Karmine Corp, porteur d'espoir d'un secteur de l'esport au plus mal
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

À l'édition précédente du KCX, la Karmine Korp avait réuni plus de 12.000 spectateurs. Q
Karmine Korp
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

À l'édition précédente du KCX, la Karmine Korp avait réuni plus de 12.000 spectateurs. Q
Karmine Korp
Ce samedi, plus de 27.000 personnes vont se réunir à Paris La Défense Arena pendant plus de cinq heures pour regarder des matchs d'exhibition de jeux vidéo. Plus exactement, ils se déplacent pour voir le « KCX 3 », organisé par leur équipe d'esport préférée, la Karmine Corp. Fondée en 2020, cette structure s'est rapidement taillée une place à part dans le petit milieu du jeu vidéo compétitif français, avec un engouement inégalé, même par Vitality, la plus grosse équipe tricolore.
Non seulement la K Corp cartonne les audiences en ligne, mais son KCX (pour KC Experience), organisé annuellement, prouve qu'il peut déplacer les foules. Après avoir rempli le Palais des Congrès en 2021 (3.500 places) puis Bercy en 2022 (12.000 places), la structure a vendu plus de 21.000 places dans la gigantesque salle de concert de La Défense en 48 heures. Au moment où l'esport se porte au plus mal, sous fonds d'interrogations profondes sur son modèle économique, la Karmine organise une démonstration inégalée en Europe du potentiel du secteur. Un grand spectacle à deux millions d'euros de production, avec des équipes venues des quatre coins du globe, sur plus de cinq heures.
Comme pour souligner l'importance de l'événement, le ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécoms, Jean-Noël Barrot, a prévu d'y faire un déplacement. « Une partie du secteur a survendu l'esport, nous remettons les règles à plat, avec notre engagement réel », se félicite Arthur Perticoz, CEO de l'entreprise depuis tout juste un an.
À lire également
La Karmine Corp tire son nom de ses deux fondateurs Kamel Kebir et Amine Mekri, plus connus sous leurs pseudonymes d'influenceur, Kameto et Prime. Et justement, si la structure a cartonné aussi vite, c'est en très grande partie parce qu'elle a profité de l'image de Kameto, suivi par 1,7 million d'abonnés sur Twitch, et lui-même ancien joueur semi-pro du jeu vidéo League of Legends. « Kamel est clairement un élément clé du succès de l'entreprise. Il a véritablement la passion la plus pure pour son équipe », abonde Arthur Perticoz. Le streamer commente tous les matchs de sa structure, du moins le plus possible, puisque cette dernière est désormais présente sur six jeux vidéo : League of Legends, Valorant (avec une équipe masculine et une équipe féminine), Rocket League, Teamfight Tactics, Smash Bros Ultimate et Trackmania.
François Manens